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“ Changement climatique : nous pouvons semer dès à présent des graines pour mieux préparer l'adaptation ”

Durant les mois de juillet, août et début septembre, l'équipe du plan climat de Lyon a mesuré la température et l'humidité de l'air dans la ville. L'objectif ? Mieux comprendre le phénomène d'îlot de chaleur urbain. Précisions de Luce Ponsar, chef de projet plan climat de la métropole de Lyon.

Interview  |  Aménagement  |    |  Dorothée LapercheActu-Environnement.com
   
“ Changement climatique : nous pouvons semer dès à présent des graines pour mieux préparer l'adaptation ”
Luce Ponsar
Chef de projet plan climat de la métropole de Lyon
   

Actu-environnement : Cet été, la métropole de Lyon (Rhône) a mesuré la température de l'air en différents points de la ville. Quel était l'objectif de ce suivi ?

LP : Toutes les villes font l'objet d'un phénomène appelé îlot de chaleur urbain (ICU) qui conduit à une augmentation de la température en ville par rapport à la campagne. A Paris, l'IUC moyen est de 3°C mais les pics peuvent atteindre 8,4°C. Nous n'avions pas de chiffre précis pour Lyon mais une estimation à 5°C, issue d'une modélisation.

Notre objectif était de mesurer cette amplitude et mieux comprendre ce phénomène. Nous avons installé une quinzaine de capteurs dans une rue située dans le quartier d'affaires de Lyon, la rue Garibaldi. Nous disposions également de capteurs ponctuels et avons réalisé des mesures à vélo. Nous avons aussi pu nous appuyer sur des stations de référence de Météo France. Ces mesures ont confirmé que le centre de l'agglomération est plus chaud la nuit, de 2 à 3°C de plus que les stations à l'extérieur de la ville.

AE : A quoi est dû cet îlot de chaleur urbain ?

LP : L'îlot de chaleur urbain résulte de différents facteurs. Tout d'abord, la minéralité de la ville est en cause : 80% de la chaleur perçue provient de l'énergie solaire qui est emmagasinée puis restituée par les infrastructures. Des sources anthropiques comme les industries, les voitures, les climatisations, etc. sont quant à elles responsables de 10 à 20% de la chaleur.

En ville, le refroidissement n'est pas aussi efficace qu'à la campagne du fait notamment de la présence moindre d'arbres, ce qui réduit le phénomène d'évapotranspiration. La ventilation est également moins importante du fait de la présence de nombreux petits obstacles, le vent passe moins dans les rues. Enfin, il y a également un effet combiné de la pollution qui bloque le refroidissement, même si le phénomène est encore peu connu.

AE : Quels sont les principaux résultats de vos mesures ?

LP : Nous avons confirmé que les zones les plus fraîches se retrouvent dans les zones végétalisées. Toutefois, certains capteurs donnent des résultats différents : des mouvements d'air peuvent en effet apporter de l'air chaud. C'est l'une des difficultés de la mesure de la température en ville.

Néanmoins, nous avons observé des différences de température de près de 3°C sur un pont à 10 mètres du Rhône et jusqu'à 5°C en bordure du Rhône avec l'effet combiné de la végétation, comparé à un point de référence dans un quartier minéral.

La température de l'air n'est toutefois pas le seul facteur du confort thermique. Le rayonnement des surfaces qui nous entourent joue également. Nous avons ainsi constaté qu'un miroir d'eau situé sur les quais du Rhône permettait de gagner 2,5 points sur l'indice de confort thermique (UTCI). En effet, la surface de l'eau est plus fraiche que le sol minéral, cela limite le rayonnement vers les passants.

Enfin, un de nos enseignements est que nous manquons encore de mesures pour comprendre le phénomène d'îlot de chaleur. L'air se mélange trop pour que nous puissions identifier par exemple les impacts d'un arbre ou d'un petit bosquet.

AE : Dans quel contexte avez-vous mené ces travaux ?

LP : Nous sommes en train de préparer notre stratégie d'adaptation au changement climatique. Nous devrons faire face à deux impacts principaux. Les prévisions indiquent en effet que la disponibilité de la ressource en eau devrait diminuer. Ainsi, le débit du Rhône pourrait s'abaisser de 15 à 30% en moyenne sur l'année et 30 à 40% durant l'été, à horizon 2100.

Le nombre de jours de canicule va également fortement augmenter. Nous pourrions passer d'un 1,5 jour/an en moyenne aujourd'hui à entre 2 à 8 à l'horizon 2050 et à 28 jours/an à horizon 2100, dans le scénario le plus pénalisant.

L'adaptation va être un processus de changement culturel, d'accompagnement des populations et de gestion différente des espaces de nature en ville. Aujourd'hui, l'urgence est de réduire les émissions de dioxyde de carbone mais nous pouvons semer dès à présent des graines pour mieux préparer l'adaptation. L'amélioration de l'état de la recherche sur les îlots de chaleur et la plantation d'arbres en font partie.

Réactions1 réaction à cet article

 

Bonjour
ce n'est pas la plantation d'arbres qui va réguler la température, mais que ces arbres soient de hautes futaies sinon c'est insignifiant.
Par contre coup ces arbres de hautes futaies vont créer un désordre atmosphérique du à la différence de T° qui existe entre le dessus de l'arbre et le dessous.
Sauf que ce désordre naturel s'annule très vite si à coté un autre dispositif lui est contraire
Il peut y avoir entre 4° et 5° de différence entre le desssus et le dessous.

| 06 décembre 2016 à 09h43
 
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