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Après-Xynthia : lancement d'un plan national de prévention des submersions marines

Près d'un an après la tempête Xynthia, NKM a présenté ce jeudi 17 février le plan national de prévention des submersions et crues, doté de 500 M€ d'ici 2016. Objectif : renforcer les PPR, améliorer les systèmes d'alerte et l'entretien des digues.

Risques  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com
Après-Xynthia : lancement d'un plan national de prévention des submersions marines  Zone sinistrée de la Faute-sur-Mer en Vendée, deux mois après la tempête

Présenté le 13 juillet dernier, la version définitive du plan ''submersions rapides'' ou ''plan digues'', a été validée ce jeudi matin par le Premier ministre, après un conseil ministériel sur les suites de la tempête Xynthia qui avait fait 53 morts fin février 2010, en Charente-Maritime et en Vendée. Les pluies torrentielles survenues dans le Var le 15 juin dernier avaient également fait 23 victimes.

Vers une meilleure prise en compte du risque de submersion

Ce plan comprend 60 actions visant ''à mieux maîtriser l'urbanisation dans les zones dangereuses, améliorer la vigilance météo et l'alerte des populations, et renforcer la fiabilité des digues'', a expliqué la ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet devant la presse. Il est doté d'un budget de 500 millions d'euros sur la période 2011-2016, prélevé sur le fonds de prévention des risques naturels majeurs (FPRNM), dit fonds Barnier.

''On se donne les moyens de tirer toutes les conséquences de la tempête Xynthia", a déclaré la ministre. ''Le plan a pour objectif de protéger les populations et de sécuriser l'ensemble du territoire''. Les ''moyens mis en œuvre'' visent à éviter que ce ''drame ne se reproduise''. La tempête avait relancé le débat sur l'urbanisation du littoral alors que 46 % des communes françaises sont concernées par le risque majeur d'inondation, selon le Service de l'observation et des statistiques de l'environnement (SOeS).

Le plan prévoit donc d'améliorer la gestion des risques avec le développement de plans de prévention des communes du littoral…qui ont fait défaut durant la tempête.

 
Zones de solidarité : premières déconstructions des maisons rachetées en mars 2011 Au 1er février 2011, sur les 1.574 habitations concernées par les "zones de solidarité" (ex- zones noires) en Vendée et Charente-Maritime, 1.113 avaient fait l'objet d'un accord pour une acquisition à l'amiable par l'Etat, a indiqué NKM. Soit près de 90% des habitations concernées. À ce jour, l'Etat a acquis 876 habitations et débloqué 225 M€ issu du fonds Barnier. Faute-sur-Mer et l'Aiguillon-sur-Mer, deux communes du littoral vendéen sont parmi les plus touchées. Figurent aussi les communes de La Rochelle ou d'Aytré, ainsi que les îles de Ré et d'Oléron, les plus impactées par la tempête dans le département de Charente-Maritime.

Les premières "déconstructions" sont prévues "dès le mois de mars, en Vendée, et avec quelques mois de décalage en Charente-Maritime", selon elle. De son côté, Laurent Michel, directeur général de la prévention des risques au ministère, a précisé que le traitement des déchets générés (gravats, etc) devait être assuré par les entreprises chargées de la déconstruction avec les directions départementales des territoires, favorisant le recyclage des matériaux et la gestion des déchets inertes ou dangereux.
 

Plus de 240 PPR littoraux prioritaires d'ici 2014

Dans un délai de 3 ans, 242 nouvelles communes littorales devront être couvertes par un plan de prévention des risques (PPR) littoraux et les PPR existants de 68 autres communes seront révisés. Ces PPR littoraux ont été établis sur la base des critères suivants : risque pour la vie humaine, préservation des espaces non construits soumis à pression foncière
 et préservation des espaces non construits. Depuis juin dernier, plus de 500 nouveaux plans ont été approuvés par les préfets, a rappelé le ministère. Près de 8.420 communes étaient au total couvertes par un PPR naturel approuvé fin janvier 2011, dont 85% concernent le risque d'inondation. Un référentiel technique - à destination des professionnels du BTP - sera par ailleurs élaboré fin 2011 pour les travaux de prévention du risque d'inondation dans l'habitat existant.

