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L'exploitation minière de l'uranium a longtemps occupé une place de première importance en Limousin. Le déclin de cette activité à partir des années 1980 a conduit à la fermeture progressive des sites concernés. Mais des divergences sur la qualité de la remise en état des sites entre l'industriel AREVA et les associations locales et nationales de défense de l'environnement ont conduit à des développements judiciaires et médiatiques importants au cours des dernières années. Bien qu'en juin 2006, la société ait été relaxée par la Cour d'Appel pour des faits de pollution et abandon de déchets entre 1995 et 1999, les contaminations du milieu n'en sont pas moins réelles. C'est pourquoi, les ministres en charge de l'environnement, de la santé et de l'industrie ont annoncé la mise en place d'un Groupe d'Expertise Pluraliste (GEP) chargé d'évaluer et de traiter l'empreinte radiologique des anciennes mines d'uranium. Ce sont au total plus de 20 experts (institutionnels, associatifs, indépendants, industriels et experts étrangers) appartenant à des disciplines variées qui participent aux travaux du GEP. Concrètement, leur mission consiste à porter un regard critique sur les documents techniques fournis par l'opérateur minier AREVA et de proposer des recommandations visant à réduire les impacts des sites sur les populations et l'environnement et des perspectives de gestion des sites à plus ou moins long terme. Le GEP participe en parallèle à l'information des acteurs locaux et du public.
Après six mois de travail, le Groupe d'Expertise Pluraliste vient de rendre ses premières conclusions concernant le site de stockage de Bellezane qui renferme l'essentiel des résidus radioactifs extraits des opérations de récupération de l'uranium du minerai. Sur ce site, la solution retenue par l'exploitant a consisté à aménager un stockage dans deux mines à ciel ouvert et non un confinement au sens strict. Après étude, le GEP considère que la configuration du site et son aménagement sont globalement favorables à une maîtrise des eaux qui circulent dans le système. Néanmoins, il n'écarte pas la possible existence de fuites à travers le massif granitique. C'est pourquoi, il recommande une meilleure compréhension du fonctionnement hydraulique du milieu par l'installation de nouveaux piézomètres et la recherche d'éventuelles sources diffuses de pollution.
Tout en considérant que la conception du stockage et de la couverture semble répondre pour l'essentiel aux objectifs de réaménagement, le GEP remarque que peu de données sont disponibles sur les caractéristiques des stériles utilisés après leur mise en place sur le stockage. Les stériles correspondent à des blocs beaucoup plus radioactifs que des roches normales mais dont la teneur en uranium est insuffisante pour que l'extraction soit rentable. Le GEP considère que ceux-ci peuvent présenter de grandes hétérogénéités. Il demande par conséquent une appréciation quantitative de l'efficacité de la couverture mise en place par AREVA et une évaluation de la pérennité de l'installation.
Le GEP s'est également penché sur le bassin versant du ruisseau Ritord où de nombreuses traces de radioactivité ont été détectées. Au cours de l'exploitation, ce bassin versant a été concerné par d'importants travaux miniers sous forme de mines à ciel ouvert et/ou de travaux miniers souterrains. À son sujet, le GEP estime que la source principale de radioactivité d'origine anthropique est la station de traitement des eaux de Fanay-Augères gérée par l'exploitant minier et qui traite les eaux d'exhaure des mines. Pour le GEP, le traitement actuel et les systèmes de mesures ne sont pas adaptés au niveau de radioactivité souhaité. Le GEP estime également que l'évaluation de l'impact et la surveillance menée actuellement par l'exploitant ne sont pas suffisantes.
Ces premières conclusions vont être présentées rapidement à la Commission Locale d'Information et de Surveillance (CLIS) mais il n'est pas prévu pour l'instant de les traduire directement sur le terrain. Les travaux du GEP doivent se poursuivre au moins sur l'année 2007 et se porter sur les nombreux autres sites miniers. En France, près de 200 sites miniers et huit usines ont été exploités permettant une production totale de 76.000 tonnes d'uranium.
F.LABY
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