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Nucléaire : le réacteur n°2 de Bugey jugé apte à poursuivre jusqu'à quarante ans

Après avoir fait le bilan du troisième réexamen de sûreté de Bugey 2, l'autorité de sûreté nucléaire (ASN) estime que ce réacteur peut être exploité dix ans de plus, sous réserve qu'EDF applique certaines prescriptions.

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Après avoir effectué le bilan du troisième réexamen de sûreté du réacteur n°2 de la centrale nucléaire du Bugey (Ain), l'autorité de sûreté nucléaire (ASN) estime que ce réacteur est apte à être exploité pour une durée de dix années supplémentaires. Sous réserve de l'application des prescriptions fixant de nouvelles conditions d'exploitation issues du réexamen de sûreté et intégrant notamment les exigences applicables à des installations présentant des objectifs et des pratiques de sûreté plus récents, EDF pourra se voir accorder la poursuite d'exploitation du réacteur 2 de la centrale nucléaire du Bugey jusqu'à quarante ans. Cependant, indique l'ASN, "le retour d'expérience approfondi de l'accident de Fukushima Daiichi pourra prendre une dizaine d'années et pourra éventuellement la conduire à modifier ou compléter les premières prescriptions qu'elle a édictées".

La ministre de l'Ecologie, Delphine Batho, a pris acte de l'avis de l'ASN et rappelle dans un communiqué du 25 juillet que "cette poursuite de fonctionnement reste subordonnée au respect, par l'exploitant, des décisions que l'ASN prescrira en fin d'année afin d'intégrer les exigences de sûreté les plus récentes après ce réexamen, mais également des décisions prises par l'Autorité le 26 juin 2012 à l'issue des évaluations complémentaires de sûreté réalisées après l'accident de Fukushima à la demande du gouvernement".

Conformité : EDF doit améliorer les écarts de génie civil

"Le réexamen de sûreté du réacteur n°2 de la centrale nucléaire du Bugey a comporté deux phases, l'examen de conformité et la réévaluation de sûreté, ainsi que des examens particuliers portant notamment sur la maîtrise du vieillissement", indique l'ASN.

L'examen de conformité mené par l'exploitant visait à vérifier en profondeur l'état de l'installation et à prendre en compte le retour d'expérience de l'inondation de la centrale nucléaire du Blayais en 1999, le risque d'incendie, le génie civil, la tenue du tube transfert du combustible entre les bâtiments réacteur et combustible, les ancrages, le supportage des chemins de câbles, la ventilation, le séisme, l'opérabilité des matériels mobiles appelés dans les procédures de conduite incidentelle et accidentelle et le risque de criticité.

"L'ASN considère comme globalement satisfaisantes les dispositions prises par EDF à la suite de l'examen de conformité. Toutefois, l'ASN considère qu'EDF doit améliorer la gestion des écarts, principalement en matière de génie-civil, domaine pour lequel les défauts constatés à l'occasion du réexamen de sûreté du réacteur n°2 de la centrale nucléaire du Bugey devront être corrigés avant le 30 juin 2013".

Risques sismiques et inondations

Pour la réévaluation de sûreté, "l'ASN note que les modifications matérielles définies lors de la phase d'étude et destinées à élever le niveau de sûreté du réacteur ont en grande majorité été mises en œuvre pendant la troisième visite décennale (…), les autres devant être mises en place au cours des prochaines années. L'ASN a fixé à l'exploitant des délais pour l'achèvement de chacun des travaux". Quant aux suites de l'analyse du rapport de l'évaluation complémentaire de sûreté menée à la suite de Fukushima, "l'ASN a considéré dans son avis du 3 janvier 2012 que la centrale nucléaire du Bugey présente un niveau de sûreté suffisant pour qu'elle n'en demande pas l'arrêt immédiat". Cependant, elle juge nécessaire d'augmenter la robustesse de la centrale face à des situations extrêmes.

Outre la mise en place d'un noyau dur (protection des éléments essentiels en cas de crise) et des prescriptions sur la piscine de stockage du combustible (notamment sur le risque de vidange accidentelle), EDF devra réaliser, avant le 31 décembre 2014, des travaux permettant de protéger les installations contre l'inondation (rehaussement de la protection volumétrique…). La centrale se situe à quelques kilomètres du Rhône et de son confluent l'Ain et en aval de plusieurs barrages, notamment celui du Vouglans.

L'exploitant doit également rapidement s'organiser pour gérer le risque sismique (protection de matériels, formation des équipes de conduite…), le site étant situé en zone sismique modérée. Un séisme de magnitude 5,5 - 6 est intervenu à une vingtaine de kilomètre du site en 1822. Avant le 30 décembre 2012, EDF devra donc présenter plusieurs études. Tout d'abord une évaluation de la tenue au séisme majoré de sécurité des structures et matériels contribuant à la sûreté nucléaire de la sectorisation incendie. Ensuite, une étude des avantages et inconvénients liés à la mise en place d'un système d'arrêt automatique de ses réacteurs sur sollicitation sismique qui permettra de replier le réacteur dans l'état le plus sûr, en cas de dépassement du niveau de séisme correspondant au spectre d'amplitude moitié du spectre de dimensionnement du site.

Enfin, Bugey est implantée à proximité de sites classés Seveso 2. D'ici fin 2013, EDF devra fournir une étude et des propositions d'amélioration concernant la prise en compte du risque créé par les activités riveraines (effet domino), dans les situations extrêmes étudiées dans le cadre des évaluations complémentaires de sûreté, et en relation avec les exploitants voisins responsables de ces activités (installations nucléaires, installations classées pour la protection de l'environnement ou autres installations susceptibles de présenter un danger).

Réactions1 réaction à cet article

 

Les risques analysés pour Bugey sont du même ordre que ceux de Fessenheim . Il est vraisemblable, que l'A.S.N proposera 10ans de plus !
Mais, les opposants de Bugey ne sont pas aussi motivés que les verts allemands et alsaciens ! Le vrai danger , hors l'explosion , demeure le vieillissement des équipements , la fissuration des alliages métalliques , donc des fuites radioactives.

arthur | 27 juillet 2012 à 20h14
 
 

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