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Nouvelle France industrielle : la stratégie environnementale de la seconde phase

La seconde phase de la Nouvelle France industrielle a été lancée lundi 18 mai par le ministre de l'économie Emmanuel Macron. Quatre thématiques sur dix concernent l'environnement.

Economie  |    |  Dorothée LapercheActu-Environnement.com

"Pour que l'industrie innove, il faut que les politiques publiques innovent, a assuré Emmanuel Macron, ministre de l'économie. Nous voulons une nouvelle dynamique et une nouvelle logique autour de neuf solutions industrielles". Lancée lundi 18 mai, la seconde phase de la Nouvelle France Industrielle s'est resserrée autour de 9 thématiques et impulse une direction commune à tous (contre 34 projets de la première étape, initiée par Arnaud Montebourg). Cette voie, nommée "l'industrie du futur" charpente en effet l'ensemble de la stratégie et vise la modernisation de l'ensemble de l'outil industriel (notamment à travers le numérique et la robotique). La promotion de l'industrie du futur passera par le déploiement de 15 vitrines technologiques d'ici fin 2016, selon le ministre. Ce plan sera piloté par une nouvelle structure : l'alliance de l'industrie. Outre les industriels qui la dirigeront, elle regroupera l'Etat, les régions, le conseil national de l'industrie, les partenaires sociaux, les pôles de compétitivité, les instituts de formation et de R&D, etc.

Si cette seconde étape de la Nouvelle France industrielle se recentre sur un nombre de projet plus réduit, elle ne fait toutefois pas table rase des 34 plans et capitalise sur leurs acquis. "250 entreprises ont accompli un travail considérable, grâce à elles, 1,5 milliard d'euros ont été investis par l'Etat pour un investissement total de 3,7 milliards d'euros, nous partirons de leur travail, de leur réalisation, de leur initiative pour prolonger la reconquête industrielle", a précisé Emmanuel Macron. Le Gouvernement prévoit d'adresser 3,4 milliards d'euros de l'enveloppe du programme d'investissement d'avenir aux neufs solutions industrielles. Trois objectifs sont poursuivis : tout d'abord, resserrer le dispositif de pilotage, donner une stature internationale à ces dernières, et enfin que les propositions des industries s'appuient sur des solutions complètes. "La distinction entre l'industrie et les services n'existe plus, a noté le ministre. Désormais nous ne vendons plus uniquement une voiture, mais une solution de mobilité".

Pour ce qui concerne l'environnement, quatre projets s'intéressent aux nouvelles ressources, à la mobilité écologique, aux transports de demain et enfin à la ville durable.

Constituer une vitrine de solutions

La ville durable regroupe les précédents plans réseaux électriques intelligents, eau, efficacité énergétique et bois. L'enjeu? Réaliser des opérations de démonstration, avant un élargissement à plus grande échelle, mais également constituer une vitrine de solutions exportables. "Quand nous nous déplaçons à l'international, nous vendons des solutions françaises, la capacité à gérer l'habitat, les flux, l'urbanisme, l'eau, la gestion des déchets, les systèmes d'information embarqués, etc. constate le ministre. Si nous arrivons à vendre cette solution industrielle et non un plan dicté en amont alors nous créerons un débouché industriel, de la synergie entre des acteurs - qui se parlaient aujourd'hui de manière insuffisante – ils développeront alors des projets de recherche ensemble pour créer une solution commune pour l'extérieur". Ainsi le stockage de l'énergie était un facteur commun à différents plans : pour le ministre, ce sujet constitue un levier pour transformer aussi bien la mobilité que l'énergie. Le plan eau vise quant à lui quatre axes prioritaires : le développement de la station d'épuration du futur (productrice d'énergie et de matière première), le dessalement de l'eau de mer, les réseaux d'eau intelligent et la maîtrise de la ressource en eau. La filière bois devra répondre au défi de la construction bois dans la ville. "L'enjeu sera de réconcilier les mondes du passif – l'isolation – et de l'actif – définition des règles de vie dans la maison", a pointé Marcel Torrents, pilote du projet efficacité énergétique, président du directoire de Delta Tore, entreprise spécialisée dans les services énergétiques. Le plan réseaux intelligents s'attachera à développer des solutions pour accompagner l'augmentation de la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique. "Aujourd'hui nous avons besoin d'un déploiement grandeur nature, nous avons lancé un appel à candidature pour un territoire équivalent à 150.000 habitants pour en faire une vitrine technologique", a souligné Olivier Lluansi, conseiller du président de RTE, pilote de ce plan. L'objectif fixé est de 110.000 emplois territorialisés et non délocalisables à l'horizon 2020 (+75.000 emplois dans la rénovation énergétique des bâtiments, +16.000 emplois dans la gestion de l'eau, +9.000 emplois dans la construction bois et +10.000 emplois dans les réseaux électriques intelligents). Autre cible : "Des emplois à haute valeur ajoutée sur des ambitions export en proportion de la cible de 100Md€ de chiffre d'affaires à l'horizon 2020".

Une production plus écologique

La solution nouvelles ressources vise une production plus efficace et plus écologique. Elle reposera pour cela sur les nouveaux matériaux recyclés et biosourcés, la chimie verte, les biocarburants (domaines agricole et forestier) mais également le développement d'installations industrielles capables de collecter, trier et recycler de nouveaux matériaux (en particulier les déchets plastiques, les déchets électroniques, les déchets du bâtiment et des travaux publics, ainsi que les fibres de carbone). Ce plan vise le doublement d'ici 2020 du volume de matières premières d'origine végétale dans l'industrie chimique en France et la création de 5.000 emplois directs à l'horizon 2020 au sein des nouvelles filières de la chimie verte et des biocarburants. Autre enjeu : l'ouverture de 20.000 emplois à l'horizon 2020 en France par le développement de nouvelles capacités de tri et de valorisation des déchets (plastiques, déchets du bâtiment et des travaux publics, fibres de carbone, cartes électroniques, etc.).

20.000 points de charge en plus en 2016

Le plan mobilité écologique s'intéresse à des innovations pour permettre des déplacements plus écologiques et moins coûteux. Cette boite à outil comportera, selon le Gouvernement, le véhicule autonome (pilotage automatique), la voiture électrique (déploiement rapide d'un réseau national de bornes), le 2L/100km en 2020 et des solutions de stockage de l'énergie. Les objectifs fixés en regard sont le déploiement de 20.000 points de charge supplémentaires ouverts au public d'ici fin 2016 et la réduction de 30% des émissions en CO2 des véhicules neufs construits en France d'ici 2021. Deux sites industriels pour la filière batterie et hydrogène devraient voir le jour d'ici 2017. En terme d'emploi, le gouvernement vise de 8.000 à 25.000 postes à l'horizon 2030 dans le secteur du stockage de l'énergie.

TGV du futur (-50% de consommation), avion électrique, navires écologiques ou dirigeables, le plan transports de demain souhaite réinventer les modes classiques et proposer des solutions à la fois écologique et économique. Le nouveau plan s'est fixé une réduction de 50% de la consommation d'énergie fossile des navires ainsi que de leur impact environnemental sur l'ensemble de leur cycle de vie. Il espère vendre 80 avions-écoles à propulsion électrique par an après 2020 et fixe des exigences pour les TGV du futur de +25% de capacité, -30 % du coût de la place et -25% des coûts de maintenance.

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