L'ancien vice-président démocrate américain Al Gore et le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) se partagent le prix Nobel de la paix 2007 ! Le prix leur est conjointement décerné
pour leurs efforts de collecte et de diffusion des connaissances sur les changements climatiques provoqués par l'homme et pour avoir posé les fondements pour les mesures nécessaires à la lutte contre ces changements, a déclaré à Oslo le président du comité Nobel norvégien, Ole Danbolt Mjoes. Gageons qu'à la veille de la conférence de Bali, le comité norvégien du prix Nobel a souhaité marquer les esprits en mettant à l'honneur des personnalités qui éveillent les consciences sur le risque climatique.
Le prix Nobel de la paix récompense
la personnalité ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix, selon les volontés d'Alfred Nobel. Cela comprend la lutte pour la paix, les droits de l'homme, l'aide humanitaire, la liberté. Partagé entre deux, voire trois personnalités ou institutions, il a été attribué pour la première fois en 1901. Comme l'avait décidé Alfred Nobel, les lauréats du prix Nobel de la paix sont choisis par un comité nommé par le parlement norvégien, les autres prix Nobel sont sélectionnés par l'Institution académique suédoise. 181 candidats étaient en lice pour cette année.
Engagé dans le combat environnemental, Al Gore a notamment réalisé Une Vérité qui dérange. Le documentaire qui aborde techniquement et scientifiquement les menaces qui pèsent sur le climat a de plus reçu l'Oscar du meilleur documentaire 2007. Sorti en salle le 11 octobre en France, jour de la journée internationale pour la prévention des catastrophes, ce film réalisé par David Guggenheim tord le cou aux propos visant à semer le trouble sur le réalisme du changement climatique. Rappelons que, Vice-président des Etats-Unis sous l'administration Clinton qui avait signé le protocole de Kyoto (accord qui n'a toutefois jamais été ratifié par le Sénat américain ni même soumis aux Congrès), Al Gore a décidé de s'investir personnellement sur la thématique du réchauffement climatique à la suite de sa défaite à l'élection de 2000. Depuis cinq ans, l'ex Vice-président américain sillonne les États-Unis, multipliant conférences et exposés pour convaincre ses concitoyens de la réalité scientifique du réchauffement climatique et de l'urgence à agir pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) présidé par l'Indien Rajendra Pachauri a quant à lui publié cette année trois rapports d'évaluation qui comprennent plusieurs volumes et fournissent des informations scientifiques, techniques et socio-économiques sur les changements climatiques, leurs causes, leurs incidences et les mesures qui pourraient être prises pour y faire face. Une synthèse de l'ensemble sera faite dans le cadre d'une réunion plénière, à Valence en Espagne, du 12 au 16 novembre prochain. L'ensemble des travaux livrera les derniers enseignements scientifiques concernant le changement climatique. Créé en 1988 à la demande du G7, le GIEC a été mis en place par l'OMM (Organisation Météorologique Mondiale) et le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE).
Le Nobel, un diplôme, une médaille d'or et un chèque de 1,08 million d'euros leur sera remis à Oslo le 10 décembre, date anniversaire de la mort de son fondateur.
L'année dernière, c'est Muhammad Yunus (Bangladesh) ainsi que la banque Grameen Bank qui s'etait partagé ce prix prestigieux suite à leur participation au développement important du principe du micro-crédit.
C.SEGHIER
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