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Actu-Environnement

Le gouvernement propose un plan de méthanisation agricole axé sur des projets de taille intermédiaire

Le gouvernement propose un nouveau plan afin de développer la méthanisation des effluents agricoles pour favoriser une gestion globale de l'azote. Deux milliards d'euros seront mobilisés pour atteindre 1.000 installations en 2020, contre 90 fin 2012.

Agriculture  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com
Environnement & Technique N°334 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°334
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Vendredi 29 mars, Dephine Batho, ministre de l'Ecologie, et Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, ont présenté un plan "Energie Méthanisation Autonomie Azote" (EMAA). Objectif ? "Développer en France, à l'horizon 2020, 1.000 méthaniseurs à la ferme", avancent les ministères ajoutant qu'il "mobilisera 2 milliards d'euros d'investissement et permettra de créer environ 2.000 emplois pérennes". Fin 2012, il y avait 90 unités de méthanisation agricole en France et le rythme des nouveaux projets est de 70 par an depuis 2011. Le plan EMAA vise un quasi-doublement de ce rythme avec 130 nouveaux projets par an entre 2013 et 2020.

Le plan doit permettre de "développer un « modèle français de la méthanisation agricole » pour faire de la méthanisation agricole collective de taille intermédiaire un complément de revenus pour les exploitations agricoles, en valorisant l'azote et en favorisant le développement de plus d'énergies renouvelables ancrées dans les territoires, dans une perspective d'agriculture durable et de transition énergétique et écologique", synthétisela présentation du plan.

A noter qu'en février 2010, le gouvernement de François Fillon avait déjà proposé un plan d'action de lutte contre les algues vertes basé notamment sur la méthanisation des effluents agricoles afin de réduire les "fuites de nitrates".

Appel à projets, simplification et création d'une filière

Un appel à projets "gestion collective et intégrée de l'azote" sera lancé en juin 2013. Il sera initié dans deux bassins pilotes (non-précisés) et il visera à "promouvoir des démarches collectives à l'échelle d'un territoire ou d'une filière, de réduction de l'usage d'azote notamment minéral". Un fonds de 10 millions d'euros lui sera consacré et les projets seront retenus selon "les objectifs de résultats qu'ils se fixent, les moyens proposés pour y parvenir, le caractère innovant des mesures, les financements demandés, ainsi que sur les modalités de suivi qu'ils prévoient". De même, le tarif d'achat pour l'électricité produite à partir de biogaz devrait être "[optimisé] pour favoriser les projets de méthanisation collective à la ferme".

Le gouvernement promet aussi une simplification des procédures administratives et un meilleur accompagnement des porteurs de projets. Le chantier est vaste puisque le plan prévoit notamment de lever les freins statutaires ou fiscaux de la méthanisation agricole, un relèvement de 50 à 60 tonnes d'intrants par jour du seuil du régime d'autorisation dans le cadre de la réglementation relative aux installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE), une possible mise en place d'un guichet unique dans le cadre de la politique générale de simplification administrative et la mise en place d'un dossier type pour les demandes d'aides et pour les démarches réglementaires.

Le plan prévoit enfin que le Programme investissement d'avenir soutienne la création d'une filière nationale d'équipements de méthanisation et de valorisation des digestats, afin de structurer la filière. Les équipements de méthanisation agricole seront donc inclus dans le prochain appel à manifestation d'intérêt (AMI) de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) sur la valorisation des déchets et les appels à projets "structuration de filières" seront mobilisés.

Compétitivité et écologie

Les ministres expliquent que ce plan répond à une double logique : réduire les apports en azote minéral et participer à la transition énergétique défendue par le gouvernement.

Avec ce nouveau plan, le gouvernement entend favoriser une réduction globale du recours aux intrants et la substitution de l'azote minéral par l'azote issu des effluents d'élevage grâce à une "démarche agronomique fondée sur le respect de l'équilibre de la fertilisation". Il doit permettre "une « gestion globale de l'azote » sur les territoires, en valorisant l'azote organique et en diminuant la dépendance de l'agriculture française à l'azote minéral".

