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Cigéo : l'Andra propose une phase industrielle pilote avant l'enfouissement des déchets radioactifs

L'Andra propose de mettre en œuvre une "phase industrielle pilote" de 5 à 10 ans. L'Agence décale par ailleurs de quelques années le calendrier du projet d'enfouissement des déchets radioactifs français à Bure (Meuse).

Gestion des risques  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com

Ce mardi 6 mai, l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) a annoncé sa décision de retarder le calendrier prévisionnel de son projet de Centre industriel de stockage géologique (Cigéo) de déchets nucléaires de haute et moyenne activité à vie longue, dont la création est prévue à Bure (Meuse). Elle entend intégrer, au démarrage de l'exploitation du stockage en 2025, une "phase industrielle pilote", qui durerait "de 5 à 10 ans" avant l'exploitation courante.

"Cette phase industrielle pilote permettra de tester, en conditions réelles, l'ensemble des fonctionnalités du stockage : mesures et dispositions techniques prises pour maîtriser les risques d'exploitation, capacité à retirer des colis de déchets stockés, moyens et capteurs permettant la surveillance du stockage, techniques de scellement des alvéoles et des galeries", explique l'Andra. L'objectif étant de rendre le projet plus progressif et plus flexible. A l'issue de cette phase pilote, la société devra choisir entre la poursuite ou l'abandon de l'enfouissement des déchets.

Début des travaux en 2015 et 2020

Le calendrier initial, prévu par la loi de programme de 2006 relative à la gestion durable des matières et déchets radioactifs, prévoyait que la demande d'autorisation soit instruite par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) en 2015, pour une mise en exploitation du site à partir de 2025. L'Andra prévoit désormais une demande d'autorisation en deux temps, en 2015 et 2017, et espère une autorisation "à l'horizon 2020".

En 2015, l'Andra remettra à l'Etat un plan directeur pour l'exploitation du stockage "élaboré en concertation avec les parties prenantes". Parallèlement, l'Agence déposera un dossier d'options sûreté et un dossier d'options techniques de récupérabilité auprès de l'ASN. Fin 2017, l'Andra finalisera la demande d'autorisation de création en vue de l'obtention du décret d'autorisation de création.

Si ce calendrier est respecté, l'aménagement des environs du site de l'Andra à Bure pourrait débuter en 2015 et la construction du centre de stockage sous-terrain démarrerait en 2020.

La délibération du conseil d'administration de l'Andra, détaillant les suites que l'Agence souhaite donner au débat public, sera publiée au Journal officiel d'ici quelques jours.

Pour le Réseau Sortir du nucléaire, "l'Andra propose de mettre en œuvre le projet Cigéo… par petits bouts : calendrier décalé, demande d'autorisation en deux temps et surtout, intégration d'une « phase industrielle pilote »". Cela permet de "ne pas perdre la face suite aux nombreuses critiques exprimées pendant le temps du débat" et de "détourner l'attention des graves problèmes mis en exergue", estime-t-il.

Un délai réclamé de toutes parts

En décalant de 5 à 10 ans son projet, l'Andra tient compte de certaines remarques exprimées lors du débat public tenu du 15 mai au 15 décembre 2013. "Il n'y a pas réellement d'urgence à décider du projet", avaient estimé en janvier un panel de 17 citoyens rassemblés pour compléter un débat public tronqué.

En février, lors de la présentation des conclusions du débat, Christian Leyrit, président de la Commission nationale du débat public (CNDP), avait pour sa part estimé nécessaire la mise en place d'une "étape significative" de "stockage pilote", préalablement à l'enfouissement des déchets radioactifs.

Enfin, en avril, l'Autorité de sûreté avait, elle aussi, jugé que le calendrier prévisionnel de l'Andra n'était pas tenable. "Le dossier ne nous paraît pas dans un stade suffisamment avancé du fait des incertitudes techniques", avait indiqué Michel Bourguignon, commissaire de l'ASN.

