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Observatoire du bruit : l'Ademe dresse un premier bilan

Suite à l'AMI initié en 2010, Grenoble, Saint-Etienne, Aix-en-Provence et Nice ont mis en place des observatoires du bruit. Si la démarche montre un intérêt des collectivités pour le sujet, les points noirs du bruit restent peu observés.

Aménagement  |    |  Dorothée LapercheActu-Environnement.com
Observatoire du bruit : l'Ademe dresse un premier bilan
Environnement & Technique N°343 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°343
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"Des marges de progrès sont encore possibles : j'aurais aimé que les villes aient une meilleure connaissance des points noirs du bruit et des zones les plus bruyantes sur leurs territoires", pointe Emmanuel Thibier, ingénieur au service Organisations urbaines de l'Ademe, en charge du suivi de l'appel à manifestation d'intérêt pour la mise en place d'un observatoire du bruit.

Lancé en 2010, l'AMI avait retenu quatre villes : Grenoble (38), Saint-Etienne (42), Aix-en-Provence (13) et Nice (06). L'objectif était de réaliser un état des lieux du bruit, suivre son évolution mais également ouvrir ce sujet à la concertation et accompagner les politiques locales.

Les lauréats ont bénéficié d'un cofinancement de l'Ademe et du ministère de l'Ecologie pour installer une dizaine de sonomètres (6 à Aix, 9 à Grenoble, 8 à Nice et 10 à Saint-Etienne).

Jérôme Dutroncy, Vice-président chargé de l'environnement / La Métro
Jérôme Dutroncy, Vice-président chargé de l'environnement / La MétroDorothée Laperche
 
L'Ademe a accompagné les lauréats dans le choix de l'emplacement des balises : certaines pour une mesure de long terme sur un axe bruyant, par exemple un trafic routier intense, d'autres pour de plus courtes durées notamment pour évaluer les impacts de travaux d'aménagements urbains ou enfin des balises sur des zones calmes.

Le montant de l'opération, selon les villes, s'est échelonné de 40 k€ à 90 k€.

"La mise en place d'observatoire s'est échelonnée sur une durée de trois ans, souligne Emmanuel Thibier. Nous nous rendons compte qu'il faut plusieurs années pour en tirer le bénéfice". Selon lui, la difficulté des villes à identifier les points noirs s'explique notamment par la diversité des propriétaires des infrastructures, telles que les voies routières, génératrices de bruit.

Observatoire du bruit, support d'une mutation urbaine ?

"J'aurais aimé que ces observatoires puissent réaliser le suivi du bruit sur le territoire pour influencer, participer aux choix politiques de la ville ou servir pour réaliser une mutation urbaine, souligne Emmanuel Thibier. Si cela n'a pas été vraiment le cas au cours des trois premières années, ce le sera sans aucun doute pour les années qui suivront".

Sur la question de l'évaluation et la gestion des nuisances sonores, la France fait partie des mauvais élèves : très en retard dans la mise en application de la directive européenne relative au bruit, elle a reçu une mise en demeure le 31 mai 2013 de la Commission européenne.

Les deux principaux objectifs de la réglementation européenne sont l'établissement de cartes d'exposition aux bruits et l'adoption de plans d'action de réduction du bruit ainsi que la préservation des zones calmes.

Si les observatoires du bruit ne permettent pas l'élaboration d'une carte d'exposition (réalisée par simulation informatique en partant de la topographie de la ville, de sa voirie, de l'implantation des bâtiments, du trafic, de la vitesse des véhicules, etc.), ils montrent toutefois l'intérêt d'une collectivité pour cette question.

Concernant plus précisément le sujet des points noirs, leur traitement ne constitue pas une obligation réglementaire. Ces derniers correspondent en effet à des bâtiments qui sortent des obligations auxquels le secteur est aujourd'hui soumis : malgré une exposition à des niveaux sonores importants, leur autorisation de construire, antérieure au 6 octobre 1978, n'a pas été soumise à des mesures de protections sonores (par exemple double vitrage acoustique). Afin de tenter de résoudre cette situation, l'Ademe a traité une cinquantaine d'opérations depuis 2009. Elle a notamment lancé un appel à projets en novembre 2012 pour financer les travaux.

Si pour l'instant aucun nouvel AMI n'est prévu, l'expérience a fait néanmoins des émules, Toulouse (31) et Montpellier (34) seraient intéressés par la mise en place d'un observatoire. Ces expérimentations et le plan bruit feront l'objet d'une évaluation en 2015.

A partir de l'année prochaine, Ademe devrait également élargir sa démarche et associer les problématiques liées aux bruits avec celles de la qualité de l'air. "En rapprochant ces deux visions nous pourrons mutualiser les moyens métrologiques comme humains, et si nous superposons les données, nous pourrons tirer des conclusions gagnant-gagnant et être vigilants sur les points qui ne le seraient pas, développe Emmanuel Thibier. Favoriser la marche à pied, oui, mais si c'est à coté de véhicules polluants, c'est problématique".

Par ailleurs, le projet de loi relatif à la transition énergétique prévoit que les travaux de rénovation énergétique de l'habitat dans les zones de bruit critiques (en situation de points noirs du bruit) devront également traiter l'acoustique.

Réactions3 réactions à cet article

 

Rien sur les nouvelles pollutions sonores et visuelles à la campagne par les éoliennes ?
Les citadins ne sont pas contents de la pollution qu'ils génèrent , les ruraux ne sont pas contents de la pollution qu'on leur impose même à modifier les lois environnementales pour les faire taire.

ITC78 | 08 décembre 2014 à 21h25
 
 

ces propos n'engagent que vous itc78, vous ne représentez qu'une toute petite partie de la population,arrêter votre prosélytisme

lio | 09 décembre 2014 à 10h36
 
 

Des faits rien que des faits.
Le prosélytisme vient du monde écolo-politiques qui veut imposer ses points de vue.
Taxer les citoyens pour ériger des monuments, inutiles en France pour réduire le C02, inutiles pour sortir du nucléaire.
Quelle justification donnez vous sauf à taxer la population au profit des rentes des nouveaux pollueurs des plages et des campagnes?

ITC78 | 09 décembre 2014 à 13h34
 
 

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