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Lancement d'opérations pilotes pour lutter contre le gaspillage alimentaire

Faire connaître et déployer les initiatives menées depuis plusieurs années par les acteurs locaux, tel est l'objectif du gouvernement soutenant des opérations pilotes pour lutter contre le gaspillage alimentaire.

Dev. Durable  |    |  Actu-Environnement.com

Dans le cadre de la préparation du plan national contre le gaspillage alimentaire attendu pour juin 2013, Guillaume Garot, ministre délégué chargé de l'agroalimentaire, a lancé le 6 décembre plusieurs opérations pilotes. Objectif : pérenniser et surtout faire connaître les initiatives qui existent déjà pour les déployer à l'échelle nationale.

Tous les acteurs sont concernés et en premier lieu les consommateurs. Une campagne nationale d'affichage sur la thématique est lancée en parallèle. Les opérateurs de la grande distribution vont pour leur part tester des pratiques innovantes comme la vente promotionnelle différée dans deux domaines en particulier : les produits laitiers et la viande. Le principe ? Le consommateur achète 3 produits pour le prix de 2 mais il peut retirer le 3e plus tard. Il s'agira également de tester la vente à l'unité des produits d'entrée de gamme.

 
Le gaspillage alimentaire en quelques chiffres Selon l'Ademe, le gaspillage alimentaire domestique en France représente 20 kg par an et par habitant, dont 7 kg d'aliments encore sous emballage, soit au total 1,2 million de tonnes de nourriture. La Commission européenne a mené une étude à l'échelle européenne et estime le gaspillage alimentaire tout au long de la chaîne à environ 190 kg par an et par européen, la France se situant en-dessous de la moyenne à environ 150 kg. Aux deux extrêmes, les Pays-Bas sont à environ 580 kg, la Grèce à 50 kg, l'Allemagne se situant aux environs de 130kg, l'ensemble de ces chiffres étant des estimations.
 
Les associations de solidarité se sont quant à elles engagées à généraliser certaines pratiques à l'image de la Banque alimentaire de Bordeaux et de la Gironde. Après avoir constaté que certains fruits et légumes récupérés dans les grandes surfaces, mais non distribués auprès des associations, étaient perdus, la Banque alimentaire a eu l'idée de les reconditionner et de les transformer en confitures.

La restauration collective de son côté prévoit de déployer des opérations pilotes dans des cantines de collèges, de restaurants d'entreprise et de privilégier les circuits courts d'approvisionnement. Le Conseil général de Dordogne a déjà commencé à sensibiliser les usagers de ces restaurants en pesant les restes de repas et en affichant les résultats et les progressions observées.

Les marchés sont également invités à réorienter les invendus vers les circuits de l'aide alimentaire notamment via des chantiers d'insertion. Les personnes orientées par le Pôle Emploi vers ces chantiers sont chargées de récupérer les dons des grossistes. Les associations d'aide alimentaire alimentées par ce chantier passent leur commande la veille.

Interview de Guillaume Garot, ministre chargé de l'agroalimentaire
Interview de Guillaume Garot, ministre chargé de l'agroalimentaireMarie Jo Sader
 
Enfin, plusieurs collectivités s'engagent à mobiliser leurs habitants. La ville de Tours est d'ors et déjà investie. Elle a créé un comité local rassemblant les acteurs de la chaîne alimentaire de la ville. Il est chargé de faire connaître les bonnes pratiques dans les restaurants commerciaux et collectifs, les cantines scolaires, les supermarchés, les établissements industriels et les entreprises. Un système de ramassage des denrées que les habitants souhaitent donner à l'aide alimentaire a également été installé.

Une première évaluation des opérations pilotes est attendue pour avril 2013. La signature du Pacte national engageant le déploiement des opérations concluantes est prévue pour juin 2013 avec comme objectif final de réduire de 50% le gaspillage alimentaire d'ici 2025. Un objectif soutenu par la fédération France Nature Environement mais difficile à atteindre selon elle : "Il faut agir sur toute la chaîne : du producteur au transformateur jusqu'à la grande distribution pour s'attaquer aux 190 kg par an et par habitant et pas seulement au 30 kg générés par le seul consommateur", prévient Benoit Hartmann, son porte-parole.

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