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Réparation : bientôt une filière de pièces détachées d'occasion pour le gros électroménager ?

Une étude, commandée par l'Ademe, estime que la création d'une filière de pièces détachées de seconde main est financièrement viable si elle s'appuie sur le réseau existant Envie. Mais des verrous restent à lever avant son lancement opérationnel.

Déchets  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com
Environnement & Technique N°354 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°354
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Avec la crise et la prise de conscience des enjeux environnementaux, les Français sont de plus en plus sensibles au réemploi et à la réparation. Après les magasins de seconde main, les ressourceries, ce sont les repair cafés qui prolifèrent sur le territoire, pour prolonger la vie des objets et lutter contre l'obsolescence programmée. Preuve que ce phénomène est appelé à durer, l'Ademe et le Groupement interprofessionnel des fabricants d'appareils d'équipement ménager (Gifam) ont commandé une étude sur la viabilité économique d'une filière de pièces détachées d'occasion pour le gros électroménager. "Le business plan réalisé sur trois ans montre que la filière est rentable et demande un investissement et un besoin en fond de roulement limités", du moment qu'elle s'appuie sur un réseau existant, conclut l'étude réalisée par RDC Environment et KPMG.

 
Des rapports attendus sur l'obsolescence programmée La loi consommation de mars 2014 prévoyait la présentation au Parlement, dans un délai d'un an, de deux rapports. Mais ceux-ci n'ont toujours pas été rendus publics, dénonce l'association Halte à l'obsolescence programmée (HOP). Le premier porte sur les possibilités d'une modulation de l'éco-participation en fonction de la durée de la garantie commerciale des produits, de la disponibilité des pièces détachées et du prix raisonnable de ces dernières. Le deuxième sur l'obsolescence programmée, sa définition juridique et ses enjeux économiques.
Depuis, une définition de l'obsolescence programmée a néanmoins été adoptée dans le cadre de la loi relative à la transition énergétique. C'est "l'ensemble des techniques par lesquelles un metteur sur le marché vise à réduire délibérément la durée de vie d'un produit pour en augmenter le taux de remplacement".
 
Celle-ci se penche également sur les étapes à passer avant le lancement d'une telle filière. Trois ateliers du réseau Envie, spécialiste de la réparation et du réemploi de l'électroménager, sont d'ores et déjà candidats pour la rendre opérationnelle : Strasbourg (67), Reims (51) et 2ENord (Lesquin, 59). Ces centres sont "spécialisés dans le test des appareils, ont une expérience dans le stockage et le référencement, et disposent des infrastructures nécessaires pour la création de la filière sans besoin d'investissement majeur", souligne l'étude.

Mais il faut d'abord, clarifier le statut de déchet des pièces détachées, les responsabilités de chaque acteur (recycleurs, éco-organismes, dépanneurs, clients) et les relations contractuelles entre ces acteurs. Les process devront aussi être affinés, ainsi que les investissements nécessaires et les qualifications requises pour le personnel participant. Cela pourra se faire à travers un projet pilote de deux mois, estime l'étude.

Les conditions de réussite de la filière

L'étude se base sur l'hypothèse que la filière est développée par des structures existantes du réseau Envie. "Il n'y a donc pas de coûts de structure ou d'immobilier, ce qui réduit considérablement la prise de risque et laisse la possibilité de moduler la mise en route avec les centres Envie", expliquent ses auteurs. Le recours à ce réseau, qui fait appel à des emplois d'insertion, permet aussi de bénéficier d'aides à l'emploi, à l'insertion et/ou des subventions.

Mais pour être rentable, cette filière de seconde main devra pratiquer des prix moitié moins chers que ceux des pièces détachées neuves. "Si les prix de vente des pièces neuves venaient à baisser significativement, la viabilité de la filière serait remise en question", juge l'étude. D'ici 2017, cette filière atteindrait 13.000 pièces vendues, soit un taux de pénétration du marché de 20%.

Les trois ateliers Envie seraient en charge des opérations de démontage, tests, stockage, référencements et expédition des pièces démontées. Pour être pérenne, la filière devra cibler au mieux les pièces les plus demandées et s'appuyer sur une diversité des gisements.

"La mise en vente serait réalisée à travers la plateforme Agora (plateforme déjà fonctionnelle pour la vente de pièces détachées neuves aux dépanneurs professionnels), [avec une] possibilité d'étendre la vente vers les particuliers [à partir de 2018] à travers la mise en place d'une e-boutique". Une fois le marché créé, au bout de deux ans, "les dépanneurs peuvent s'accoler au système en place et revendre des pièces détachées via les mêmes canaux".

La politique de prix reste à définir, idem pour les conditions de garantie (période couverte / niveau de prise en charge / partage de la garantie…). La filière devra également éviter que "des appareils soient démontés pour pièces plutôt que réparés". Pour prévenir cet écueil, "une séparation claire sur site des appareils susceptibles d'être réemployés « entiers » est donc requise".

Réactions2 réactions à cet article

 

Quand donc une loi interdira-t-elle l'obsolescence programmée, ce qui évidemment créera encore plus de chômage du moins pour ce qui est encore fabriqué en France ?

Evidemment çà peut nuire aux salaires des cadres supérieurs et aux gros actionnaires

Sagecol | 09 novembre 2015 à 10h34
 
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C'est justement l'une des contradictions majeures de notre monde. Le premier critère de bonne gouvernance étant la croissance à tout prix, mesurée sur des indicateurs de consommation, le pays le plus vertueux en matière de sobriété et recyclage aura toujours la plus mauvaise note !

philippeb81 | 09 novembre 2015 à 13h57
 
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