L'agriculture sera ainsi "à la fois plus compétitive et plus écologique", estiment les ministres. Elle sera plus compétitive car le recours à la méthanisation des effluents azotés réduira les coûts de fertilisation et permettra d'assurer aux agriculteurs un revenu complémentaire ou un accès à l'énergie à moindre coût. L'agriculture sera plus écologique car la méthanisation "limitera la pollution liée à l'azote en mettant à profit les excédents d'azote organique et réduira le recours aux engrais minéraux".

Quant au développement de la production d'énergies renouvelables, le gouvernement indique que "ce plan a été présenté dans le cadre du débat national sur la transition énergétique qui donnera lieu à une loi de programmation à l'automne".

Quid des apports carbonés ?

Ce plan "risque de transformer en « énergiculteurs » ceux dont le métier est de produire des aliments", déplore la Confédération paysanne qui craint que "des activités annexes [de méthanisation puissent] vite devenir principales". Même crainte pour France Nature Environnement (FNE) qui juge que "l'agriculture ne doit pas être un sous-produit d'une politique énergétique".

Un autre point soulevé par la Confédération paysanne concerne la composition de la biomasse méthanisée. "C'est en y ajoutant des sources riches en carbone que le processus de méthanisation est le plus efficace", explique le syndicat agricole qui rappelle que "cela se passe massivement en Allemagne qui incorpore plus d'un million d'hectares de maïs dans les digesteurs".

Une critique reprise par FNE qui "met (…) en garde concernant l'utilisation de ressources agricoles à des fins énergétiques". "La méthanisation ne doit pas avoir recours à des cultures dédiées, ce qui engendrerait un changement d'affectation des sols", estime la fédération qui indique "[ne pas vouloir] du modèle allemand : de grosses unités de méthanisation nécessitant des milliers d'hectares de maïs pour les alimenter". FNE demande donc que soient précisés les termes "modèle français" et "méthanisation agricole collective de taille intermédiaire".

Par ailleurs, "FNE rappelle que, par définition, la méthanisation ne réduit pas les quantités d'azote présent dans les digestats". Pour FNE le plan ne serait pas une réponse au problème des nitrates "dû à une trop grande concentration d'élevage et une importation de massive de soja, aliment riche en azote".

Réactions34 réactions à cet article

 

Je n'ai pas arrêté de bondir sur mon fauteuil en lisant cet article!
Heureusement vous avez ce dernier paragraphe sur les apports carbonés, qui rétablit la réalité:
- la méthanisation ne consomme pas l'azote des effluents, mais essentiellement le carbone: c'est donc aussi la question du devenir des digestats qu'il faut poser
- la méthanisation utilise les effluents organiques: le rapport avec une éventuellement réduction de nitrates (azote minéral) est faible. De toute façon les agriculteurs qui possédait des fumiers/lisiers en valorisent déjà l'azote par épandage direct
- la méthanisation ne va-t-elle profiter qu'à une certaine agriculture intensive ou spécialisée (gros élevage hors sol, céréaliculteur déjà gavé d'aide européenne)? La solution passerait peut-être par l'incitation à des projets collectifs de plusieurs petites fermes en polyculture-élevage associées en dynamiques territoriales très locales et partenaires des communes, notamment pour envisager le débouché thermique (chauffer une école?) qui est obligatoirement associé à la production électrique résultant du brulage du biogaz.

Savez-vous si le gouvernement envisage ces aspects?

Bernard | 03 avril 2013 à 11h20
 
 

Merci beaucoup Actu-Environnement d'avoir inclue les avis de FNE et la Confédération Paysanne dans l'article : ça évite bien des litanies d'interrogations. Et bien d'accord avec toi Bernard.
Mais on en vient vraiment à se demander quelle pièce nous joue donc le gouvernement dés qu'il s'agit d'environnement... je dirais : après le drame sarkosien, la farce hollandesque ... En tout cas, j'ai de plus en plus le sentiment d'une forte hypocrisie pour cacher la main-mise qu'on les lobbys sur les directions des décisions...

Lionel | 03 avril 2013 à 12h20
 
 

Si le projet prévoit d'implanter autant d'unité sur le territoire, il faudrait se poser la problématique des bio-déchets des ménages et des petits producteurs. En effet ces déchets ne devraient plus se retrouver dans les décharges, ni dans les incinérateurs. Pour cela il pourrait être interressant de développer des partenariats public-privé, (c'est à la mode pour les grands projets), et encourager les petites et moyennes communes rurales à se rapprocher du monde agricole pour développer des projets communs.

