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La surpêche entraînerait la prolifération de méduses

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Ocean 2012, collectif d'associations dédié à assurer la surveillance de la politique européenne de la pêche, vient de publier un rapport sur les conséquences de la surpêche dans les eaux européennes, mettant en avant "la conquête des méduses".

Le collectif assure que "pendant des décennies, les scientifiques ont étudié les causes et conséquences des pullulations de méduses dans les écosystèmes". Selon eux, "l'arrivée des méduses sur les plages à tout moment s'explique par différents facteurs, y compris les courants, la salinité ou la température". Et si le changement climatique est l'un des principaux mis en cause dans la problématique d'avancée des méduses dans les eaux plus septentrionales, d'après Océan 2012, certains chercheurs "ont montré que la surpêche permet aux populations de méduses de croître de manière exponentielle". Ils affirment que "l'élimination des concurrents et des prédateurs des fonds marins et la préservation simultanée des affleurements rocheux, refuges des méduses, peuvent donner un avantage aux méduses par rapport aux poissons".

D'après les chiffres officiels, l'Union européenne est le quatrième producteur mondial de pêche et d'aquaculture au monde (4,6 % de la production mondiale). Océan 2012 rapporte qu'en 2011, "essentiellement en raison de l'absence de données, l'état de 64 % des stocks de poissons des eaux de l'Union européenne était inconnu. Parmi les stocks dont les données étaient disponibles, 63 % étaient surpêchés, contre une moyenne mondiale de 28 %". En Méditerranée, ce serait 82 % des stocks connus qui seraient surpêchés.

Le 13 juillet dernier, une proposition de réexamen de la Politique commune de la pêche a été présentée au Conseil et au Parlement européen en vue d'adopter une réforme qui entrerait en vigueur en 2013 : elle met l'accent sur "la durabilité, de nouvelles méthodes de gestion (décentralisation) et la cohérence". La Commission propose d'atteindre l'objectif d'un rendement maximal durable au plus tard en 2015, avec une gestion des stocks à long terme basée sur "les meilleurs avis scientifiques disponibles". La Commission souhaite aussi imposer des règles identiques pour les produits européens et importés via une obligation d'étiquetage.

Ces quelques mesures ont été jugées "insuffisantes" par divers organismes de défense de l'environnement tels que Greenpeace qui regrette notamment que deux points n'aient pas été traités : les réserves marines et la petite pêche artisanale ou côtière. Selon l'ONG, "il est nécessaire de mettre en place un réseau de réserves marines dans les eaux européennes, non seulement comme moyen de protection des zones les plus sensibles, mais aussi de restaurer les stocks de poissons, comme outil de gestion de la pêche".

Par ailleurs, d'après les données fournies par Océan 2012, il est estimé que l'invasion de méduses en mer Noire a coûté aux industries du tourisme et de la pêche près de 240 millions d'euros depuis les années 1990.

Le collectif associatif rappelle qu'une seule méduse "peut provoquer une piqûre légère et une éruption cutanée. Mais pour d'autres, la cuboméduse, la méduse pélagique ou la physalie peuvent infliger des douleurs extrêmement fortes, de graves réactions allergiques, voire la mort pour des personnes présentant des problèmes cardiaques ou respiratoires".

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