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Une étude met en évidence la pollution atmosphérique issue de l'utilisation de l'E85

POLLUTION DE L'AIR - Actu-Environnement.com - 20/04/2007
 
Selon une étude américaine parue dans la revue Environmental Science & Technology, l'utilisation de l'E85 polluerait autant que l'utilisation de carburant classique et aurait un impact sanitaire similaire voire plus grave.
 
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Souvent plébiscité pour son impact réduit sur le phénomène d'effet de serre en raison d'émission de CO2 réduites voire neutres, l'E85 composé de 85% d'éthanol et de 15% d'essence est également présenté comme une alternative « plus saine » que le gazole ou l'essence par ses partisans. L'idée est que l'ajout d'oxygène par l'éthanol améliore la combustion et permet de réduire ainsi la quantité de particules, de monoxyde de carbone et de polluants. Mais seulement pour certains, et tout le problème est là.
Intrigué par le soudain regain d'intérêt des États-Unis pour les agrocarburants et plus particulièrement pour l'E85, un scientifique américain spécialiste de la chimie de l'atmosphère de l'université de Stanford s'est penché sur le produit. Selon Mark Jacobson dont l'étude a été publiée dans la revue Environmental Science & Technology, si l'ensemble du parc automobile actuel était converti pour utiliser de l'E85, cela pourrait avoir comme conséquence une augmentation de la mortalité, des hospitalisations, et de l'asthme lié à l'ozone : +9% à Los Angeles et +4% aux États-Unis. Par ailleurs, les taux de Cancer seraient semblables pour l'essence et l'E85.
Il est vrai que l'éthanol diminue quelques polluants, mais il en augmente également quelques autres, explique Mark Jacobson. Comparé à l'essence, l'éthanol tendrait à produire moins de benzène et de butadiène, mais plus d'acétaldéhyde et de formaldéhyde, une fois brûlé. Selon l'étude basée sur un modèle de simulation atmosphérique développé par le scientifique américain, cela entraînerait un surplus de pollution à l'ozone et environ 185 décès supplémentaires par an à travers les États-Unis, et 125 de plus à Los Angeles. Jacobson a étudié particulièrement cette ville confrontée à une pollution continue sous forme de smog. Les résultats suggèrent que l'éthanol ne doit pas être promu pour ses avantages sanitaires, estime le chercheur. D'autres facteurs doivent être étudiés avant que l'utilisation de l'éthanol soit répandue comme les émissions de gaz à effet de serre, la dépendance des États-Unis aux huiles étrangères et l'impact environnemental des cultures et des usines d'éthanol.

Si cette étude traite exclusivement des polluants chimiques issus de la combustion d'agrocarburants, d'autres vont jusqu'à remettre en cause le principal intérêt des biocarburants à savoir leur neutralité sur leurs émissions de CO2 au cours de leur cycle de vie. En juillet 2005, des chercheurs des universités Cornell et Berkeley estimaient que la transformation du maïs en biocarburant, nécessitait 29 % plus d'énergie fossile qu'elle n'en produit sous forme d'éthanol. Au final, chacun y va de ses chiffres et de ses statistiques. En France, l'association de consommateurs UFC-Que Choisir déplorait en début d'année, le plan de développement des biocarburants en France qu'elle juge « aveugle » et « dispendieux ». Elle rappelait notamment que le bilan officiel de l'Ademe favorable au biocarburant était contredit par l'INRA et une étude de la Commission européenne.
Mais face au regain d'intérêt dont font preuve les gouvernements que ce soit en France, en Europe ou aux États-Unis pour ces carburants, des voix s'élèvent et des craintes concernant les conflits d'usage ou les impacts environnementaux se manifestent. Le débat semble donc loin d'être terminé.

F.LABY

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Réactions à cet article
 
alcool ADEME - ou quand la haute fonction publique (3 réponses)
 
 
Capitalisme pur et dur
 
 
La substitution est néanmoins indispensable
 
 
une petite faute d'ortho
 
 
L'E85 n'est pas LA solution (2 réponses)
 
 
Contre les biocarburants... (1 réponse)
 
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