Duport Claude | 04 avril 2013 à 08h35
 
 

Bonjour,
Je ne connais pas beaucoup le milieu de la méthanisation agricole cependant l'idée ne me semble pas stupide. Il faut peut être encadré la revente d'énergie avec des seuils (comme le photovoltaïque aujourd’hui) avec un cadre réglementaire très stricte. Je pense que le lisier serait une bonne source d'énergie et pourquoi ne pas faire tourner les tracteurs au GPL (s’est le cas de camion de l'usine biogaze de Forbach). Le pétrole ne pouvant qu'augmenter dans les années a venir s'est une solution.
Maintenant une fois sortit du digesteur il n'y a que l'épandage donc on ne règle pas totalement le problème de la pollution. Pour aller souvent en Bretagne on se rend compte des dégâts sur l’environnement. Dite moi si je dit de c…ries

taldes | 04 avril 2013 à 08h50
 
 

Bonjour,
Article intéressant qui fait un tour assez exhaustif de la question de la Méthanisation, son contexte, les travers à éviter et les perspectives.
Il faut que le Gouv. s'attelle, en s'entourant des experts ad hoc, à mettre en place le Cahier des Charges d'une démarche saine, pour l'écologie, l'économie, la valorisation des déchets, les EnR et la réduction des GES.
Bon courage dans cette démarche et la ''mise en place d'une pratique souhaitable, saine mais praticable'', en s'appuyant sur le REX de certains voisins pour corriger certaines dérives préjudiciables.
A+ Salutations Guydegif(91)

Guydegif(91) | 04 avril 2013 à 09h17
 
 

Effectivement la provenance de sources riches en carbone pose question et doit être considéré avec vigilance. Peut être pourrait y incorporer les déchet végétaux ménager, des espaces verts ou encore de l'explotation de la biomasse forestière (de façon raisonable bien sur!)
En dehors de ça encourager les agriculteurs à être producteur d'énergie me paraît une excelente chose, outre la cogénération ils peuvent aussi réaliser une injection de leur biométhane sur le réseau de gaz et qui sait petit à petit remplacer le gaz fossil par du gaz renouvelable!

Jean | 04 avril 2013 à 09h53
 
 

@Taldes, les camions ne tournent pas au GPL (gaz propane liqiéfié) mais au GNL(gaz naturel liquéfié, le méthane celui qui passe dans les réseaux).
Pour avoir visité l'usine de Forbach, c'est passionnant. Un bel exemple d'économie circulaire!

Eric | 04 avril 2013 à 10h06
 
 

La méthanisation règlerait le problème de l'azote
La méthanisation serait un complément de revenu
Qui donc arrive encore à entretenir ces mythes?
Ce procédé laisse une grande partie de l'azote des lisiers, elle en transforme une bonne partie en ammoniac forme plus mobile que l'azote organique plus sujette à l'évaporation (avec relargage de gaz à effet de serre, et accessoirement d'odeur) et d'infiltration dans le sol profond.
Si le digestat de méthanisation est épandu en l'état, bonjour les odeurs, si ce digestat est oxydé par compostage avant épandage, une grande part de cet azote ammoniacal est oxydé en azote gazeux et il y a une perte importante d'éléments fertilisant.
Concernant la rentabilité, le complément de revenus, qui a pu rédiger une étude économique montrant les gains économiques? J'espère que ce n'est pas la même personne qui chiffre les 2000 emplois pérennes (deux par installation...soit 50 000 euros par an par installation).
Déjà que la pure rentabilité énergétique est à peine positive quand il n'y a pas d'atelier utilisant les calories toute l'année.

Ceci n'empèche pas qu'il faille mettre sur pied une réelle politique de valorisation des fumiers et lisiers et surtout une politique de lutte contre l'épandage excessif. Ce ne sont pas les usines à gaz qui y participeront, je ne peux imaginer un éleveur normal payer cher le prise en charge de ses lisiers et repayer pour l'épandage des digestats et compost.

