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Stéphane Le Foll recentre le plan apiculture durable

Stéphane Le Foll a indiqué lors d'un point presse, que 72% des actions du plan de développement durable de l'apiculture ont été mises en œuvre. Pour la seconde période, il ciblera plus particulièrement quatre axes clefs.

Agriculture  |    |  Dorothée LapercheActu-Environnement.com

"Le premier plan [de développement durable de l'apiculture] a bien avancé dans le domaine de la recherche sur la biodiversité, nous avons posé les bases d'une structuration et d'une évolution de la profession", a résumé Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, lors d'une présentation du bilan du plan, lundi 18 janvier.

En 2013, afin de développer la filière apicole et réduire les mortalités d'abeilles en France, le ministre avait lancé cette initiative pour la période 2013-2015. Sur les 115 actions prévues, 77 seraient aujourd'hui complément finalisées, selon le ministère de l'Agriculture. La totalité serait engagée sauf huit qui ont été abandonnées pour des questions règlementaires.

Les trois axes les plus avancés (objectifs considérés comme atteint à 100%) concernent tout d'abord les actions de recherche sur les problèmes de santé des colonies d'abeille. Le second axe comprend "l'adoption sur proposition de la France de nouvelles méthodes d'évaluation des produits phytosanitaires au niveau européen et la mise en place d'un dispositif conciliant exigence de protection des abeilles et activité agricole en période de floraison".

Le dernier axe bien avancé, selon le ministère est la lutte contre le frelon asiatique. En décembre 2012, le frelon asiatique avait été classé en danger sanitaire de catégorie 2. Certains souhaitaient qu'il bascule en catégorie 1 notamment pour permettre à l'autorité administrative de définir des actions de surveillance et de prévention. Cette option ne semble  toutefois pas encore d'actualité. "Si nous le passons en niveau 1, il faudra que l'Etat sélectionne une méthode de lutte applicable partout or aujourd'hui nous n'avons pas de méthode solide ou de retour probant, a constaté Stéphane Le Foll. Je souhaite que nous restions au niveau 2 et que nous nous engagions dans un programme collectif comme pour le varroa et la loque américaine".

Les axes qu'ils restent encore à développer (objectifs atteints à moins de 50%) concernent de façon générale la connaissance et le développement de l'apiculture française mais également des actions comme la promotion du rôle des colonies d'abeilles comme indicateurs des atteintes à la biodiversité et à l'environnement.

Alors que le projet de loi biodiversité est examiné au Sénat, le ministre a par ailleurs affirmé son opposition à une interdiction des néonicotinoïdes. "Nous savons que les phytosanitaires et les néonicotinoïdes ont une responsabilité mais l'interdiction laisser penser que nous règlerions les problèmes apicoles, ce qui est faux, a considéré Stéphane Le Foll. Nous ne disposons pas aujourd'hui d'alternatives pour tout, le risque serait de revenir à une pratique d'épandage en pulvérisation foliaire qui serait plus problématique".

Le ministre de l'Agriculture s'est également positionné sur le dernier avis de l'Agence nationale de sécurité sanitaire des aliments, de l'environnement et du travail (Anses) sur les insecticides néonicotinoïdes. L'Agence préconisait notamment le renforcement des conditions d'utilisation pour tous les usages pour lesquels subsiste une incertitude importante et de ne pas semer de culture attractive pour les pollinisateurs à la suite d'une culture traitée par des néonicotinoïdes. "Sur le rapport de l'Anses, je ne prendrai pas de mesures d'applications immédiates, il faut que nous mettions en place un groupe de travail, a-t-il précisé.

7 millions par an pour 4 axes recentrés dès 2016

Comme l'avait annoncé Stéphane Le Foll en juin dernier, le plan de développement durable de l'apiculture se prolongera de deux ans, toujours sous la coordination de François Gerster, inspecteur général de la santé publique vétérinaire. Il sera doté d'un budget total de 13 millions d'euros par an. Quatre axes bénéficieront plus particulièrement de 7 millions par an et le reste sera dédié à des actions de plus long terme (stratégie apicole 2025). Le ministère a ainsi ciblé la recherche (par exemple l'étude de la cire pour suivre l'utilisation des phytosanitaires) et la limitation de l'exposition des abeilles aux facteurs de risque influençant la santé des colonies (mieux prendre en compte la diversité des expositions chimiques et notamment les substances d'usage vétérinaire).

Un troisième axe vise l'organisation de la production apicole. "Nous allons travailler sur la mention Abeille pour avoir des pratiques qui permettent aux abeilles de butiner sur des productions mellifères, a assuré Stéphane Le Foll. Nous allons nous engager pour trouver une bonne articulation entre les agriculteurs et les apiculteurs". Autre ambition du ministère de l'Agriculture : structurer la filière. "Les trois quart des reines présentent en France sont des reines importées, il faut que nous nous réorganisions pour faire des reines et des essaims, a souligné le ministre. Le 1er mars, il y aura une proposition d'une organisation de l'interprofession, je souhaite qu'elle débouche sur un accord". Le ministère souhaite également valoriser le miel produit en France en lien avec l'interprofession. "Nous importons aujourd'hui 30.000 tonnes de miel ou de substances qui s'y apparentent, a déplore le ministre. Nous souhaitons atteindre 20.000 tonnes produites en France d'ici 2025, pour une consommation de 40.000 tonnes"

Enfin le dernier axe concerne la formation des apiculteurs. Le ministère va développer un certificat pour contribuer à structurer la filière : le Certi Api. Sans caractère obligatoire, le document attestera de connaissances relatives aux règles sanitaires ainsi de compétences techniques. Son obtention permettra de bénéficier d'aides spécifiques par exemple lors de pertes de ruches ou de production mais également de proposer des prestations de service dans le secteur apicole (pollinisation). Selon Stéphane Le Foll, le certificat pourrait être effectif en 2017.

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