Actu-Environnement
 
 

Les exercices d'urgence font ressortir un décalage en cas de cumul des risques nucléaire et naturel

C'est l'un des points importants qui ressort du retour d'expérience des exercices d'urgence nucléaire et radiologique menés en 2012. Une récente circulaire en fait état et planifie les exercices à venir sur 2013.

Gestion des risques  |    |  Actu-Environnement.com

Une circulaire interministérielle en date du 13 décembre 2012 présente le retour d'expérience des exercices d'urgence nucléaire et radiologique menés l'année dernière et fixe le calendrier et les objectifs de ceux prévus pour 2013. Elle est accompagnée d'un Guide pour la préparation et l'évaluation de ces exercices.

Ces exercices ont pour objectif de tester les dispositifs prévus pour faire face aux situations d'urgence radiologique, "qu'elles soient d'origine accidentelle ou terroriste".

Renforcer l'association du niveau national aux exercices nucléaires

Le retour d'expérience porte sur plusieurs points. En premier lieu, concernant la synergie risque naturel/risque nucléaire, l'exercice du CEA de Cadarache début 2012 a montré "un décalage entre les modèles de gestion des crises nucléaires et ceux utilisés pour la gestion des autres risques majeurs" (la situation d'urgence était initiée ici par un séisme). Ce qui ne manque pas de poser question au regard du scénario de l'accident de Fukushima. D'autant que peu d'exercices se sont déroulés en conditions météorologiques réelles. Quelles sont donc les préconisations des signataires du document ? "Associer progressivement le niveau zonal et renforcer l'association du niveau national aux exercices nucléaires."

En matière de préparation des exercices, la circulaire demande à ce que soient fixés des critères quantitatifs afin de mesurer le bon déroulement de l'exercice et son niveau de réussite. De même qu'un meilleur cadrage et une prévision des éléments testés "afin que tous les acteurs aient le même niveau d'information".

En ce qui concerne la protection des populations, les exercices de mise à l'abri menés en 2011 et 2012 ont montré la nécessité "d'une parfaite coordination entre le bouclage et la mise à l'abri". De même que la nécessité de rappeler aux populations les consignes accompagnant le déclenchement des sirènes. "La question de l'éloignement du personnel du site non nécessaire à la gestion de crise s'est posée", souligne également la circulaire, d'où l'importance de la coordination des actions entre le site concerné et la préfecture.

Les résultats "encourageants" obtenus en 2011 en ce qui concerne les moyens de mesure de la radioactivité dans l'environnement "se sont confirmés en 2012". La restitution et l'accompagnement des résultats de mesures mis à disposition des décideurs restent toutefois "à améliorer sur l'ensemble des exercices", indique la circulaire.

Liaison insuffisante entre les maires et le directeur des opérations de secours

Concernant l'organisation des postes de commandement, l'analyse des exercices "conforte la nécessité de préserver, au moins dans la phase réflexe, les méthodes classiques de gestion de crise reposant sur une information directe des préfectures sièges du COD, par les services d'urgence et les forces de l'ordre". La liaison entre les maires, ou leur poste de commandement communal, et le directeur des opérations de secours s'est révélée "insuffisante". Différentes configurations permettant d'y remédier doivent par conséquent être testées.

En matière de relations entre les secours internes et externes, "l'appel des secours a été parfois tardif et n'a pas permis le déploiement de la manœuvre conformément au scénario". Cette action commune "mérite d'être testée ponctuellement", indique laconiquement la circulaire.

Enfin, concernant la gestion de l'après-accident, plusieurs éléments de la doctrine post-accidentelle validée en 2012 ont été testés lors des exercices. Conclusions : "la mise en œuvre des principales actions de cette doctrine mérite d'être testée plus largement" et "le format des exercices ayant un volet post-accidentel doit être adapté (exercices sur plusieurs jours, saut temporel…)".

Douze exercices planifiés sur 2013

Pour 2013, quels sont les objectifs que se donne l'Etat ? Plusieurs éléments vont être testés : exercice de sûreté avec un initiateur malveillant, éléments de doctrine post-accidentelle, articulation entre les différents niveaux (national, zonal, départemental et communal), relations internationales, prise en charge de la population et du personnel contaminés, protection des populations, articulation entre PPI et autres dispositions Orsec, interfaces secours internes/externes, perte des moyens de communication, exercice sur une longue durée, exercice ayant comme initiateur un événement naturel.

La circulaire précise la date et le lieu des douze exercices planifiés sur 2013. Ils seront menés à la base navale de Toulon, à l'Institut Laue-Langevin de Grenoble, dans les centrales de Nogent, Saint-Laurent, Cattenom, Golfech et Fessenheim, à la base aérienne de Saint-Dizier, ainsi que sur les sites d'Areva à Pierrelatte et de Cisbio à Saclay. Deux exercices portant sur le transport de matières radioactives auront également lieu : l'un civil dans le Calvados et l'autre relevant de la Défense sans précision de lieu. Le document liste également les sites qui feront l'objet d'un exercice en 2014 : Bugey, Valduc, Belleville, La Hague, Istres, Chooz, Brest, Ile Longue, Tricastin, Marcoule, complétés là aussi par deux exercices portant sur le transport de matières radioactives.

RéactionsAucune réaction à cet article

 

Réagissez à cet article

1500 caractères maximum
[ Tous les champs sont obligatoires ]