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Actu-Environnement

“ La mortalité néonatale serait influencée par des facteurs environnementaux ”

Le projet Equit'area se penche sur les interactions entre inégalités sociales de santé et environnementales dans les quatre agglomérations françaises de Lyon, Marseille, Paris et Lille. Précisions de Denis Zmirou-Navier, directeur de département à l'Ecole des hautes études en santé publique.

Interview  |  Risques  |    |  Dorothée LapercheActu-Environnement.com
   
“ La mortalité néonatale serait influencée par des facteurs environnementaux ”
Denis Zmirou-Navier
Directeur de département à l'Ecole des hautes études en santé publique et professeur à l’université de Lorraine
   

Actu-environnement : Quels sont les premiers résultats de l'étude Equit'area ?

Denis Zmirou-Navier : Nos travaux rapprochent et comparent des cartographies construites à partir d'informations sur des caractéristiques socio-économiques, de mortalité infantile, de pollution atmosphérique, de proximité industrielle et des nuisances sonores. Nous avons pratiquement terminé notre étude des données pour Lyon. Nous devrions disposer davantage d'éléments pour Paris, Marseille et Lille d'ici deux à trois mois.

Le plus souvent les populations les plus défavorisées d'un point de vue économique sont également plus exposées au bruit, à la pollution atmosphérique, etc. Mais les résultats de notre étude pour Lyon montrent que la situation s'avère beaucoup plus complexe.

Par exemple, le centre de Lyon, où le prix du foncier est très élevé, présente une pollution atmosphérique et des nuisances sonores importantes. Dans le sud et le sud-est de Lyon, en revanche, nous avons la conjonction à la fois d'un désavantage socio-économique, de nuisances liées au trafic automobile et d'émissions industrielles. Ces différents facteurs pèsent sur la mortalité périnatale et infantile.

D'autres secteurs de Lyon - où le niveau socio-économique est intermédiaire et les niveaux de bruit et pollution élevés - n'affichent pas de mortalité infantile importante : l'environnement joue un rôle qui ne s'avère pas primordial. Ce sont les conditions socio-économiques qui prédominent durant la grossesse et surtout lors des premiers temps de la vie de l'enfant.

AE : Avez-vous constaté de grandes tendances qui se dégagent pour ces 4 agglomérations ?

DZN : Nous n'avons pas choisi ces 4 villes au hasard : nous avions formulé l'hypothèse que leur situation serait différente selon l'histoire de leur construction urbaine et leur structure socio-économique. Ainsi alors qu'à Lille, l'hypercentre concentre plutôt une population défavorisée, celui de Paris ou de Lyon présente des tarifs élevés en location ou pour le foncier.

A Lyon, ce sont plutôt les catégories intermédiaires qui sont dans les zones les plus exposées sauf dans la grande zone sud-est industrielle.

Nous avons montré qu'à Lille, il y a un lien très fort entre les caractéristiques socio-économiques et la proximité de zones industrielles. C'est également à proximité de ces sites que nous retrouvons une mortalité infantile élevée.

AE: Comment avez-vous procédé pour recueillir ces informations?

DZN : Nous avons récupéré les données auprès de différentes bases de données publiques et travaillé pour les rendre accessibles à l'échelle géographique fine des Iris.

Grâce à la Convention d'Aarhus, les données relatives à la qualité de l'air et de l'environnement dont disposent les établissements publics doivent être rendues publiques. Mais bien que cela soit obligatoire, ces dernières ne sont pas toujours facilement accessibles.

Concernant le bruit, dans le cadre de la directive européenne 2002/49, les agglomérations de plus de 100.000 habitants ont l'obligation de produire des cartes de bruit et les rendre accessibles. Cet exercice est plus ou moins bien respecté, selon les communes.

Pour recueillir des informations sur la mortalité infantile, nous avons dû envoyer des enquêteurs sur le terrain. C'est en effet la donnée sanitaire la plus ancienne, mais elle n'existe pas à une échelle plus fine que la commune aujourd'hui en France. Nous voulions nous placer à une échelle plus fine pour mieux appréhender les contrastes socio-économiques; l'Iris défini par l'Insee a une taille moyenne de 2.000 habitants. Avec l'autorisation de la Cnil, nous nous sommes rendus dans les services d'état civil pour recueillir dans les archives les informations requises rendues anonymes.

AE: Quelles suites au projet ?

DZN : Nous sommes en train d'étudier la proximité avec des sites industriels mais également celle avec des espaces verts. Nous avons de bonnes raisons de penser que c'est surtout la mortalité néonatale qui s'avère influencée par des facteurs environnementaux. Nous allons donc nous concentrersur cette fraction de la mortalité infantile.

Autre piste : nous souhaitons étudier le lien entre les malformations congénitales et des facteurs environnementaux.

Notre objectif reste d'être utile : nous menons ces recherches pour rendre accessible les résultats aux acteurs publics afin qu'ils puissent réfléchir à comment améliorer la situation et mieux gérer les risques et les inégalités sociales d'exposition.

Réactions1 réaction à cet article

 

la psychotronique est aussi facteur à prendre compte voir les nombreux article sur internet en provenance mais comme par hasard les gens qui ont une influence dans le domaine ne parle pas des effets néfastes du système sur la santé humaine et la procréation??

Robin | 16 novembre 2012 à 20h24
 
 

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