VD69 | 04 avril 2013 à 10h15
 
 

Le débat sur la destination des sols arables et sur l'élevage intensif doit avoir lieu, et la méthanisation n'a jamais eu pour vocation de donner une réponse toute faite à ces questions aux spécificités très locales.

Par contre, plutôt qu'un rejet en bloc, le développement de projets collectifs de méthanisation agricole offre une excellente opportunité de faire vivre ce débat localement et d'y proposer une réponse concertée, adaptée au territoire. Concertation entre agriculteurs montant le projet, bureau d'étude énergétique et administration (DREAL), consultation obligatoire et réglementaire du public lors du développement d'un projet d'Installation Classée pour la Protection de l'Environnement.
Pragmatiquement, c'est un outil intéressant pour la transition énergétique à l'échelle locale.

damienh | 04 avril 2013 à 11h20
 
 

Oui, pasmal de déchets différents peuvent être méthanisés mais pas de la nourriture ! Ce serrait réellement indécent (tout autant que les supermarchés qui noient de javel des tonnes de produits alimentaires tout juste "périmés" du jour même).

Lionel | 04 avril 2013 à 11h29
 
 

Il faut distinguer deux problèmatiques:
1- le problème spécifique aux algues vertes et aux élevages intensifs, ou il est vrai que la méthanisation ne réglera pas la problèmatique azote. Mais cela concerne surtout la bretagne.
2- l'obligation faite aux gros producteurs de bio-déchets, sica fruitiére par exemple, de collecter et de traiter séparément ces déchets. Cela concerne le reste du territoire.

Duport Claude | 04 avril 2013 à 11h36
 
 

Exemple d’une exploitation agricole de taille moyenne (680 hectares, 150 laitières) proche de chez moi à la campagne. L’unité de méthanisation tourne depuis 18 mois après 5 ans de démarches. Les résultats : 1 260 000 kws d’électricité (régulière et stable) produits par an, vendus à 18 centimes le kw pour le réseau basse tension. 9600 tonnes de matières traitées par an produisant l’équivalent en digestat dont la plus grande partie liquide sert aux épandages en remplacement d’engrais minéral et 1400 tonnes de compost recyclé sur culture. Le tout, parfaitement inodore et qualitativement analysé, n’est plus considéré comme engrais polluant. L’eau de refroidissement du moteur (couplé à une génératrice) génère des calories : 1/3 repart dans le digesteur, 1/3 couvre les besoins en eau chaude de l’exploitation. Le dernier tiers devait initialement permettre le chauffage de particuliers mais, faute d’autorisation, est réutilisé sur site, notamment dans un séchoir aérotherme à céréales. La réduction des émissions de gaz à effet de serre a été estimée à 470 tonnes. Coût du projet : 1 240 000 euros, subventionné à 36%, amorti en 7 ans environ. Emploi fixe : ½ poste. Je précise n’avoir aucun intérêt dans l’affaire, ni de connaissances particulières en agriculture mais, après avoir vu le résultat de pollutions agricoles dans nos ruisseaux et même sur le réseau d’eau, il me semble que cette solution n’est peut-être pas parfaite mais sans doute la meilleure actuellement.

Hildegarde | 04 avril 2013 à 12h37
 
 

Hildegarde, dans votre exemple vous parlez de "9600 Tonnes de matières... en remplacement des engrais minéraux":
d'où viennent les 9600 tonnes? si un digesteur nécessite d'être alimenté avec certains compléments issus des biodechets domestiques ou de l'industrie agro-alimentaire pour améliorer le pouvoir méthanogène, l'idée de base, c'est quand même que l'agriculteur valorise ses propres effluents de ferme, c'est à dire les fumiers/lisiers issu de ses 150 vaches (et-peut-être le petit-lait, s'il a une fromagerie).
Si l'agriculteur en question a supprimé ses engrais minéraux, c'est qu'il en utilisait déjà avant en complément de ses effluents organiques! Donc, c'est la partie importée (biodéchets, agro-alim) qui remplace l'engrais minéral et pas le traitement des effluents organiques de la ferme...

