Malgré l'opposition de plusieurs organisations écologistes dont la FNE, l'Alliance pour la Planète ou la FNAUT, Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement Durable et de l'Aménagement du Territoire, a
confirmé le 4 juin le projet de construction autoroutier de l'A65, qui doit relier Langon à Pau en soulignant que le projet initial avait
fait l'objet de nombreuses améliorations pour éviter les zones sensibles et répondre aux exigences nouvelles du Grenelle de l'environnement.
Dans le cadre du Grenelle, le gouvernement s'était engagé au gel des nouvelles routes et autoroutes, hormis les cas de sécurité et de congestion, ou d'intérêt local.
Les organisations écologistes s'opposent au projet d'autoroute A 65 et dénoncent ses impacts sur la biodiversité. Le 21 mai, le Conseil d'Etat avait débouté plusieurs associations qui avaient déposé des recours contre ce projet d'autoroute. Le Ministère de l'Écologie souligne que les espaces naturels seront pris en gestion par le concessionnaire
à une échelle sans précédent afin de
compenser les impacts résiduels avec pour objectif de
reconstituer des habitats propices au développement des espèces protégées, notamment le vison d'Europe, les chiroptères, l'écrevisse à pattes blanches ou le fadet des laîches.
Pas de contournements à Bordeaux et Toulouse
En revanche, le Ministre de l'Ecologie a annoncé qu'il abandonnait le projet autoroutier entre Pau et Oloron ainsi que les contournements autoroutiers de Toulouse et de Bordeaux.
En abandonnant le projet autoroutier entre Pau et Oloron, le ministère de l'Ecologie explique souhaiter
ainsi limiter à une stricte sécurisation la RN134, plus au sud dans la vallée d'Aspe et vers le tunnel du Somport. Il souligne que
cette dernière mesure sera accompagnée de mesures de régulation de la circulation des poids-lourds dans la vallée d'Aspe (par exemple interdictions de nuit ou de transports de matières dangereuses dans cette vallée) qui seront discutées avec leurs homologues espagnols.
Par ailleurs, les contournements autoroutiers de Toulouse et de Bordeaux
sont abandonnés car
ces projets ne correspondent plus aux nouveaux enjeux de développement durable, souligne le Ministère.
Ils privilégient la mobilité automobile, dans un contexte de pétrole cher et non renouvelable, l'utilisation non raisonnée de l'espace, notamment par l'étalement urbain préjudiciable à la biodiversité, explique-t-il.
Le Ministère de l'Ecologie annonce aussi que
les nouvelles infrastructures routières, ferroviaires ou fluviales devront désormais comprendre des mesures garantissant une vraie neutralité par rapport aux enjeux environnementaux des territoires traversés.
R. BOUGHRIET
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