Autre mesure inscrite dans le plan :  les plans communaux de sauvegarde vont être rendues obligatoires dès prescription d'un PPR (après que le périmètre du plan a été arrêté) alors qu'auparavant, ils n'étaient mis en place que pour les PPR approuvés. La ministre a également lancé un nouvel appel à projets de PAPI (programmes d'actions de prévention des inondations) intégrant le risque de submersion marine. Créés depuis 2002, 48 PAPI ont déjà été financés par l'Etat.

Le plan prévoit aussi de promouvoir fin 2011-début 2012, trois schémas de cohérence territoriale (Scot) "Grenelle" expérimentaux - un par façade littorale - ''exemplaires'' en matière de prévention des risques. Ces SCOT qui ''permettent la planification intercommunale pour l'évolution d'un territoire dans le cadre d'un projet d'aménagement et de développement durable serviront de cadre de référence pour les politiques d'habitat, de déplacement, d'environnement et d'organisation de l'espace''.

Renforcement de la fiabilité des digues

Figure également le renforcement, annoncé en juillet, d'environ 1.200 km de digues de 2011 à 2016 sur les 8.000 km de digues fluviales et littorales que compte la France. Pour ce faire, le ministère a débloqué une enveloppe de 500 millions d'euros pour engager ces travaux de confortement d'ouvrages financés de 25 % (pour les communes avec un PPRI prescrit) à 40 % (pour celles avec un PPRI approuvé) par le fonds Barnier. Le restant sera issu du maître d'ouvrage, des collectivités et du Fonds européens FEDER (dans certains cas), a précisé Laurent Michel, directeur général de la prévention des risques au ministère de l'Ecologie. 190 chantiers ont déjà été réalisés en 2010 dans les deux départements touchés soutenus par l'Etat pour un montant de 42,6 M€, a précisé NKM.

Le recensement des digues et de leur propriétaire prévu dans le plan, sera achevé d'ici la fin du 1er trimestre 2011 pour les digues fluviales et d'ici la fin de l'année pour les ouvrages maritimes, selon ministère. Le recensement des digues orphelines françaises (un linéaire estimé à 3.000 km) est aussi prévu. De même qu'aucune digue nouvelle ne pourra désormais être autorisée pour ouvrir à 
l'urbanisation de nouveaux secteurs. Le contrôle des maîtres d'ouvrage par les DREAL (Directions Régionales de l'Environnement de l'Aménagement et du Logement) est par ailleurs renforcé.

Vigilance météo ''vagues-submersions''

Le plan vise, enfin, une amélioration des systèmes de surveillance, de prévision, de vigilance et d'alerte. Météo France mettra en place, d'ici fin 2011, une vigilance spécifique météo "vagues-submersions" pour chaque département du littoral, complétant ainsi le dispositif vigilance ''pluie-inondation'' créé fin décembre 2007 . Pour chacun de ces départements, elle définira grâce au code couleur en vigueur – orange, rouge - un niveau de vigilance, en fonction des prévisions de niveau de mer et de hauteur des vagues, ainsi que de critères caractérisant le danger de submersion sur les zones côtières les plus sensibles. Le réseau national de radars hydrométéorologiques sera également renforcé d'ici 10 ans. 10,6 millions d'euros seront débloqués par Météo France et le ministère (dont 1,4 millions dès 2011) pour fournir des avertissements supplémentaires sur les précipitations soudaines et le réseau des cours d'eau surveillés étendu à un linéaire de 600 km entre 2010 et 2011.

La première réunion du comité du pilotage du plan est prévue en avril prochain.

Réactions1 réaction à cet article

 

en vacances chez ma maman,en Vendée, aus sables, le jour de la tempête, je me souviens, on a entendu le coefficient de vent et de montée des eaux annoncé à +' 1 m, alors comme mes parents sont militants écolos, je suis allée avec ma mère sur un site américain de simulation.on habite à 800m du littoral - nous n'étions pas concernés..! ..avec 1m50 la baie de l'aiguillon était inondée
on regrette tous de ne pas avoir eu le réflexe d'appeler les uns et les autres plus compétents , leur demander s'ils étaient au courant de cette simulation et ainsi atténuer la catastrophe
mais aussi les gens élus ou non, pourraient eux aussi fouiller sur le net pour voir , comprendre et anticiper lorsqu'ils apprennent certaines infos
c'est trop grave ce qui est arrivé
petite j'avais déjà vu le camping du Grand Bornand dévasté par un torrent en crue .....on avait dit alors plus jamais cela ..

nathal | 28 février 2011 à 18h03
 
 

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