Bernard | 04 avril 2013 à 14h37
 
 

Réponse à Bernard.
Les 9600 tonnes représentent à 95% les effluents (lisier, fumier) issus annuellement de cet élevage et considérés comme potentiellement polluants en l'état. A l'issue du processus de méthanisation dans le digesteur, on retrouve le même tonnage de matière sous forme solide et liquide qui est réutilisé dans les cultures, sans les contraintes liées au calendrier d'épandages puisque cette matière est considérée comme "épurée" en quelque sorte. En revanche, d'après l'exploitant, sa qualité (analysée) limite de beaucoup les apports antérieurs en azote, phosphore, potasse... Je ne suis pas scientifique et ignore si, à terme, c'est LA solution mais je voulais juste aporter un témoignage chiffré.

Hildegarde | 04 avril 2013 à 15h23
 
 

Merci Hildegarde pour ce cas concret.
Bravo à ce gros agriculteur d'avoir investi 800 000 euros pour vendre
50 000 euros/an (sur lesquels moi et les autres consommateurs en paieront 40 000) d'électricité. La production d'eau chaude a aussi un cout mais personnellement, je n'aurais pas osé.

VD69 | 04 avril 2013 à 15h26
 
 

Je suis bien d'accord avec vous, VD69, sur le fait qu'il n'est pas très normal que l'électricité (même renouvelable) soit achetée plus cher qu'elle n'est vendue aux particuliers. Mais en va-t-il autrement pour celle produite par les centrales nucléaires ? Pourtant en France la "vente à perte" est théoriquement interdite...Il s'agit sans doute d'une volonté d'incitation "écologique" bénéfique à tout le monde ! Pour en finir avec mon exemple, la vente d'électricité produit 226000 euros/an à cette ferme, ce qui représente un excédent brut d'exploitation de 168000 euros. Mais bon, comme vous dites, il fallait oser !

Hildegarde | 04 avril 2013 à 17h15
 
 

Bravo Hildegarde !
Pour une non-scientifique et non-spécialiste, selon vos dires, vous parlez très bien du sujet méthanisation à la ferme; c'est clair, concis et synthétique. Chapeau!
D'après vos 1260000 kWhs/an indiqués, j'en déduit que la puissance de l'installation pourrait être de l'ordre de 150 kWe...est-ce ça?
Votre exemple est fort intéressant et illustre bien la réflexion à mener.
Elle est où ''votre campagne'' et votre agriculteur-méthaniseur.
Peut-on visiter? Avec ses 680 ha et ses 150 bovins, Fernand Raynaud aurait dit qu'il s'agit d'un pti agriculteur...pas si petit que ça dans les faits!
Espérons qu'il y aura encore de plus en plus d'exemples de ce genre d'ici 2020....mais dès 2013 !!!!!
A+ Salutations Guydegif(91)

Guydegif(91) | 04 avril 2013 à 17h16
 
 

Bonjour,
Pitié VD 69 pas de "c moi qui paye pour lui !!!!" en 2011 l'importation d'énergie à couté 61.5 milliard à la France (donc a vous). Alors je préfère "donner " pour une filière locale qui améliore mon environnement plutôt qu’a un producteur de pétrole au bout du monde. Ces milliards ne peuvent qu'augmenter dans les années a venir!!! En plus ces filières crée des l'emploi non délocalisable! Donc que du bon .

taldes | 04 avril 2013 à 17h32
 
 

Car la méthanisation "limitera la pollution liée à l'azote en mettant à profit les excédents d'azote organique et réduira le recours aux engrais minéraux".

Je ne suis surtout pas contre les digesteurs (Pb vis à vis des cultures vivrières quand même), mais entendre de la part du ministère cette absurdité prouve vraiment leurs incompétence catastrophique. Toutes les formes d’azotes sont à utiliser en fonction du rapport C/N (carbone sur azote).Plus le rapport est faible plus ont à une azote facilement lessivable et donc des formes d’azote plus à risque pour le transfert dans les nappes si appliqué de façon non adapté (dose trop forte en un seul apport, mauvaise époque vis-à-vis des besoins des plantes….) Le digesteur fais surtout baisser le niveau de carbone et pratiquement pas le taux d’azote. Donc par rapport aux effluent utiliser avant passage dans le digesteur, les digestas obtenus sont toujours et logiquement avec un rapport C/N plus faible que le produit avant passage dans le digesteur et donc plus à risque de transfert dans l’environnement. Pour résumer : l’azote des digesta, avec sont C/N faible est plus à risque que les produit d’origine.
Si il ne faut pas oublier qu’un risque, cela se maîtrise, entendre que les digestas vont améliorer la gestion des problèmes du à l’azote est une preuve soit de bêtise soit d’incompétence grave pour des personnes charger de travailler sur l'émergence de nouvelle solution.

