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Mer et littoral : les (petits) chantiers du gouvernement pour 2016

Reconquérir des terrains menacés par les submersions marines, renforcer la gestion des aires marines… Quelques mesures sur le littoral et les milieux marins ont été inscrites dans la feuille de route environnementale du gouvernement.

Aménagement  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com
Mer et littoral : les (petits) chantiers du gouvernement pour 2016

Alors que la loi relative à l'économie bleue a été définitivement adoptée début juin, de nombreux rendez-vous ont eu lieu, ces derniers mois, autour de la mer et du littoral. Ainsi, en août 2015, la conférence nationale sur la croissance bleue visait à réunir les parties prenantes pour identifier des mesures concrètes pour avancer sur le sujet, comme le lancement d'une expérimentation sur la planification maritime en Manche - Mer du Nord, d'appels à idées sur le littoral de demain, la gestion du trait de côte ou l'entretien des espaces naturels marins et littoraux, ou encore la création d'aires marines éducatives.

En parallèle des travaux du Conseil national de la mer et du littoral, chargé de plancher sur ces questions, certaines de ces mesures ont été étudiées lors de la Conférence environnementale 2016, avant d'être inscrites dans la feuille de route gouvernementale, publiée le 27 juin. Mais beaucoup de participants se sont interrogés sur l'articulation des différents travaux et stratégies qui doivent en ressortir.

Adaptation du littoral : des "mesurettes" plus qu'une véritable action ?

"La protection et la valorisation des espaces naturels constituent des solutions efficaces et peu coûteuses" pour maintenir la résilience des écosystèmes marins et littoraux face au rythme des changements climatiques, souligne la feuille de route. C'est dans ce but que le gouvernement fixe un objectif d'acquisition de 500 hectares par an en "zone basse" au Conservatoire du littoral. Des opérations de revitalisation des friches, de création de jardins éducatifs et de sentiers pédestres le long du littoral seront aussi menées, ainsi qu'une sensibilisation des citoyens à l'évolution du trait de côte, via une application smartphone dédiée.

Benoît Hartmann, porte-parole de France nature environnement (FNE), craignait, lors de la Conférence environnementale, que "le Conservatoire du littoral ne rachète des terrains que pour les céder à la mer. Il ne faudrait pas que les premiers territoires abandonnés soient ceux qui sont seulement habités par la biodiversité", expliquait-il. Selon lui, un véritable plan de recul stratégique, avec une réflexion intercommunale, doit être arrêté. Des critères clairs doivent être définis pour savoir "où on va défendre le trait de côte et où on va laisser monter le niveau de la mer". La FNSEA redoutait aussi que les terres agricoles, majoritaires en zone basse littorale, soient les premières victimes de cette politique d'acquisition.

"Quid des expérimentations de relocalisation ?", interrogeait quant à elle Christine Jean, administratrice de la Ligue de protection des oiseaux (LPO). Un appel à projets, lancé en 2012, a en effet permis de soutenir les démarches innovantes de cinq territoires : Ault (Somme), Hyères-les-Palmiers (Var), littoral aquitain (Lacanau, Teste-de-Buch, Labenne), Petit-Bourg (Guadeloupe) et Vias (Hérault). En Aquitaine, par exemple, une étude sur la faisabilité de la relocalisation de certaines activités de Lacanau (Gironde) a été publiée en 2015. Deux ans de travaux ont permis d'identifier des solutions, mais aussi de nombreux freins à leur mise en œuvre : insécurité juridique, financement, acceptabilité sociale… Dans la continuité de ces expérimentations, un nouvel appel à projets, annoncé en février, devrait être lancé prochainement pour favoriser la mise en place de projets ou de stratégies locales.

Deux nouvelles mesures sur la planification et l'évaluation

Pour Christine Jean (LPO), qui jugeait que ces mesures "sont très faibles au regard des enjeux", les politiques d'urbanisation et de prévention des risques doivent être mieux articulées. Elle semble avoir été entendue puisqu'une nouvelle mesure a été ajoutée à la feuille de route : la conduite, à partir de 2016, d'un nouveau programme d'actions pour trois ans, dans le cadre de la stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte, favorisant justement l'articulation des dispositifs de prévention des risques, d'aménagement du territoire et de protection de l'environnement sur les territoires littoraux.

Le WWF demandait de son côté une évaluation, dès 2016, des services rendus par les écosystèmes marins afin d'appuyer la planification sur des critères objectifs. La feuille de route prévoit désormais la communication des résultats des travaux lancés par l'Etat sur ce sujet, sans toutefois préciser quel sera leur usage.

Partage des usages et aires marines protégées

Alors que le gouvernement proposait de renforcer et améliorer la gestion des aires marines protégées (AMP), plusieurs acteurs, à l'instar de FNE, WWF et Surfrider, regrettaient lors de la Conférence environnementale, un manque de moyens et de contrôle pour la mise en œuvre de la stratégie des AMP. La feuille de route prévoit désormais la mise en place des "moyens de gestion des différentes catégories d'AMP, en les adaptant aux enjeux, avec les acteurs concernés". De plus, le gouvernement prévoit de déployer l'organisation interministérielle de l'action de l'Etat en mer pour la surveillance et le contrôle des activités ayant un impact sur l'environnement marin.

En revanche, la proposition d'étendre le réseau des zones de protection renforcées à 2% des zones métropolitaines (contre 0,2% aujourd'hui) a été retirée. "Ce sujet fait débat, il doit encore être affiné", avait conclu Alain Vidalies, le secrétaire d'Etat chargé des transports, de la mer et de la pêche.

La feuille de route entend aussi faciliter l'émergence des projets d'énergies renouvelables en mer, via la concertation, et capitaliser sur ces expériences afin de définir des lignes directrices sur la conciliation de différents usages et établir un référentiel d'analyse des risques inhérents à la circulation maritime aux abords des projets.

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