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France Solar Industry : un label pour le solaire électrique français

France Solar Industry rassemble les acteurs de la filière photovoltaïque afin de gagner des marchés à l'international et d'améliorer la balance des échanges, pour l'heure déficitaire alors que l'énergie solaire connaît un essor mondial massif.

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France Solar Industry : un label pour le solaire électrique français

Le photovoltaïque a vu sa production mondiale décoller au tournant de 2010. La production d'électricité photovoltaïque, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), devrait être multipliée par 26 d'ici à 2035, passant de 32 térawattheures (TWh) en 2010 à 846 TWh en 2035. La capacité installée du solaire photovoltaïque passera ainsi de 67 gigawatts (GW) en 2011 à 600 GW en 2035. Au cours de la seule année 2011, celle-ci a augmenté de 30 GW, soit une hausse de 75%. Les deux tiers de cette hausse provenaient de l'Allemagne et de l'Italie, les deux leaders mondiaux du photovoltaïque, avec respectivement 25 GW et 13 GW de capacité installée fin 2011.

Le marché explose

L'Union européenne est le siège des trois quarts de la capacité installée mondiale. L'AIE prévoit que la capacité photovoltaïque de l'UE devrait atteindre 146 GW en 2035, portant la part du solaire à 5% de la production électrique européenne (contre 1% aujourd'hui). Aux Etats-Unis, la capacité augmentera de 4 à 68 GW. Les autres pays où le solaire photovoltaïque est développé sont la Chine (113 GW), l'Inde (85 GW) et le Japon (54 GW). La concurrence internationale est rude, et la balance commerciale du secteur fortement déficitaire en France (-1,5M€). De nouveaux marchés émergent, tels que le Plan solaire méditerranéen qui a pour objectif de développer l'énergie solaire à l'horizon 2020 en Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Egypte. Les Pays du Golfe, l'Afrique du Sud, le Brésil, la Turquie, le Mexique prévoient également de mettre l'accent sur les énergies renouvelables.

La France, qui compte plusieurs centaines d'entreprises actives sur l'ensemble de la chaîne de valeur de la filière photovoltaïque - laboratoires de recherche, développeurs et installateurs, fabricants de cellules et de modules -, a une carte à jouer sur ces marchés émergents. La filière thermodynamique n'est pas en reste. Forte d'une quarantaine d'entreprises, elle entend faire valoir ses atouts, héritière d'opérations pionnières telles que le grand four solaire d'Odeillo construit en 1969, et l'opération pilote de la centrale Thémis, inaugurée en 1983 dans les Pyrénées orientales. En 2050, avec plus d'un million de MW de capacité installée, les centrales solaires thermodynamiques pourraient fournir une production électrique de 4.770 TWh par an, l'équivalent de la consommation électrique annuelle des Etats-Unis, selon l'AIE.

Vers des démonstrateurs

Créée début 2012, la marque France Solar Industry se veut la vitrine internationale du savoir-faire français, toutes technologies confondues, en matière de production d'électricité solaire. Elle regroupe des entreprises membres du Syndicat des énergies renouvelables (SER), qui compte 450 adhérents, pour un chiffre d'affaires de 10 milliards d'euros et quelque 80.000 emplois. "Il s'agit de se présenter de manière collective à la conquête de nouveaux marchés et de proposer des offres intégrées capables de rivaliser avec nos principaux concurrents", expose Nicole Bricq, ministre du Commerce extérieur, lors de la conférence de lancement de l'"initiative export" de France Solar Industry, à Paris, le 9 janvier. "La France possède des entreprises d'excellence dans le domaine de l'énergie solaire qui méritent d'être davantage connues et reconnues sur les marchés étrangers. Avec France Solar Industry, la filière s'organise, se structure et se donne les moyens de se projeter à l'international. Nous ne pouvons que saluer cette initiative car nous avons des marchés à conquérir et des emplois à gagner".

"Mais ce n'est pas suffisant", poursuit la ministre, visiblement déterminée à promouvoir les entreprises françaises sur la scène internationale. "Le marché explose, il faut l'incarner. Je me bats pour que notre pays se dote de démonstrateurs. Il est important que nous ayons des choses à faire voir sur notre territoire." Le Comité stratégique des éco-industries (COSEI), co-présidé par la ministre de l'écologie Delphine Batho, et le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg, devrait concourir à structurer les filières autour d'une marque France, avec des démonstrateurs. "Il faut faire, c'est tout. Nous allons lancer des comptoirs unifiés à partir des régions, où seront regroupés tous les services. La Banque publique d'investissement sera là pour soutenir l'offre. Nous allons faire du business plutôt que de la paperasserie. Attractivité, compétitivité, rapidité, voilà ce que nous visons", annonce la ministre du Commerce extérieur, très applaudie par un parterre d'entrepreneurs soucieux de voir les formalités simplifiées et les risques assurés.

Un grand Plan solaire en 2013

A l'issue du Grenelle de l'environnement, la France s'était fixé l'objectif d'un parc photovoltaïque de 5.400 mégawatts (MW) à l'horizon 2020. Compte tenu de la baisse des coûts de production de cette forme d'énergie, le SER propose de revoir cet objectif à 20.000 MW. En 2011, plus de 1.600 MW ont été raccordés sur le territoire français. Le parc photovoltaïque atteint 2.800 MW. La réglementation thermique 2020 rendra obligatoire dès 2020 la construction de bâtiments à énergie positive, généralisant l'énergie solaire photovoltaïque. Egalement présente à la conférence de France Solar Industry, la ministre de l'écologie, Delphine Batho, a annoncé un nouveau modèle de développement des énergies renouvelables à l'issue du débat national sur la transition énergétique en cours. La future loi de programmation du secteur de l'énergie "articulera le modèle national avec une évolution décentralisée et proposera un cadre stable et prévisible pour les entreprises, assorti d'une hausse de 5% des tarifs de rachat et de l'annonce d'un grand Plan solaire".

Réactions2 réactions à cet article

 

La compétitivité du secteur photovoltaïque dépend du tarif de rachat donc, en France, de la compétitivité du nucléaire, ou de l'augmentation du prix de l'électricité que nous payons tous, particuliers et industriels. La bonne nouvelle serait que la filière puisse s'affranchir du tarif de rachat pour être vraiment compétitive.
Par ailleurs il me semble bien optimiste de croire à une progression de 2600% de la production entre 2011 et 2035 avec une augmentation de puissance installée de 900% (600/67) ce qui implique outre une diminution du coût un triplement du rendement des centrales photo-voltaÏques. Mais il est inutile d'espérer pour entreprendre et de réussir pour persévérer.

bob | 14 janvier 2013 à 19h43
 
 

Bonjour,
je pense qu'il n'est pas si improbable que l'on atteigne la parité réseau relativement rapidement

Solaire | 14 mai 2013 à 09h53
 
 

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