yanquirigole | 04 avril 2013 à 17h47
 
 

Merci guydegif. En fait, il ne s'agit pas d'un seul agriculteur mais d'un groupement de 7 agriculteurs : ça relativise le sens du terme "gros". Fernand peut dormir tranquille ! L'exploitation reçoit beaucoup de visites : 3 à 4 groupes par mois jusqu'à avril parce qu'après, il y a trop à faire. Dans ce petit coin de l'Est à vocation rurale, les villages comptent une moyenne de 60 habitants et l'électricité produite par l'unité représente environ la consommation de 480 foyers, hors chauffage et eau chaude. Et je ne comprends pas pourquoi la création d'installations communes à plusieurs exploitations n'est pas privilégiée. Mais c'est peut-être l'avenir ?

Hildegarde | 04 avril 2013 à 18h12
 
 

Cet appel à proposition devrait aussi concerné les pays d'Afrique qui ont encore beaucoup de milliers d'hectares non exploités pour un meilleur résultat. Et le projet nous aidera obligatoirement à produire de l'électricité dans nos villages. Il est le bienvenu si vous pouvez aussi nous intégré dans sa réalisation.

la méthanisation | 04 avril 2013 à 22h08
 
 

Bonjour
Il serait de bon sens de limiter la production de déchets au lieu d'investir pour les traiter, mais nous avons régulièrement la preuve que les gouvernants n'ont pas vocation à inventer des solutions bénéfiques pour la collectivité. Ils ne font que répondre aux pressions des lobbies. La méthanisation ne remet pas en question l'élevage industriel, elle lui sert d'alibi, c'est du greenwashing. Le lobby agro-industriel est puissant mais il pourrait être contrecarré par le lobby du tourisme, dans certaines communes il faut maintenant choisir entre les plages et l'élevage intensif. Dernier lobby, l'opinion publique, mais elle est encore trop peu sensibilisée aux questions d'environnement, complexes et exigeantes. Qui fait le rapport entre le prix du jambon au supermarché et le lisier ? Qui fait le rapport entre financer des formations à une vraie écoagriculture et le coût de dépollution des plages, des eaux, le coût des pertes d'emplois en agriculture ?
2 milliards d'euros dans la méthanisation pour 2000 emplois, c'est 1 million d'euros payés avec nos impôts pour créer 1 seul emploi ? C'est une plaisanterie. Avec ces deux mille millions d'euros, combien de fermes reconverties en agrobiologie et combien de filières et circuits de distribution optimisés ? Et combien d'économies sur le coût pour la Sécu des pathologies liées aux pesticides, déjà entrées parmi les principales maladies professionnelles des agriculteurs.

degolarson | 11 avril 2013 à 11h10
 
 

C'est assez incroyable de voir toutes ses réactions épidermiques de ceux qui ne connaissent pas le sujet. L'idéologie conservatrice fait toujours autant de dégâts dans les esprits simples.
Petit ajout, pour information, pour régler la question économique et environnementale, compléter la liste des suggestions intéressantes. Il serait vraiment souhaitable d'intégrer dans la stratégie de la production de biogaz l'utilisation des CIVE (cultures intermédiaires à vocation énergétique) combiné aux TCS (techniques culturales simplifiées) elles ont l'avantage d'être fortement méthanogènes et s'intègrent dans la stratégie des CIPAN. Pour tous les sceptiques essayez plutôt de réfléchir à des solutions, d'en proposer, il n'y a pas de solution miracle.

jihemnet | 16 juillet 2013 à 13h10
 
 

En 1950 les professeurs ducellier et isman fabriquaient du méthane à l'institut à MAISON CARREE LES TRACTEURS L'UTILISAI ENT

Ils ont été oubliés par les copieurs actuels...........

