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© France 3
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Depuis cette nuit, minuit, la France a pris les rênes de l'Union européenne conformément au principe de présidence tournante. Elle prend plus précisément la tête du Conseil européen qui regroupe les dirigeants des 27 Etat membres. Le Président de la République française Nicolas Sarkozy aura donc la lourde tâche de représenter l'Union européenne à l'internationale mais également de faire avancer les réflexions entre les 27 Etats membres sur de nombreux dossiers, notamment environnementaux.
Lors d'un entretien télévisé hier sur France 3, le Président a notamment évoqué le paquet climat/énergie qu'il a qualifié de
dossier le plus difficile de ma présidence. La Présidence Française de l'Union Européenne (PFUE) intervient à la veille des négociations internationales sur l'après Kyoto. Poznan en décembre 2008 puis Copenhague en décembre 2009 devraient déterminer l'avenir de cet accord international sur le climat. L'adoption du Paquet énergie climat par les 27 devient donc une priorité et les négociations devraient aboutir à une adoption du texte au printemps 2009. Mais les différents calendriers internationaux et nationaux imposent qu'un accord soit trouvé au plus vite afin de pouvoir respecter cette échéance. Convaincu qu'
il faut agir tout de suite et que l'Europe doit montrer l'exemple, le Président espère donc dans les six prochains mois
convaincre les 26 partenaires de ne pas rouvrir le paquet et de l'adopter en l'état.
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Mon travail c'est d'amener tout le monde à se mettre d'accord sur les objectifs - Nicolas Sarkozy
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Le Paquet énergie climat contient le fameux 3 x 20 : augmenter de 20 % l'efficacité énergétique, réduire de 20 % les émissions de GES, voire de 30 % en cas d'accord international et atteindre une proportion de 20 % d'énergies renouvelables dans la consommation énergétique totale de l'UE (actuellement à 8,5%) à l'horizon 2020.
Mon travail c'est d'amener tout le monde à se mettre d'accord sur les objectifs (de chaque pays), a expliquer le Président français. Mais les négociations risquent d'être difficiles notamment avec les pays d'Europe de l'Est qui veulent préserver leur croissance et craignent des objectifs trop contraignants.
Il va falloir faire des trésors de diplomatie, prévient le Président.
Au cours de son intervention, Nicolas Sarkozy a également évoqué l'instauration d'une TVA à 5,5% pour les produits écologiques et d'une taxe carbone qui pénaliserait financièrement les importations de pays ne respectant pas le protocole de Kyoto.
Ce mécanisme d'ajustement à la frontière (permettrait de) rééquilibrer la concurrence, a-t-il expliqué. Mais cette mesure se heurte encore à de fortes réticences de certains Etats membres, dont la Grande-Bretagne.
D'autres sujets sont également au programme de la PFUE. Parmi les priorités, la prévention des pollutions et des risques, un livre vert sur la déforestation, la biodiversité, le paquet consommation et production durables… Toutes les associations de protection de l'environnement semblent être d'accord pour dire que cette présidence est cruciale :
rares sont les présidences de l'UE qui ont revêtu une telle importance d'un point de vue environnemental, estime Greenpeace. Elles entendent donc mettre la pression pour que les compromis qui vont se décider à cette occasion soient les plus ambitieux possibles. Greenpeace demande ainsi que la France mette l'Europe sur la voie des économies d'énergie, en la poussant à se doter d'une réglementation juridiquement contraignante. Le WWF demande de son côté à Nicolas Sarkozy d'engager l'Europe à réduire ses émissions de 30% en 2020, sur son territoire, et de mobiliser l'équivalent financier de 15% de réductions supplémentaires pour aider les pays en développement.
La France a donc six mois pour convaincre et surtout agir. Elle attaquera dans le vif du sujet les 3 et 4 juillet prochain à l'occasion des conseils informels des ministres européens de l'environnement puis de l'énergie.
F.ROUSSEL
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