Réactions7 réactions à cet article

 

Je ne sais pas si vous le remarquez mais il n'est nulle part question d'une AUTRE possibilite de stockage. Parce que en admettant que cette phase pilote ne rassure pas assez et qu'on décide de renoncer ON FAIT QUOI APRES?? On repart pour des dizaines d'années de polémiques, d'opposition frontale. Je remarque la position de "Sortir du Nucléaire" qui ne veut pas accepter une solution (au stockage des déchets).
Il reste a voir si le stockage pilote sera souterrain ou en surface. On a déjà du en construire un (ICEDA) en attendant d'avoir un consensus sur le stockage définitif.
Il faut souligner toujours que les possibilités techniques sont trés peu nombreuses ce sera nécessairement souterrain (sinon c'est irresponsable: il s'agit de dizaines de siècles, pas de dizaines d'années). Beaucoup s'imaginent que plus tard, avec une technique a mettre au point on pourrait faire disparaitre la radioactivité. On SAIT déjà que 'est possible pour une petite partie (Actinides).On sait aussi que ce sera impossible pour le reste. Mais il restera encore beaucoup de déchets.
Il nous faudra aussi consommer notre Plutonium juste pour s'en débarasser: c'est le seul déchet qui soit valorisable. Comme il est trés dangereux il ne faut surtout pas le stocker avec les (vrais) déchets.

ami9327 | 06 mai 2014 à 21h06
 
 

Notez que enfouir nos déchets ne règle pas le problème qu'ils soulèvent. Psychologiquement, l'horreur générale que génèrent les déchets nucléaires est telle que nous préférons ne pas la voir... C'est l'unique raison pour laquelle nous cachons ces déchets là, nous ne souhaitons pas les avoir devant notre porte !

Zugzwang | 07 mai 2014 à 14h26
 
 

Et si on les mettait dans les profondeurs marines Ami9327 comme les plastiques, ni vu ni connu,(les animaux qui y vivent sont déjà fluorescents on verra pas la différence) le temps qu'ils remontent on sera mort!

lio | 07 mai 2014 à 16h37
 
 

Rassurez vous Lio ça été pratiqué jusqu'au début des années 90, de façon tout à fait légale, au delà le sale boulot était confié à des systèmes mafieux qui prenaient soins d'assurer épave et cargaison avant de les couler.
On pourrait aussi parler du budget consacré à ce centre d'enfouissement, initialement de 20 milliards d'euros, passé à 30, probablement au delà si il y a encore des incertitudes. Le contribuable va payer encore longtemps une stratégie absurde, de faire croire à une électricité d'origine nucléaire compétitive.

JFK | 07 mai 2014 à 17h07
 
 

@ lio je sais bien pourquoi vous parlez des profondeurs marines!
(je sais que ma solution pour ne plus avoir de plastiques qui dérivent dans l'eau ne vous convenait pas...)
Nous nous sommes interdit la solution des profondeurs marines. Cette solution ayant été rejetée (un peu vite?) il ne reste plus que le stockage a terre...Il n'y a pas "36 solutions". Certaines personnes s'imaginent que les produits pourraient remonter et polluer la surface au bout d'un délai "plus ou moins" long. Il est clair que si c'est sous quelques centaines de mètres d'eau cela sera possible. Je sais que beaucoup ont en mémoire des reportages ou on voit d'abord basculer des futs en mer par des ouvriers (radioactivité du fut??) et d'autres images sous-marines de futs rouillés et vidés: il est clair que ce n'était pas des colis blindé. Seulement il faut savoir qu'il existe PARTOUT dans l'océan une profondeur limite qui sépare l'eau qui circule de haut en bas d'une autre couche d'eau immobile qui JAMAIS ne se mélange a celle du dessus. Il existe donc des fosses trés profondes dans lesquelles on serait assuré 1° que jamais le contenu ne puisse revenir a la surface, 2°en choisissant certaines fosses on peut obtenir que les colis soient progressivement engloutis dans le manteau terrestre. 3° on peut aussi s'assurer avant qu'il n'y ait pas de vies sous-marine a cet endroit.

ami9327 | 07 mai 2014 à 23h50
 
 

Entre les opposants primaires qui ont empêché tout débat serein et les politiques qui ne veulent surtout pas prendre de décision engageante pendant leur mandat, c'est pas demain la veille qu'on verra un colis de R7T7 à Bure !
Quant aux délires du stockage en sous-marin profond, il faut arrêter : d'abord, il y a des poissons jusqu'à 11000 mètres de profondeur, regarder le film de Piccard de 57, et ensuite, c'est tout simplement interdit par les conventions internationales, suite aux débordements incontrôlés des années 50 et 60 ! Le stockage en formation géologique profonde reste LA solution pragmatique, il faut arrêter de psychoter !

dmg | 08 mai 2014 à 12h23
 
 

Et pourquoi pas sur la lune ou dans l'espace ?

PopaYannn | 12 mai 2014 à 08h29
 
 

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