VERTACO | 03 mars 2014 à 12h46
 
 

Bonjour,

Au-delà de l'appli de Vertaco, qui en est une pour valoriser le biogaz,
où en sont les autres cas concrets illustrés dans l'article, quasi 1 an après?

Merci à Philippe Collet et à Actu-Env. de nous refaire Article_rev2014, en revoyant la situation avec 1 nouveau Ministre, en la personne de Philippe Martin, 1 an après et juste après un Salon de l'Agriculture qui semble avoir été un franc succès ...en nb de visiteurs. Au niveau impact sur les messages véhiculés, c'est Actu-Env. qui pourrait nous dire....
Bernard et Hildegarde, tj là, en observatrice/teur?
Votre REX depuis 1 an sur ces sujets serait également intéressant à entendre. En particulier pour le projet-à-7 du côté de chez Hildegarde.
Merci de nous dire.
A+ Salutations
Guydegif(91&68)

Guydegif(91) | 03 mars 2014 à 14h34
 
 

Toujours présente dans le débat bien qu'un peu en retard... Pour simplement compléter ma petite présentation de l'an dernier d'un méthaniseur à la ferme, je tenais juste à signaler à Guydegif, VD69, Bernard et tous les autres avec lesquels j'ai eu plaisir à communiquer sur le sujet, que l'exploitation agricole en question organise, le 18 mars, une journée "portes ouvertes à tous" pour, d'une part, présenter ses installations afin de répondre aux nombreuses demandes de visite et, d'autre part, fêter le couronnement d'une de ses bêtes au salon de l'agriculture. Alors si vous êtes disponibles ce jour là et si vous êtes intéressés par le fonctionnement d'un méthaniseur, c'est l'occasion de vous faire une idée par vous-mêmes. Le lieu : en limite Haute-Marne et Haute-Saône vers la N 19. Je précise n'être en rien concernée par cette exploitation et n'y avoir aucun intérêt mais je veux bien jouer les courroies de transmisson pour les détails. Bien cordialement à tous.

Hildegarde | 04 mars 2014 à 02h34
 
 

A Hildegarde,
Pour la Journée PO du 18 mars, Merci de nous indiquer nom de la Ferme et coordonnées d'accès !
''Vers la N19, entre Haute-Marne et Haute-Saône...'', OK, soit, mais pouvez-vous être plus précise.
Une visite pourrait être intéressante pour mes collègues pas trop loin.
Merci
A+ Salutations
Guydegif(91&68)

Guydegif(91) | 04 mars 2014 à 10h03
 
 

Bonjour à tous. Hier, je ne disposais pas encore du programme des réjouissances mais j'ai proposé de communiquer les détails aux éventuels intéressés. Puisque Guydegif semble preneur, l'exploitation agricole : le Gaec Vivieroche, se situe à la Rochelle, village de Haute-Saône proche de la N19, entre Fayl-Billot (Haute-Marne) et Cintrey (Haute-Saône). Je pense que vous serez bien accueillis mais, d'après les 7 co-associés, vous êtes les bienvenus le 18 mars entre 10 et 16 h. Renseignements complémentaires au 06.79.77.43.70. En espérant que l'info vous sera utile...

Hildegarde | 04 mars 2014 à 16h14
 
 

Merci à Hildegarde pour ces précieuses infos.
Et pour en savoir plus sur l'installation, 150 kW - 7500 T/an intrants, voir le lien ci-dessous:
http://www.biogastechnik.de/images/stories/processed/FR/pdf/ak-FR-ref-vivieroche-2013-sans-invest.pdf
A+ Salutations
Guydegif(91&68)

Guydegif(91) | 04 mars 2014 à 19h05
 
 

Non Guydegif(91), pas – petit –, mais « moyen ».
Il n’empêche qu'une ferme de 680 ha est même loin d’être moyenne, ne serait-ce pas plutôt grosse ?
Eh bien non taldes, subventionner l'installation qu’elle soit pour un particulier ou une entreprise n'est pas normal, surtout si par la suite c'est pour faire du fric !
Dans le cas de subvention, il faudrait que ceux qui ont subventionné en récolte les fruits ne doivent être subventionnés que dans des cas ou il n'y aurait pas de profits, ce qui n'est pas le cas ici.

