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Économies d'eau : ce que propose le plan d'adaptation au changement climatique

Plus que jamais d'actualité, la question de la ressource en eau fait partie des domaines prioritaires identifiés dans le projet de PNACC. Économies de 20 % d'ici 2020, retenues d'eau, réemploi des eaux grises font partie des mesures envisagées.

Eau  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

La sécheresse que connaît la France depuis plusieurs mois commence à poser des problèmes pour la production agricole et inquiète pour la production électrique estivale. La question de la ressource en eau est justement l'une des 19 priorités qu'identifie le projet de Plan national d'adaptation au changement climatique (PNACC) 2011-2015, qui a été remis au ministère de l'Ecologie le 14 juin, selon le Réseau action climat qui en a publié une copie sur son site Internet.

''La sécheresse connue au printemps 2011 pourrait préfigurer des évènements futurs. Les impacts du changement climatique sur la ressource en eau seront multiples, tant sur l'offre (quantité et qualité) que sur la demande. Les projections des scientifiques indiquent une baisse des écoulements de surface sur la quasi-totalité des bassins versants'', note le document. Baisse de la quantité et de la qualité de l'eau douce, renchérissement des coûts de production de l'eau potable, impact sur l'agriculture (48 % de la consommation totale d'eau en France), impact sur la production d'énergie (refroidissement des centrales et production hydroélectrique) sont identifiés comme les principaux risques.

Économiser 20 % d'eau d'ici 2020 ?

À l'occasion de la Commission de suivi hydrologique, aussi appelée Comité sécheresse, le 16 mai dernier, la ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet a affirmé qu'elle souhaitait faire de l'objectif de 20 % d'économie d'eau en 2020 l'une des priorités du PNACC.

 
Un plan à plus de 350 M€ Après une phase de concertation menée en 2010 (11003), le PNACC devrait être publié courant juin. Il ''a vocation à planifier les actions d'adaptation, à prévenir la mal-adaptation et à assurer la cohérence des mesures des politiques publiques par rapport à l'adaptation'', explique le document.
Dix-neuf domaines ont été identifiés à partir de la stratégie nationale d'adaptation. Quatre-vingt-dix actions sont déclinées en 247 mesures. ''La grande majorité des actions seront engagées en 2011, voire en 2012'', note le document qui estime à plus de ''350 millions d'euros, hors frais de personnel des agents d'Etat'' (dont 251 M€ seraient déjà financés) le coût de ce plan.
Certaines mesures ont été identifiées comme prioritaires : la mesure de promotion des économies d'eau dans tous les secteurs, l'adaptation de la filière conchylicole française, la création d'un groupe de veille ''santé-climat'' au sein du Haut Conseil de la santé publique, la mesure de révision de la cartographie des zones potentiellement sensibles aux incendies de forêt afin d'étendre la zone de vigilance, l'intégration du changement climatique dans les Orientations régionales forestières ou encore le renforcement des exigences en matière de confort d'été dans les bâtiments.
 
Pourtant, selon le document publié par le RAC, cette action ferait encore l'objet d'un arbitrage interministériel. Elle est néanmoins déclinée en mesures concrètes. Cet objectif s'appliquerait ''à la consommation annuelle d'eau calculée en moyenne sur la période 2005-2010, tous usages confondus, et doit être atteint pour la consommation annuelle d'eau calculée en moyenne sur la période 2015-2020'', précise le document.

Pour parvenir à ces 20 %, il s'agirait de faire à la fois la chasse au gaspi mais aussi d'utiliser des ressources encore peu ou pas utilisées. Les économies d'eau, la récupération de l'eau de pluie et la lutte contre les fuites dans les réseaux seraient encouragées, via notamment des aides financières.

La réutilisation des eaux usées traitées pour l'irrigation de cultures ou d'espaces verts pourrait être soutenue, mais elle doit être ''envisagée avec des précautions strictes et différents suivis aux niveaux environnemental, agronomique et sanitaire''. Un arrêté encadrant la réutilisation des eaux usées traitées dans l'irrigation des cultures et des espaces verts, attendu depuis près de vingt ans, a été publié le 1er septembre 2010.

Le PNACC souhaite également limiter l'imperméabilisation des sols et favoriser ainsi l'infiltration des eaux pluviales. Un décret ''taxe pluviale'' devrait être publié d'ici fin 2011, dont l'objectif est ''de permettre aux communes ou à leurs groupements d'instituer une taxe pour la gestion des eaux pluviales urbaines (Grenelle 2)''.

