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Le changement climatique menace les ressources en eau douce des îles

L'impact du changement climatique sur les ressources en eau douce des Etats insulaires du Pacifique est à la fois quantitatif et qualitatif, estime le Pnue. Les solutions résident dans l'efficience des usages et le développement des ressources.

Eau  |    |  Actu-Environnement.com

Les pays insulaires ne sont pas seulement menacés par une montée des eaux liée au changement climatique… Ce dernier "va exacerber les tensions liées à l'eau douce dans les îles du Pacifique, en particulier les petites îles qui dépendent des pluies saisonnières pour leurs besoins en eau douce", souligne un rapport publié le 23 avril par le programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE). La baisse des précipitations ou au contraire leur augmentation menacent les ressources en eau douce de ces petits territoires. Si le rapport se penche spécifiquement sur les îles du Pacifique, le phénomène touche la plupart des Etats insulaires.

Pénurie pour les unes, salinisation et pollution pour les autres

"Les ressources en eau des pays insulaires du Pacifique constituent des extrêmes mondiaux, avec une disponibilité annuelle d'eau en Papouasie-Nouvelle-Guinée proche de 120.000 m3 par personne, alors que Tuvalu et Nauru ne possèdent pas de ressources en eau douce connues et dépendent entièrement de l'eau de pluie et du dessalement", indique le rapport. Les îles basses, du fait de leurs faibles ressources, sont donc particulièrement vulnérables à la variabilité des précipitations et à la sécheresse. "Pour les populations des îles qui n'ont pas d'eau de surface ou de ressources en eaux souterraines importantes, cette variabilité de la seule source naturelle représente une menace importante pour leur avenir".

Les grandes îles volcaniques, qui possèdent des ressources en eau continentale souterraines et de surface, font face quant à elles à une problématique qualitative. Tout d'abord, ces îles sont menacées par une augmentation des précipitations et donc des inondations et du ruissellement. Des phénomènes qui entraînent des intrusions d'eau salée dans les réserves d'eau douce. A cette salinisation croissante des ressources en eau douce, se conjuguent les multiples pressions liées à une démographie croissante, au développement de l'hydroélectricité, des activités extractives, du tourisme... Pollution des eaux, nouveaux usages, mauvaise gestion des eaux usées sont ainsi pointés du doigt. Résultat : "L'approvisionnement en eau et les services d'assainissement dans de nombreux pays du Pacifique se situent actuellement bien en deçà des objectifs du Millénaire pour le développement. Selon le rapport, l'accès à l'eau potable dans les îles Fidji et en Papouasie-Nouvelle-Guinée (40 % et 47 %, respectivement) représente environ la moitié de la moyenne mondiale et les deux pays devraient être bien loin de l'objectif en matière d'accès à l'eau potable d'ici à 2015", souligne le Pnue.

Pas de solution unique

Pour répondre à la demande croissante, les îles augmentent leurs capacités de stockage et certaines d'entre elles utilisent le dessalement. Mais cette technique présente des coûts d'exploitation élevés et est affectée par l'approvisionnement en électricité et les cours du pétrole. Des ressources alternatives peuvent également être recherchées (nouvelles nappes souterraines…).

Il n'y a pas de solution unique, analyse le Pnue, mais de nombreux freins. "Les défis auxquels fait face la région en termes de ressources en eau douce sont immenses. Beaucoup de ces îles disposent de ressources limitées en eau, sans parler des ressources humaines, financières et de gestion. Il est impératif que nous puissions améliorer l'efficience en matière d'utilisation de l'eau pour répondre aux besoins humains fondamentaux et soutenir le développement durable", a déclaré le Dr Park Young-Woo, directeur du Bureau régional du PNUE pour l'Asie et le Pacifique. Les îles les plus vulnérables sont généralement celles où la productivité par unité de précipitations est la plus élevée, à l'instar de Funafuti et Nauru. Dans les grandes îles notamment, cette productivité est faible. De larges marges de progrès existent.

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