Maurice | 05 mars 2014 à 06h24
 
 

Bravo, Guydegif, d'avoir trouvé et mis en ligne le lien concernant mon exemple ! Au travers de ce cas de figure, j'ai juste cherché à éclairer le débat avec des éléments chiffrés et non à faire la promotion de la méthanisation en général. J'ignore si celle-ci est LA solution d'avenir mais, en ne prenant en compte que 2 critères : réduction de la pollution agricole et énergies alternatives renouvelables, cette expérience locale m'a convaincue, pour ce qu'elle est, où elle est et dans le contexte où elle se place. Ce qui ne veut pas dire que je ne me pose pas de questions sur le principe à d'autres échelles et les conséquences. Je rejoins en celà les organisations agricoles craignant que, faute d'encadrement, des terres soient détournées de leur destination, comme en Allemagne. Pendant longtemps, j'ai été très "pro" éoliennes mais en écoutant les opposants, je me suis aperçue que cette médaille avait aussi son revers. Et quand les projets arrivent près de chez soi, on s'interroge... Personne, ni rien, n'est louis d'or, sinon ça se saurait ! Mais, à mon avis, c'est un autre débat, comme celui des subventions ou de la taille des exploitations. Pour l'exemple cité, il ne faut pas oublier que c'est un regroupement de 7 agriculteurs et il convient donc, pour être juste, de diviser par 7 le nombre des : bêtes, surfaces, matériels, investissements etc. Ce qui fait 7 exploitations petites et moyennes réunies en une seule, ça relativise. Mais là encore, c'est un autre sujet..

Hildegarde | 05 mars 2014 à 13h01
 
 

Bernard: oui le gouvernement encourage les projets collectifs sous forme de GIE. En cherchant un peu sur le web vous trouverez l'exemple d'un projet collectif, en France, qui vient de démarrer sa production, où la commune est partie prenante.
Pour les agriculteurs c'est une source de revenu régulier, stable et qui permettra sans doute de sauver quelques exploitations en améliorant leur revenu et créant des emplois.
Les contraintes évoquées par les réfractaires ne sont pas significatives, la question de l'humus ou du rapport C/N sont largement compensables par des cultures intermédiaires, les agriculteurs Bretons produisent jusqu'à 15 tonnes de matière sèche/ha grâce au méteil. L'intégration de déchets extérieurs provenant de l'industrie agroalimentaire, des collectivités, apporte un complément d'humus et d'engrais organique, permettant des économies substantielles en améliorant le rendement et le retour sur investissement. Cet engrais organique peut être localisé afin d'être mieux valorisé par les plantes et d'éviter les rejet d'ammoniac.
Vous trouverez de nombreux témoignages d'agriculteurs en France et en Allemagne sur le site Agrikomp, ce sont des installateurs.

JFK | 05 mars 2014 à 15h27
 
 

VD69, ce n'est pas vous qui recommandiez des méthodes de compostage. Je crois que vous confondez la méthanisation agricole avec les unités en zone urbaine, qui compostent le digestat. Sur une exploitation agricole il n'est pas nécessaire de composter, il n'y a aucune odeur et les épandages par pendillards ou localisées lors des semis réduisent considérablement les émanations d'ammoniac comparé à celui du lisier.

Méconnaissance totale du sujet, il faudrait penser à le travailler un peu plutôt que d'écrire n'importe quoi! Personne ne prétend qu'il s'agit d'une solution miracle. Mais pour ceux qui comme vous préconisent le recours aux gaz de schiste, il est vrai que c'est un frein, selon un rapport de GRDF, la France dispose d'un potentiel de 400 à 550 TWH dans le domaine du biogaz, c'est l'équivalent de ce produit le parc nucléaire. Bonne lecture.

JFK | 05 mars 2014 à 15h47
 
 

Pour des projets ne concernant que les effluents d'élevage, le procédé de méthanisation BERT permet de réduire les investissements de 50 à 70%. La méthanisation par voie sèche permet elle aussi de réduire ces investissements. C'est en encourageant cette filière, en y investissant en R&D que le processus deviendra autonome financièrement, à noter que pour le prix d'un EPR on pourrait financer entièrement 10 000 projets. L'Allemagne en prévoit 20 000 à terme.

JFK | 05 mars 2014 à 15h58
 
 

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