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Mobilité : des innovations pour favoriser l'intermodalité et optimiser les infrastructures

Méta-autorité, carte carbone individuelle, arbre à vélos, développement de l'Open City… Ces initiatives sont autant de pistes pour la mise en place d'une offre de transport adaptée aux enjeux de demain, notamment pour les villes moyennes françaises.

Dev. Durable  |    |  Clément CyglerActu-Environnement.com

"Les réflexions prospectives sur la mobilité quotidienne sont aujourd'hui bien moins développées dans les villes moyennes qu'elles ne le sont dans les grandes villes alors que les problèmes de mobilité s'y posent avec autant d'acuité", souligne Futuribles International. Pour aider ces collectivités à construire des futurs scénarios d'offre de transport, l'association a recherché différentes initiatives mises en place en Europe et dans le monde depuis le début des années 2000. Au total, une quarantaine d'innovations ont été recensées et regroupées dans un catalogue, publié en parallèle de l'étude prospective de Futuribles International sur la mobilité de demain. Vraie source d'idées, ces initiatives portent non seulement sur la conception de nouveaux véhicules, mais également sur la création de nouveaux services de mobilité et sur l'établissement de normes ou politiques locales qui modifient la pratique de mobilité. En s'inspirant de ces exemples novateurs, les collectivités pourraient atteindre certains objectifs souhaitables : améliorer l'accès aux services urbains, réduire la consommation d'énergie ou optimiser l'usage des différentes infrastructures.

Des cargocyles aux applications smart phone

Les premières initiatives recensées portent avant tout sur le développement de nouveaux modes de transport comme la voiture électrique à pédale ou les véhicules de livraison alternatifs. Conçus par l'entreprise française La Petite Reine, les cargocycles et les triporteurs à assistance électrique circulent déjà dans une dizaine de villes françaises et européennes. Capables de rouler à 20 km/h pour une capacité maximale de 1.500 litres, ces véhicules rencontrent un succès croissant et pourrait constituer une alternative pérenne aux petits utilitaires. "L'utilisation pour les livraisons d'infrastructures préexistantes est une autre option. La ville de Dresde (Allemagne) a par exemple opté pour un système mixte dans lequel les lignes de tramway servent également au transport de marchandises", révèle Futuribles International. Depuis 2001, le CarGoTram achemine des pièces automobiles à l'usine Vokswagen située au centre ville, en empruntant les voies traditionnelles des tramways. Il se substitue ainsi aux poids lourds ce qui réduit le trafic et la pollution.

Pour améliorer la mobilité, certaines collectivités mettent en place le concept d'Open City en ouvrant leurs données publiques liées à la mobilité : état du trafic en temps réel, horaires de bus, disponibilité des véhicules ou des infrastructures. Ce système permet également de favoriser la conception d'applications pour smart phone ou de systèmes de SMS qui diffusent ce type d'informations. "Les outils utilisés et les applications développées permettent de simplifier l'usage des transports publics, de les rendre plus performants, plus conviviaux, plus transparents, contribuant ainsi à augmenter la part modale des modes alternatifs", note l'association. L'amélioration de la mobilité multimodale passe également par la mise en place d'une méta autorité qui devra apporter "des informations fiables pour que chacun définisse les meilleurs modes, itinéraires, temporalités de ses déplacements". Une autorité unique sur une zone de vie permettant de gérer les déplacements quotidiens avec une grande efficacité.

Des voies express pour vélos

La création de mécanismes incitant à délaisser son véhicule au profit d'autres modes de transport moins impactant est aussi détaillée dans le catalogue d'initiatives. Parmi les exemples rapportés, la carte carbone individuelle, testée par la ville de Belfast (Irlande), paraît prometteuse. Chaque particulier, participant au programme Success, peut obtenir des points lors de l'adoption d'actes d'achat ou de comportements durables. "Ces points collectés sont valorisés par des réductions d'achat sur des produits et services écologiquement rationnels, des prestations sportives, culturelles et artistiques, ou des dons à des oeuvres caritatives locales", précise Futuribles International dans son cahier. L'objectif de Success qui consiste à modifier les comportements, vise également à orienter les particuliers vers des activités augmentant la durabilité des territoires.

La mise à disposition de certaines infrastructures doit également être intégrée dans les futurs scénarios d'offre de transport. Ainsi, de nombreuses expérimentations ont été instaurées pour simplifier la circulation et le stationnement des vélos. Aux Pays-Bas, des voies express, réservées aux vélos et longues de quelques dizaines de kilomètres ont même été créées avec l'objectif d'encourager les trajets de banlieue à centre-ville et de réduire les obstacles sur le parcours des cyclistes. "Autre dispositif intéressant, un système de remonte-pente pour vélo a été installé à Trondheim, en Norvège, pour faciliter l'ascension de certaines rues difficilement praticables. À Copenhague, des éclairages au sol permettent de délimiter les pistes cyclables et de réduire les risques de collision avec d'autres véhicules aux intersections", rapporte l'association. Outre la circulation, le stationnement des vélos peut aussi poser un problème à la collectivité. La municipalité de Tokyo (Japon) a par exemple mis en place des parkings verticaux baptisés « arbres à vélos ». Gérées par un automate relié à un bras articulé capable de ranger puis de restituer un vélo en 15 secondes, ces installations souterraines peuvent contenir jusqu'à 6000 véhicules.

Moduler les tarifs en temps réel

Concernant les infrastructures, l'aménagement urbain doit désormais prendre en compte en premier les piétons et non les voitures. "Afin de promouvoir et encourager la marche à pied comme alternative à d'autres moyens de se déplacer il convient d'optimiser le résultat de l'effort physique", appuie Futuribles International. Des passages piétons en diagonale, des cheminements piétons couverts, des escaliers ou trottoirs mécaniques sont autant de solutions avancées dans le but de rendre les trajets plus directs et plus confortables. Cette réappropriation des villes par les piétons peut être favorisée en interdisant également certains quartiers aux voitures.

Enfin, des actions de régulation sur les vitesses, la tarification, les restrictions à l'usage ou au stationnement sont à développer. L'idée du système Pay as you move est, par exemple, de moduler les tarifs indirects des mobilités (péage, stationnement, assurance) en fonction de l'usage réel du véhicule. "Par exemple, venir au travail comme tout le monde à 8h30 devrait coûter plus cher". Une fois généralisé, ce système permettra de moduler le choix des modes de transport en fonction des tarifs et ainsi de lisser le trafic pendant les heures de pointe. La Hollande étudie même la possibilité de faire payer au conducteur son immobilité dans un bouchon. A terme, ce sera la méta-autorité qui en collectant le maximum de données, aura la responsabilité de fixer en temps réel les tarifs du stationnement, des possibles péages et même d'accès à certaines zones.

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