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La courbe des émissions de méthane décolle

Une étude scientifique internationale relayée par le Global Carbon Project observe que la hausse des émissions de méthane s'est intensifiée au cours des deux dernières années, accréditant les scénarios les plus alarmistes du Giec.

Gouvernance  |    |  Agnès SinaïActu-Environnement.com
La courbe des émissions de méthane décolle

Le Global Carbon Project (GCP) a publié le 12 décembre 2016 une évaluation du budget global du méthane (CH4) entre 2000 et 2012 à partir d'un ensemble de sources scientifiques. Cette évaluation fait référence à une étude internationale conduite par Marielle Saunois, du Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement de l'Université Paris-Saclay.

 
Quelque 60% des émissions globales de méthane sont d'origine humaine  
Global Carbon Project
 
Le GCP souligne que le méthane est responsable de 20% du réchauffement global causé par l'ensemble des gaz à effet de serre. Son pouvoir de réchauffement est 28 fois supérieur à celui du CO2 pour un effet à cent ans. La concentration de méthane est actuellement supérieure de 150% par rapport à l'époque pré-industrielle. Le méthane contribue également à la production d'ozone troposphérique.

Scénario intensif

A la différence du CO2, la concentration atmosphérique de CH4 est, depuis 2014, en augmentation plus rapide qu'au cours des deux dernières décennies, dépassant les scénarios d'émissions de gaz à effet de serre les plus intensifs.

Les études montrent que les concentrations de méthane ont augmenté plus rapidement en 2014 et 2015, au rythme de plus de 10 parties par milliard par an. Cette hausse récente du méthane épouse la courbe du scénario RCP 8.5 (forçage radiatif de 8,5 watts par mètre carré en raison d'émissions élevées de gaz à effet de serre), proposé par le cinquième rapport du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) en 2015. Ce scénario, le plus pessimiste, projette une hausse des températures comprise entre 3,2 et 5,4°C d'ici à 2100 relativement à 1850-1900.

Le budget méthane global de la dernière décennie (2003-2012) est mesuré par la différence entre les flux et les puits, d'origine humaine et naturelle. Les zones humides, principalement situées dans les régions tropicales et boréales, sont les plus vastes sources de CH4. L'étude révèle que ces zones humides dégagent en moyenne 185 téragrammes (millions de tonnes) de méthane (Tg CH4) par an. Les émissions naturelles de méthane s'élèvent à 384 Tg CH4 pour la décennie 2003-2012.

   
Budget global de méthane
 
   
Quelque 60% des émissions globales de méthane sont d'origine humaine, avec un total de 352 Tg CH4, selon les estimations faites à partir des mesures à la source (dites bottom up) pour la décennie 2003-2012. Les sources les plus importantes proviennent de l'agriculture et des déchets. Extraction et traitement des combustibles fossiles représentent environ 34% du bilan.

Le rôle des puits réévalué

Le rôle des puits et leur capacité d'absorption doit être réévalué à l'heure où l'on observe une plus faible destruction du méthane par l'oxydation par les radicaux hydroxyles (OH), principaux dissipateurs du CH4. Les OH sont présents dans la troposphère, qui représente environ 90% du puits global du méthane.

Au cours de la décennie 2003-2012, les émissions mondiales de méthane s'élèvent à 558 Tg CH4 par an selon les estimations calculées à partir des mesures atmosphériques recueillies par avion et par satellite (dites top down). L'absorption de CH4 par les puits est de 548 Tg CH4par an. Ce décalage entre source et puits reflète le déséquilibre moyen observé dans l'atmosphère de 10 Tg CH4 par an. Les incertitudes et les écarts demeurent dans la mesure des multiples sources de CH4, en particulier les zones humides.

Un levier d'action à court terme sur le climat

Les politiques de réduction des émissions de méthane offrent un levier de réduction des émissions de gaz à effet de serre à court terme étant donnée la durée de vie relativement courte du CH4 d'environ dix ans. Selon le Global Carbon Project, elles offrent des bénéfices rapides, et les solutions agronomiques pour réduire les émissions sont connues et disponibles.

L'exploitation intensive du gaz naturel de schiste à travers le monde est un enjeu majeur. Elle pourrait conduire à une hausse substantielle du CH4 si les taux de fuite demeurent non plafonnés. A plus long terme, la fonte du pergélisol et la libération des hydrates marins pourraient accélérer les émissions de CH4 et induire des rétroactions climatiques de grande ampleur.

Réactions1 réaction à cet article

 

Est-ce qu'on quantifie la production de méthane à proximité des """"fermes""" ou plutôt unsines d'élevage étatsuniSiennes ?

Mais comment convaincre que le végétarisme, voire même le véganisme sage, c'est pas triste face à ce qu'il reste de l'électorat des exploités agricoles ?

Sagecol | 10 janvier 2017 à 09h30
 
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