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Agriculture : innover pour relever les défis de demain

L'agriculture est appelée à évoluer pour répondre aux défis de demain. L'INRA a présenté, à l'occasion du salon de l'agriculture, ses travaux techniques sur l'amélioration des performances environnementales des modes de production.

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Les nombreuses études publiées sur les défis de l'agriculture ne cessent de le répéter : il sera nécessaire de concilier, à long terme, croissance de la production agricole mondiale et réduction des impacts environnementaux de l'agriculture. Pour cela, des passerelles se créent entre recherche et agriculture, afin de développer des modes de production efficients.

L'Institut national de la recherche agronomique (INRA) a profité du salon de l'agriculture qui se déroule cette semaine à Paris pour établir un état des lieuxdes recherches menées par ses équipes sur l'amélioration des performances environnementales des exploitations agricoles. ''Les enjeux pour la recherche sont considérables'', note l'INRA. Il s'agit d'anticiper ''une évolution des systèmes agricoles dans le sens d'une meilleure maîtrise des pollutions et des dégradations des sols, d'une plus grande autonomie vis-à-vis des ressources non renouvelables (énergie, éléments fertilisants…) et des produits importés (aliments du bétail…), et de la construction d'une synergie entre la conservation et la valorisation de la biodiversité''. Et ce, à l'échelle de la parcelle, de l'exploitation, d'un territoire mais aussi du monde puisque les ressources agricoles font l'objet d'échanges internationaux croissants.

Après avoir analysé les travaux de douze groupes d'experts travaillant dans le secteur végétal (6 filières) ou animal (6 filières), l'INRA a identifié les principaux leviers d'action pour 4 dimensions : préservation des ressources rares (eau, énergie, sols…), réduction des rejets (azote, gaz à effets de serre, pesticides…), préservation de la biodiversité et des paysages.

Favoriser les partenariats et les changements radicaux de systèmes

Premier constat : près de la moitié des solutions inventoriées font déjà l'objet d'une utilisation sur le terrain ou sont opérationnelles. Et ce, grâce à une multiplication des partenariats entre chercheurs, instituts techniques et industrie (sélection et alimentation animale) et, ''de manière beaucoup moins fréquente, des associations environnementales''.

Avec un bémol : selon le système de production ou le contexte régional, une même solution peut avoir une efficacité environnementale variable et les solutions techniques les mieux adaptées pour la maîtrise d'un processus écologique donné peuvent être différentes.

Cette analyse a permis également de mettre en avant l'une des forces des recherches de l'INRA : un tiers des solutions ''s'attache à proposer de nouveaux systèmes intégrant des modifications parfois profondes de leur fonctionnement et associant des modifications de pratiques dans différents éléments du système, notamment dans le cadre du passage à l'agriculture biologique'', une proportion plus importante que dans le reste de la littérature technique, note l'institut. Dans son étude Ecophyto R&D publiée en janvier 2010, l'INRA précisait déjà que pour atteindre l'objectif du plan Ecophyto 2018 (réduire de 50 % l'usage des pesticides en dix ans) une révolution des pratiques serait nécessaire.

La limitation des rejets au cœur des priorités

''Que ce soit dans le secteur animal ou dans le secteur végétal, c'est la limitation des rejets et, à un degré moindre, l'optimisation des intrants, qui ont fait l'objet du plus grand nombre de propositions, vraisemblablement en raison de la forte demande politique, citoyenne et réglementaire sur ces thèmes'', note l'INRA.

Pour les filières animales, les pratiques d'alimentation et les systèmes d'élevages constituent des cibles prioritaires afin de limiter les rejets (54 %) et la consommation de ressources (26 %, dont plus de la moitié concernent les économies d'énergie). Par exemple, en élevage porcin, la maîtrise de l'alimentation permettrait de réduire de 40 % les rejets de phosphore. Chez les ruminants, l'enrichissement de la ration en lipides permettrait de réduire de 30 % les émissions de méthane entérique. Des réformes organisationnelles sont également envisagées : le retour au pastoralisme permet un maintien de la biodiversité ordinaire tout en réduisant le recours aux fourrages. Les travaux portent alors sur une optimisation du calendrier de pâturage.

Pour les filières végétales, la sélection végétale, visant à favoriser les variétés les plus résistantes aux maladies ou au stress hydrique, fait partie des principaux leviers d'action. Mais les solutions visant à une reconception des systèmes montent en puissance, estime l'INRA. Successions de cultures, conduite de vergers, associations de cultures… font l'objet de nombreuses recherches et applications. En revanche, la lutte biologique reste faiblement investie par la recherche pour l'instant.

Réactions2 réactions à cet article

 

Rien que des vieilles solutions: on continue à penser que les seules solutions sont l'artificialisation, la surenchère techno et - on croit rêver - "l'augmentation lipidique" !!!!
Rien sur la microbiologie des sols, rien sur le bien-être animal, rien sur un retour aux modes de culture "naturels" et respectueux de l'animal, du végétal et des paysans...
Pauvre INRA, toujours à coté de la plaque... vendue aux agro-businessmen.

Squale55 | 24 février 2011 à 10h02
 
 

La technique toujours la techniques !
Je note que personne ne semble s'interroger pour savoir si le consommateur restera longtemps aveugle au mode de production de la viande (oui c'est une industrie). Personnellement je ne mange plus de viande industrielle et je m'en porte très bien !
D'autre part on parle toujours de nourrir la planète, mais les agriculteurs semblent être les premiers à spéculer sur les matières premières. Contradiction ? non aveux ! on veux nourrir que ceux qui payent et cher svp !

aller, mangez bien, manger proche, bio et cuisinez !

chocard | 01 mars 2011 à 17h54
 
 

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