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Station d'épuration : la chasse aux micropolluants est lancée

A l'occasion de l'accroissement de sa capacité au printemps 2012, la station d'épuration des Bouillides à Sophia Antipolis (06) s'est dotée d'une extension capable d'éliminer certains micropolluants par ozonation. Une première en France.

Reportage vidéo  |  Eau  |    |  Actu-Environnement.com
Station d'épuration : la chasse aux micropolluants est lancée

Contrainte de s'agrandir pour atteindre une capacité de 50.000 EH, la station d'épuration des Bouillides à Sophia Antipolis a profité de l'occasion pour mettre en place un traitement des eaux usées par ozonation en remplacement d'une simple désinfection par chloration finale. L'ozonation, comme le charbon actif ou l'osmose inverse, fait partie des technologies capables d'éliminer les micropolluants comme les composés pharmaceutiques, les pesticides ou les produits cosmétiques.

41 substances dites prioritaires ou dangereuses prioritaires

 
Pas de garanties chiffrées Les micropolluants sont des substances organiques ou minérales toxiques dont l'accumulation impacte le milieu et les organismes. Ces substances, rejetées par différents secteurs d'activité, se retrouvent dans les eaux usées traitées par les stations d'épuration. Or, à ce jour, compte tenu de la difficultés d'éliminer ces micropolluants du fait de leur multiplicité, les Step n'ont aucune obligation de donner des garanties chiffrées de leur élimination en sortie.
 
Cette extension, prise en charge par Degrémont, est une première en France. Aucune usine française ne s'était encore équipée d'une filière conçue pour éliminer les micropolluants de l'eau. Sur le plan européen, seule la Suisse s'était positionnée en précurseur dans la prise en compte de cette problématique qui devient un enjeu de santé publique.

En s'y adaptant également, la France anticipe une réglementation qui sera sans doute contraignante. Déjà depuis 2009, la Directive-cadre Européenne sur l'Eau impose aux stations d'épuration de quantifier les micropolluants rejetés à la sortie. L'Europe a listé 41 substances dites prioritaires ou dangereuses prioritaires qui doivent être réduites ou éliminées du milieu d'ici 2015 et 2021 selon leur dangerosité. La mise à contribution des usines de traitement des eaux dans l'identification des micropolluants est un dispositif fondamental qui permettrait de les éliminer en amont au niveau industriel.

Réactions7 réactions à cet article

 

je peu travaille dans ce domaine par ce que je fait mon stage de fin des étude dans une station d épuration boue activé

mourad de retraitement des eaux | 06 décembre 2012 à 07h28
 
 

41 substances... L'effort est certes louable, mais ô combien inutile... Quid des autres substances qui se compte par dizaines de milliers, des difficultés d'analyses chimiques dues aux concentrations de l'ordre du nanogramme, des effets cocktails et j'en passe...?
Sans être un pessimiste dans l'âme, j'en viens à me questionner l'avenir de l'Homme dans un environnement dont il va perdre le contrôle (si il l'a déjà eu...).

Guig's | 06 décembre 2012 à 08h42
 
 

Bonjour,

Je suis au regret de vous annoncer que c'est loin d'être une première en France, il y a au moins une autre STEP qui est équipée d'ozoneur depuis 1998, elle se trouve dans l'Ariège et répond au nom d'ASLHVT. Le but premier était de traiter la couleur des effluents d'usines textiles, le but second était d'élminer les micropolluants.

JoLa | 06 décembre 2012 à 09h08
 
 

41 micropolluants identifiés (Pour combien de centaines d'autres ?) non traités et envoyés dans la nature ?
Il n'y a pas d'autres solutions que d'interdire la mise sur le marché donc l'utilisation des produits qui les génèrent.
Impossible ? Interdire les PCB des transformateurs était impossible...jusqu'au jour où ils ont été interdits et remplacés.
Le problème n'est pas de traiter la pollution des eaux usées polluantes. La solution est de rejeter des eaux qui ne contiennent pas de produits polluants qu'on ne sait pas traiter. Sait-on seulement les identifier dans leur totalité ? Sûrement pas. Régulièrement on nous parle de produits polluants non identifiés à ce jour. Pas des extraterrestre pourtant.

micocharly | 06 décembre 2012 à 11h29
 
 

@micocharly, pourquoi tant de pessimisme?
Vouloir supprimer les polluants à la source pour ne pas les retrouver dans l'eau, OK. Arrêterez-vous pour autant de prendre des médicaments? (qui circulent directement aux STEP via nos toilettes je rappelle!) sans parler de tous les autres produits qu'on peut utiliser quotidiennement...

Je noterais également que ces 41 substances sont jugées prioritaires et que, pour avoir travaillé dans le domaine, c'est une petite partie des substances régulièrement recherchées pour faire un état des lieux continue.

Réjouissons-nous de voir que, pour une fois, un effort a été fait pour améliorer la qualité de l'eau, sans qu'une loi l'impose et sans menaces d'amende en tout genre!

vivi | 06 décembre 2012 à 16h27
 
 

Ce qui est formidable c'est que le ministère de l'environnement avait précisé qu'il n'était pas question d'imposer un traitement des substances micro-polluantes mais de les réduire à la source. Et puis on voit les deux grands du traitement de l'eau se lancer sur le créneaux du traitement, le spectre de l'obligation de traitement par les STEP se précise.
Quel hasard!

Le nain Paul | 06 décembre 2012 à 18h32
 
 

Effectivement, depuis toujours , on englobe ces polluants ,nano ou pas, dans la D.C.O et la D.B.O5 , mais les micro-polluants toxiques ,par centaines, échappent aux S.T.E.P les plus performantes! Alors, on sait que les producteurs de ces médicaments ,ne seront pas favorables pour une réduction immédiate à la source, mais il s'agit de notre santé à tous et il faudra financer le Recherche et les Traitements pour arrêter cette menace invisible , comme l'amiante et les particules! On sait que les changements de sexe des poissions et l'appauvrissement de la fécondité masculine ne sont plus des secrets.
Il faut revoir nos STEP , incapable de filtrer et d'éliminer ces poisons§

arthur | 07 décembre 2012 à 13h12
 
 

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