Agriculture : créer des retenues d'eau et adapter les modes de production

Autre priorité du PNACC : accompagner le développement d'activités et une occupation des sols compatibles avec les ressources en eau disponibles localement. Si concernant l'agriculture, le PNACC préconise un développement ''des filières économes en eau dans le secteur agricole'' à l'horizon 2011-2012, il souligne également ''certains facteurs d'inertie propres au secteur agricole. Changer un élément du système de production, par exemple la disponibilité en eau, peut avoir des conséquences sur l'ensemble des filières (amont et aval). Par ailleurs, la multiplicité et la diversité des acteurs à mobiliser est à elle seule un important facteur d'inertie, surtout en situation d'incertitude''.

Le plan préconise donc la construction de retenues d'eau. Avec une précision : ''le recours au stockage doit être conditionné à la mise en oeuvre d'un programme d'économies d'eau''. Déjà annoncé le 9 juin par Nicolas Sarkozy lors d'une visite en Poitou-Charente, le plan de création de retenues d'eau ne constitue pas une solution durable, estime France nature environnement (FNE). Solution coûteuse, insuffisante, ''le tout-stockage engagerait la politique agricole et environnementale de la France pour les 50 ans à venir'', estime l'association pour qui ''une réforme en profondeur des pratiques agricoles'' est nécessaire.

Production électrique : rénover les tours aérofrigérantes

Le PNACC aborde également la question des prélèvements et des consommations d'eau des centrales électriques. Il s'agit selon lui d'améliorer la performance des centrales existantes et à venir. Il présente un plan d'action de rénovation et suivi des tours aéroréfrigérantes (mesures de suivi des performances thermiques, maintenance et rénovation pour lutter contre l'entartrage, recherche de matériels plus performants et moins entartrants) qui devrait être piloté par EDF sur la période 2011-2019.

Le projet de PNACC préconise enfin d' ''améliorer notre connaissance des impacts du changement climatique sur les ressources en eau et des impacts de différents scénarios possibles d'adaptation''. Pour cela, il faut renforcerle système d'observation de la ressource disponible et de l'évolution de la demande en eau et mettre en place un système d'alerte. Une attention particulière devrait être portée aux ressources en eau souterraine.

Réactions4 réactions à cet article

 

le changement de cultures fourragères et notamment l'abandon du mais (monstrueux consommateur d'eau) pour passer à du fourrage et des prairies moins gourmands en eau me parait une priorité absolue

s | 17 juin 2011 à 17h40
 
 

Facile à dire remplacer le mais que proposent les ecolocrates comme ressource de remplacement aux agriculteurs ?Que va dire le gouffre de nos finances car il faudra en importer du mais au cours mondial ??
Commençons donc par multiplier les retenues collinaires petites et moyennes en outre c'est bon pour la faune sauvage dons fideles à tonton GRENELLE !!

PAPY VERTACO | 22 juin 2011 à 08h48
 
 

Il s'agit ici d'un Plan national, pavé de bonne intentions. Mais quand et comment des mesures seront-elles concrètement prises et réellement appliquées ?

Je rejoint "s" sur la culture du maïs mais pas forcément pour un abandon total, plutôt une forte diminution. Et pour répondre à Papy Vertaco, en remplacement il suffit que les agriculteurs français reviennent à nos produits de région, dont la culture est adaptée à la terre. Et ce n'est pas ce qui manque ! Un petit tour du côté des espèces oubliées serait sans doute très intéressant et enrichissant.
En ce qui concerne la création de retenue d'eau, je ne pense pas que ce soit une solution d'avenir. Commençons par arrêter de canaliser les cours d'eau et de détruire les zones humides. Il serait même bon d'en recréer des nouvelles car les zones humides apportent énormément de services dont nous manquons cruellement aujourd'hui : réservoir de biodiversité, écrêtement des crues, retenue d'eau facilitant l'infiltration dans les nappes souterraines ect....

Laetitia | 22 juin 2011 à 14h30
 
 

j'aimerai croire à toutes ses belles mesures mais chacun tire de son côté pour avoir le meilleur profit, les conséquences du manque d'eau seront dramatique pour les années à venir. Alors pourquoi la destruction de la centrale hydroélectrique de Vezins dans la manche qui fonctionne à merveille tous les jours, ainsi que la destruction de sa réserve d'eau de 20 millions de m3 qui sert à la population.(100 000 personnes) alors qui peut maintenant éviter ce massacre ? la destruction de ce très beau panorama et de ses 90 années de biodiversité commenceront fin 2012, début 2013. A bon entendeur

nanouleau | 20 juillet 2011 à 15h30
 
 

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