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Qualité de l'air intérieur : l'Anses définit deux valeurs guides pour l'acétaldéhyde

L'Agence nationale de sécurité sanitaire a publié le 2 juillet son avis proposant deux valeurs guides de qualité d'air intérieur (VGAI) pour l'acétaldéhyde, correspondant aux expositions à court et à long terme.

Bâtiment  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com
Environnement & Technique N°339 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°339
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Une VGAI est un seuil de concentration dans l'air d'une substance chimique en dessous duquel aucun effet sanitaire ou aucune nuisance ayant un retentissement sur la santé n'est attendu pour la population générale en l'état des connaissances actuelles.

L'acétaldéhyde a été mesuré dans la campagne nationale "Logements" réalisée par l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur (OQAI) entre 2003 et 2005.

La concentration dans l'environnement intérieur en acétaldéhyde est "supérieure ou égale à la concentration mesurée dans l'air extérieur dans plus de 98% des logements français", prévient l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) dans son avis. Les sources d'acétaldéhyde sont en effet "multiples" : processus de combustion de matières organiques (tabagisme, cuisson des aliments et chauffage domestique au bois), les matériaux de construction, de décoration, d'ameublement et les produits de consommation courante (nettoyants de sols, parquets, stratifiés, colles, lasures, décapants, dalles et flocages, etc.).

Les principaux effets observés chez l'Homme après une exposition à des vapeurs d'acétaldéhyde sont l'irritation oculaire, cutanée, et des voies respiratoires supérieures et inférieures allant jusqu'à une bronchoconstriction chez les personnes asthmatiques. L'acétaldéhyde est également classé comme possiblement cancérogène chez l'Homme (classe 2B) par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) depuis 1999.

Irritations des voies respiratoires

Deux VGAI ont été proposées par l'Agence. Une première valeur a été établie pour protéger des effets survenant après une exposition de courte durée (irritation des voies respiratoires, bronchoconstriction des personnes asthmatiques) : 3.000µg/m3 (microgrammes par mètre cube) pour une durée d'exposition de 1 heure. "Il s'agit de protéger la population d'une exposition ponctuelle ou intermittente à des niveaux élevés liés à une activité particulière", explique l'Agence. Concernant cette VGAI, la méthode recommandée pour la mesure de l'acétaldéhyde  est celle décrite par la norme NF ISO 16000-3 (prélèvement actif par pompage).

Une seconde valeur a été établie pour protéger des effets à long terme : 160 µg/m3 pour une durée d'exposition supérieure ou égale à un an. "Il s'agit de protéger la population au quotidien exposée à des niveaux plus faibles mais permanents (niveaux de fond)". Les effets irritants de l'acétaldéhyde sur l'appareil respiratoire supérieur peuvent conduire à des lésions de l'épithélium pour des expositions répétées. Toutefois, "aucune méthode de mesure reposant sur un système de prélèvement par diffusion passive n'est actuellement recommandée pour la comparaison de mesures" avec cette VGAI proposée, indique l'Agence. Dans l'attente d'une méthode validée, la méthode proposée par la norme NF ISO 16000-4 pour le dosage du formaldéhyde "peut être considérée comme indicative. Cette méthode ainsi que les méthodes alternatives issues de la littérature nécessitent d'être approfondies", préconise l'Anses dans son avis.

L'Anses a déjà défini des VGAI pour 8 substances prioritaires : formaldéhyde (2007), monoxyde de carbone (2007), benzène (2008), naphtalène (2009), trichloréthylène (2009), tétrachloroéthylène (2010), particules (2010), acide cyanhydrique (2011). En 2013, l'agence a également proposé des VGAI pour le dioxyde d'azote et l'acroléine.

L'Agence recommande de mener des études visant à évaluer les expositions à plusieurs aldéhydes présents dans l'air intérieur, notamment lorsque le formaldéhyde, l'acroléine et l'acétaldéhyde sont mesurés simultanément, ainsi que leurs conséquences sanitaires, en vue d'élaborer une valeur guide pour un mélange d'aldéhydes. L'Anses souligne à nouveau l'importance d'aérer les logements par l'ouverture des fenêtres et d'utiliser des hottes aspirantes pour réduire la pollution.

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