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MON810 : l'interdiction polonaise à venir peut-elle appuyer la demande française auprès de l'UE ?

Agriculture  |    |  Actu-Environnement.com

La Pologne s'apprête à interdire la culture du MON810 sur son territoire, a annoncé le 4 avril le ministre polonais de l'Agriculture, Marek Sawicki, qui a précisé que l'arrêté était en préparation. La Pologne pourrait invoquer l'impact de ce maïs OGM sur les abeilles.

Cette décision polonaise pourrait donc appuyer la démarche française qui demandait, fin février, à la Commission européenne de suspendre d'urgence l'autorisation de mise en culture des semences de maïs MON810 dans l'Union européenne, dans l'attente d'une réévaluation de ce maïs à la lumière des nouvelles lignes directrices et de la définition de mesures de gestion appropriées. Si la France n'a pas invoqué dans son argumentaire la question des abeilles, un autre Etat membre peut l'avancer pour renforcer la demande de la France, nous expliquait Guy Kastler, membre de la commission OGM de la Confédération paysanne, dans un article du 21 février.

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La décision de la France, bientôt suivie par la Pologne, d'interdire la culture du maïs MON 810 est incompréhensible sur le plan écologique puisque ce maïs permet de supprimer les traitements chimiques contre des insectes nuisibles ( Chrysomèle et sésamie). Elle est couteuse pour les agriculteurs en terme de compétitivité et de revenu puisque cette culture du MON 810 leur rapporterait 100 euros par hectare s'il pouvait la faire. Elle est dommageable pour les éleveurs français qui ont besoin de maïs exempt de mycotoxines, ce qui est le cas de ce maïs MON 810.C'est ainsi que nous perdons des marchés à l'exportation au profit des Espagnols qui produisent du maïs MON 810. C'est donc une décision qui va à l'encontre du développement durable. C'est donc l'Etat français qui devrait être pénalisé et les agriculteurs français seraient en droit de réclamner une compensation financière.
leur rapporterait 100 euros par hectare s'il pouvait la faire. Elle est dommageable pour les éleveurs français qui ont besoin de maïs exempt de mycotoxines, ce qui est le cas de ce maïs MON 810.C'est ainsi que nous perdons des marchés à l'exportation au profit des Espagnols qui produisent du maïs MON 810

Gilook | 06 avril 2012 à 09h51
 
 

@ Gilook
Oui, tout ceci serait vrai si le MON 810 tenait les caractéristiques que vous citer dans le temps, mais ce n'est pas le cas. Les exemples en Inde sur les OGM montrent que c'est le cas. Les agriculteurs peuvent céder un temps à la prime à l'héctare, mais sur le moyen terme ils ne sont pas fous: payer tous les ans des semences non reproductibles à prix d'or à un semencier sans aucune garantie de résultat dans la durée, ce n'est pas dans leur intérêt et ils le savent.

yahoobruce | 06 avril 2012 à 10h26
 
 

@ Gilook

Non, la décision est parfaitement compréhensible. C'est le fruit de la désinformation, de l'inculture scientifique, de la veulerie politique et de l'opportunisme électoral.

Le cas de la France n'est malheureusement pas unique. En Pologne, il y a eu une campagne anti-MON 810 virulente, et le ministre de l'agriculture cède – sans trop résister car il est notoirement anti-OGM – manifestement à la pression. Reste à savoir ce qui se passera réellement en Pologne. Il y a deux semaines, Sawicki avait déclaré que l'interdiction était assujettie à l'autorisation de Bruxelles.

Selon la presse polonaise, les «écologistes» polonais reconnaissent que les motifs du projet de règlement peuvent être rejetés par la Commission européenne, mais que cela suffit pour invoquer la clause de sauvegarde... 'est bien l'aveu d'une manipulation.

Il y a un autre article intéressant sur ce site: «Climat : les marchands de doute exigent des certitudes». La même théorie s'applique aux OGM. Mais, bizarrement, les prêcheurs de l'apocalypse l'appliquent aux «climato-sceptiques» et oublient de se l'appliquer pour les plantes génétiquement modifiées.

Wackes Seppi | 06 avril 2012 à 12h11
 
 

@ yahoobruce

Vous succombez à la désinformation et mélangez tout. Ce sont les variétés hybrides – OGM ou pas OGM – qui ne sont pas «reproductibles» (à l'identique) et pour lesquelles l'agriculteur doit se réapprovisionner chaque année sur le marché.

En Inde, les cotonculteurs ont utilisé des hybrides bien avant l'arrivée des OGM. Ceux-ci représentent maintenant 90% de la sole de cotonnier... et les agriculteurs manifestent en masse quand il y a pénurie de semences OGM.

Au Burkina, qui a décidé d'introduire le cotonnier Bt progressivement, c'était 50 % l'année passée et sera de 60 % pour la campagne 2012-2013. Si cela ne tenait qu'à eux, les producteurs cultiveraient du coton transgénique à 90 % (voir article sur Jeune Afrique).

Les semences OGM – Bt et RR – ont fait ou font l'objet d'une contrebande active, par exemple de l'Argentine vers le Brésil, la Bolivie et le Paraguay, ou de l'Inde vers le Pakistan.

Les agriculteurs ne sont pas fous – vous avez raison de l'écrire : des OGM tels que le cotonnier Bt, le maïs Bt, ou le soja Bt, ils en veulent !

Wackes Seppi | 06 avril 2012 à 12h39
 
 

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