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Compensation des atteintes à la biodiversité : premiers crédits vendus par la CDC Biodiversité

Amenagement  |    |  Actu-Environnement.com

CDC Biodiversité a initié en 2008 un projet de réhabilitation d'un écosystème écologique et pastoral sur 357 hectares du Domaine de Cossure, à Saint-Martin-de-Crau (13), dans l'objectif d'en faire un outil de compensation. L'idée : proposer à des acteurs économiques (établissements publics, entreprises, collectivités…) de restaurer ou compenser les dommages à l'environnement créés par leurs projets d'infrastructures, en acquérant des crédits ou «unités de biodiversité » sur ce projet de réhabilitation.

Les premièrs crédits viennent d'être achetés par deux aménageurs, annonce le ministère de l'Ecologie qui soutient ce projet, première expérience en France d'une banque de compensation. L'Etablissement public d'aménagement et de développement (Epad) Ouest Provence vient d'acquérir des unités équivalentes à une cinquantaine d'hectares afin de compenser l'impact écologique de la plateforme logistique Clesud (Miramas). La SCI BoussardNord s'est engagée pour une trentaine d'hectares afin de compenser les impacts sur l'environnement de l'aménagement d'une plateforme d'activités à Saint Martin-de-Crau.

La CDC Biodiversité s'est engagée à reconstituer les ensembles végétaux permettant la présence d'espèces animales communes du territoire comme l'outarde canepetière, le ganga cata, l'oedicnème criard ou encore le lézard ocellé. Cet écosystème, une fois restauré, sera géré par pâturage ovin pendant trente ans et maintenu au-delà des 30 ans dans sa vocation naturelle et pastorale. ''Ces transactions interviennent alors que les scientifiques observent le retour d'espèces emblématiques sur le site de Cossure (Outarde, Oedicnème…) et l'amorce d'une dynamique végétale retrouvée, à la suite des mesures de réhabilitation engagées en 2009 et 2010'', indique le ministère de l'Ecologie.

Réactions4 réactions à cet article

 

Sous prétexte de mieux faire prendre en compte la valeur de la nature, on crée de toute pièce un nouveau "droit à détruire". la reconnaissance d'un quelconque principe de compensation des atteintes à la biodiversité revient à reconnaître qu'il existe de fait une possibilité donné à tous les industriels de saccager notre environnement et de payer en contre-partie.

Agir pour la Crau | 11 octobre 2011 à 10h12
 
 

Il ne s'agit pas de la création d'un nouvel habitat mais la restauration d'un habitat auparavant dégradé. Je ne vois pas en quoi il s'agit de compensation.

Sous prétexte qu'on corrige certains désagréments quelques parts on aurait le droit d'en faire de nouveaux ailleurs ?

Ok pour créer de nouvelles zones et ainsi compenser certains désagréments inévitables (lignes de transports en commun par exemple), mais il faut bien que ce soit de nouvelles zones pour que ça compense quelque chose...

On apprend ça au collège : pour annuler une valeur négative (consommation d'énergie par exemple), il faut une valeur positive (production d'énergie). Ajouter une seconde valeur négative, même réduite (économie d'énergie), ne permet jamais d'atteindre le zéro, on ne peut compenser une consommation par une autre consommation. (Valable aussi pour la "compensation" carbone...)

Le rapport ? on ne peut compenser une atteinte à la biodiversité par une autre atteinte, même diminuée par une restauration du milieu. Pour compenser, il faut créer un nouveau milieu qui abritera les espèces délogées et compensera la destruction du précédent.

Avec la méthode proposée dans cet article, au mieux on stagne dans la médiocrité actuelle sans l'aggraver, mais on ne peut atteindre les objectifs européens de restaurations des milieux...

Pascal | 11 octobre 2011 à 10h39
 
 

Que l'on restaure un habitat dégradé, très bien. Mais que l'on s'en fasse une excuse pour en dégrader d'autres, cela relève de l'aveuglement et qui plus est, d'une totale méconnaissance du fonctionnement des systèmes écologiques. Un milieu ne fonctionne pas en vase clos, et la destruction d'une pelouse ou d'une zone humide ne pourra jamais être compensée par la création d'un milieu équivalent, surtout à des kilomètres du milieu d'origine (si tant est que l'on puisse "créer" un milieu équivalent) : les milieux ne sont pas juxtaposés, ils entretiennent des relations les uns avec les autres et participent d'un réseau. Détruire un milieu, c'est également détruire ses connexions avec les milieux voisins, et donc le fonctionnement d'un secteur dans son ensemble. Le ministère de l'Ecologie a-t-il jamais entendu parler de génétique des populations, d'écologie du paysage ? A l'heure ou l'on parle de trame verte et bleue à toutes les sauces, il serait opportun d'en appliquer les principes...

Valérie | 11 octobre 2011 à 11h43
 
 

Je suis d'accord avec vous sur la notion du "droit à saccager" et la méconnaissance de la notion de "trame verte" qui est en contradiction avec la méthode des "sanctuaires fragmentés".
Mais ne vous voilez pas la face, tout va être saccagé si pour chaque projet destructeur (ZAC, autoroute, ZAD, etc ....) il n'y a pas une compensation. Ce qui va être drôle, c'est que ces zones "biodiversité" vont devenir des sites de réception d'une urbanisation forcenée (écotourisme de masse, réception des eaux polluées en aval). Et que lorsque un aménageur va s'intéresser à ces sites prisés pour un projet d'habitat de luxe in naturum, il va devoir compenser ailleurs ...
Le principe du développement durable, c'est aller au moins pire ...

benoit vanhee | 11 octobre 2011 à 12h20
 
 

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