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Installation de récifs artificiels au large d'Etretat pour lutter contre l'appauvrissement des fonds marins

AMENAGEMENT - Actu-Environnement.com - 27/05/2008
 
À partir du 30 mai prochain, 450 m3 de modules de récifs artificiels vont être immergés au large d'Etretat. But de l'opération : proposer de nouveaux points d'ancrage et de nouveaux abris à la flore et à la faune marine locale.
 
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Module principal qui sera immergé au large d'Etretat
Confrontées à une baisse de la ressource halieutique et de la biodiversité le long de leur côte, certaines communes et collectivités se tournent vers l'implantation de récifs artificiels pour y remédier. Technique ancienne largement développée au Japon et aux Etats-Unis, le principe du récif artificiel consiste à immerger des structures au large des côtes pour que celles-ci servent de points d'ancrage et d'abris aux organismes marins locaux et permettent la reconstitution d'écosystèmes complets. Si les épaves sont un exemple de récifs artificiels, désormais la technique est très sophistiquée et intègre les besoins des espèces que l'on cherche à accueillir. Au Japon, il existe autant de type de récifs que d'espèces de poissons et de crustacés et chaque année le pays immerge 2 millions de m3 d'infrastructure.

En Europe, les récifs les plus importants ont été immergés au Portugal, en Espagne et en Italie avec plus de 100.000 m3 chacun. La France compte actuellement environ 50.000 m3 de récifs répartis le long de la côte méditerranéenne et quelques récifs isolés au large de la façade atlantique. Elle comptera bientôt 450 m3 de récifs artificiels supplémentaires pour la première fois au large des côtes normandes. En effet, le 30 mai prochain, des modules seront immergés au large d'Etretat et serviront de base d'étude scientifique avant d'être mis à disposition et gérés par les professionnels du littoral. Les modules déposés seront spécifiques aux conditions rencontrées au large d'Étretat (sédiments, courants…) et adaptés à la flore et à la faune locale. Les dimensions, l'architecture, les matériaux, les formes et la disposition des récifs jouent en effet un rôle important sur l'efficacité et la pérennité de l'aménagement. Comme la plupart des récifs utilisés, ces modules sont en béton armé, matériau stable, facile à fabriquer et à installer, avec des formes très variables et qui offre un bon potentiel de colonisation du fait de sa rugosité.
Afin d'observer l'impact des récifs, des études seront menées pendant cinq ans. Toute pêche sera par conséquent interdite sur la zone de mouillage pendant cette période. À terme, ces structures pourront être utilisées par les professionnels pratiquant la petite pêche ou la pêche côtière, hors chalutage, ainsi que par les pêcheurs plaisanciers. Si les études démontrent que les récifs remplissent leur fonction, il deviendra envisageable de généraliser le mouillage de structures sur les fonds marins afin que la filière halieutique puisse poursuivre son activité, explique La Chambre de Commerce et d'Industrie de Fécamp-Bolbec initiateur du projet.

La France poursuit également le développement des récifs artificiels sur la côte méditerranéenne puisqu'un projet de grande envergure est en cours à Marseille. Les diverses expérimentations réalisées en Méditerranée au cours des deux dernières décennies ont été considérées comme suffisamment concluantes et démonstratives pour que le projet marseillais adopte d'emblée un objectif qualitatif et quantitatif très ambitieux, qui en fait le projet le plus important au niveau national. Objectif de base : 30.000 m3 de récifs à immerger à 30 mètres de profondeur avant l'été 2008. 220 hectares de fond vont ainsi accueillir trois types de modules différents afin de repeupler la zone qui sera pour moitié réservée au suivi scientifique. L'autre moitié sera gérée par les pêcheurs. La ville de Marseille espère obtenir les mêmes résultats que les tests effectués à quelques kilomètres. Dans les récifs de Cap Couronne immergés en 1997 sur la Côte Bleue, la biomasse des poissons a été multipliée par 11 moins de 2 ans après leur mise en place. Elle a encore pratiquement doublé entre 1998 et 2001 puis entre 2001 et 2004. Au final, la biomasse est passée de 2 kg à 100 kg en l'espace de 9 ans sur un récif de 150 m3 !

F.ROUSSEL

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Réactions à cet article
Objectif ??
pas béte
L'homme un modele de nature?
 9 réponses

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