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Une nouvelle Commission européenne à la recherche d'une plus grande indépendance énergétique

Nouveaux commissaires et nouvelle organisation au service d'un projet où environnement et climat sont envisagés sous le prisme de la recherche d'une plus grande indépendance énergétique.

Gouvernance  |    |  Laurent RadissonActu-Environnement.com

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a dévoilé ce mercredi 10 septembre sa nouvelle équipe, ainsi que la nouvelle organisation de l'exécutif européen qu'il entend mettre en place pour les cinq années qui viennent. Les grandes priorités ? La lutte contre le chômage, la promotion de l'investissement, l'accès de l'économie réelle au crédit bancaire, la création d'un marché numérique connecté ou encore la formulation d'une politique étrangère crédible. Les questions d'environnement et d'énergie sont orientées vers la recherche d'une plus grande indépendance énergétique de l'UE.

"Je veux réformer et réorganiser la politique énergétique européenne dans le cadre d'une nouvelle Union européenne de l'énergie. Nous devons mettre en commun nos ressources, combiner nos infrastructures et parler d'une seule voix lors des négociations avec des pays tiers. Nous devons diversifier nos sources d'énergie, et réduire la dépendance énergétique de plusieurs de nos Etats membres vis-à-vis des autres pays", a déclaré Jean-Claude Juncker en guise de programme, se positionnant en faveur d'un renforcement de la part des énergies renouvelables (EnR) et de l'objectif contraignant de 30% d'économie d'énergie d'ici 2030.

Climat et énergie au sein d'un même portefeuille

   
Composition de la Commission Juncker
 
   
Le portefeuille de l'environnement, détenu jusque-là par le Slovène Janez Potočnik, et celui des affaires maritimes et de la pêche occupé par la grecque María Damanáki, sont regroupés "afin de refléter la double logique de la croissance «bleue» et «verte»", indique le communiqué de la Commission. Le nouveau portefeuille est confié au Maltais Karmenu Vella, qui disposera en appui de la direction générale de l'environnement, de la direction générale des affaires maritimes et de la pêche et des services compétents de l'Agence exécutive pour les PME. Il sera également responsable des relations avec l'Agence européenne pour l'environnement (AEE).

"La protection de l'environnement et le maintien de la compétitivité doivent aller de pair, car tous deux sont les gages d'un avenir durable", précise le communiqué, confirmant l'orientation très productiviste donnée à cette nouvelle Commission. La même logique a prévalu dans la décision de confier à un seul commissaire, l'Espagnol Miguel Arias Cañete, la responsabilité de l'action pour le climat et l'énergie. Ce dernier remplace donc la Danoise Connie Hedegaard, qui avait en charge l'action pour le climat, et l'Allemand Günther Oettinger qui détenait le portefeuille de l'énergie et qui prend en charge l'économie numérique dans la nouvelle équipe.

"L'action pour le climat et la politique énergétique se renforcent mutuellement : l'accroissement de la part des énergies renouvelables n'est pas seulement un moyen d'une politique responsable de lutte contre le réchauffement climatique, c'est aussi un impératif de politique industrielle, si l'Europe veut disposer encore d'une énergie abordable à moyen terme", explique le communiqué. Les directions générales de l'action pour le climat et de l'énergie restent deux services distincts, même si elles sont toutes deux rattachées à Miguel Arias Cañete. Ce dernier disposera également de l'Agence d'approvisionnement Euratom, des services compétents de l'Agence exécutive pour les PME et de l'Agence exécutive pour la compétitivité et l'innovation. Il sera également responsable des relations avec l'Agence de coopération des régulateurs de l'énergie.

Une équipe de projet pour une Union de l'énergie

Jean-Claude Juncker ne se contente pas de nommer de nouveaux commissaires. Il entend mettre aussi en place une nouvelle organisation de travail. Un premier vice-président, le Néerlandais Frans Timmermans, est chargé de l'amélioration de la réglementation. Son job principal ? Garantir que toute proposition de la Commission est véritablement nécessaire et que les objectifs visés ne peuvent pas être mieux atteints par les Etats membres.

Cinq autres vice-présidents sont nommés, en plus de la haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères, l'Italienne Federica Mogherini. Chacun d'entre eux est responsable d'une équipe de projet. C'est-à-dire qu'ils sont chargés de coordonner le travail de plusieurs commissaires dans des groupes dont la composition pourra évoluer en fonction des besoins. "Ce mode de fonctionnement assurera une interaction dynamique de tous les membres du collège, en rupture avec les approches cloisonnées et les structures statiques traditionnelles", assure le communiqué annonçant la nouvelle équipe.

La vice-présidente chargée de l'Union de l'énergie, la Slovène Alenka Bratušek sera ainsi chargée de coordonner les deux portefeuilles "environnement, affaires maritimes, pêche" et "climat, énergie", mais aussi les portefeuilles "transport et espace", "marché intérieur, industrie, entrepreneuriat et PME", "politique régionale", "agriculture et développement rural" et "recherche, science et innovation". On notera que le portefeuille "transport et espace" est confié au Slovaque Maroš Šefčovič tandis que celui de l'agriculture et du développement rural est confié à l'Irlandais Phil Hogan.

Il revient maintenant aux commissions parlementaires compétentes d'auditionner les commissaires désignés. L'ensemble du collège des commissaires, y compris le président et la haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères, sera ensuite soumis à un vote d'approbation du Parlement. Une fois celui-ci obtenu, la Commission doit être officiellement nommée par le Conseil européen pour une entrée en fonction programmée au 1er novembre.

Réactions3 réactions à cet article

 

Merci pour cette analyse, très claire.

Wackes Seppi | 10 septembre 2014 à 23h48
 
 

avec les éoliennes trés aléatoires ...c'est les centrales à gaz qui ont un bel avenir !!!
si en plus on veut une plus grande indépendance énergétique ...le prochain point incontournable sera l'exploitation des gaz schiste en france !!
pour ce qui est des gaz à effet de serre ...on oubli n'est ce pas ?
ils sont futés ces industriels ! pour nos politiques ...vu ce qui se passe depuis longtemps d'ailleurs , je crois savoir !!!! .

carl | 11 septembre 2014 à 16h18
 
 

Bonne nouvelle. Good bye Connie et welcome une gestion connectée et cohérente de l'énergie et du climat! En souhaitant que les contradictions soient au moins réduites: vertu de l'Allemagne au lignite et aberrations comme le mauvais traitement de la cogénération industrielle dans certains pays dont le nôtre (EdF oblige).

Albatros | 11 septembre 2014 à 18h44
 
 

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