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Efficacité énergétique : NKM annonce un "Grenelle modifié élargi"

La ministre de l'écologie a lancé une Table ronde sur l'efficacité énergétique adaptant le modèle du Grenelle. Trois groupes de travail devront rendre leur copie mi-novembre. Nouveauté, les usagers sont invités aux tables rondes.

Energies  |    |  Actu-Environnement.com

Mardi 31 mai 2011, Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'Écologie, a présenté la Table ronde nationale sur l'efficacité énergétique afin d'élaborer "des mesures concrètes et partagées permettant d'alléger la facture d'énergie des ménages, de rendre les entreprises plus compétitives, de créer de l'emploi et d'améliorer l'efficacité de l'État et des collectivités territoriales."

"On ne pourra pas se mettre d'accord sur les meilleurs moyens de production énergétique", estime la ministre qui juge la question "polémique" après la catastrophe de Fukushima, l'annonce de l'abandon du nucléaire d'ici 2022 en Allemagne et le débat sur les hydrocarbures non conventionnels. Par contre il y a "consensus" sur le fait que "la meilleure énergie, c'est celle qu'on ne produit pas."

Doubler le rythme d'avant crise

L'objectif est d'identifier les mesures qui permettent de réduire la consommation d'énergie, alors que la hausse des prix de l'énergie est estimée à 13,7% pour 2010. Concrètement, la ministre espère doubler le rythme d'amélioration de l'efficacité énergétique par rapport à son niveau d'avant la crise économique. Il passerait ainsi de 1,5% par an avant 2008 à 3% par an en 2020. Un objectif comparable à la réduction moyenne de l'intensité énergétique finale, de 2 % par an d'ici à 2015 et de 2,5 % d'ici à 2030, prévue par la loi de juillet 2005 fixant les orientations de la politique énergétique (Loi POPE). Un manque d'ambition depuis six ans ? Pas du tout estime la ministre qui explique que "la crise est passée par là" et qu'elle a mis un frein à l'effort entrepris alors.

Cet objectif pourrait se traduire par une réduction de la consommation énergétique française d'environ 35 millions de tonnes équivalent pétrole (Tep), sur une consommation actuelle évaluée à 156 millions de Tep, estime Philippe Van de Maele, président de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe).

Quant aux mesures envisagées, la ministre a indiqué "[ne pas avoir] d'idées préconçues." Interrogée sur la possibilité d'établir une tarification énergétique progressive, qui viserait un accès à bas coût à l'énergie nécessaire au confort minimal tout en décourageant la consommation au-delà via des tarifs croissants, la ministre a jugé sans grande conviction que cela "peut faire partie des discussions."

Un sixième collège

Concrètement, la Table ronde reprend le format du Grenelle de l'Environnement en introduisant un sixième collège. Ce "Grenelle modifié élargi", selon les propos de Nathalie Kosciusko-Morizet, inclut les représentants des consommateurs et usagers, étant donnée la progression de la précarité énergétique.

Trois groupes de travail seront constitués afin d'organiser les débats autour des problématiques propres aux utilisateurs finaux. La première table ronde "Ménages : comment réduire les factures ?" sera dirigée par Michèle Pappalardo, déléguée interministérielle au développement durable et commissaire générale au développement durable du ministère de l'Écologie de 2008 à avril 2011. Pierre-François Mourier, directeur général adjoint du Centre d'analyse stratégique (CAS) animera la groupe "Entreprises : comment gagner en compétitivité ?" Enfin, le sénateur Albéric de Montgolfier sera en charge du groupe "Pouvoirs publics : comment être moteur et exemplaire ?"

S'agissant du calendrier, l'objectif est de rendre les conclusions finales en décembre 2011. Pour cela, le ministère prévoit une concertation du 15 juin au 15 novembre, avec un point d'étape fin septembre, la remise des conclusions début novembre et une table ronde finale mi-novembre.

Les écologistes dénoncent un double discours

"Consommer moins tout en produisant plus ?" interroge Agir pour l'environnement qui "dénonce la duplicité d'un Gouvernement qui opte le lundi pour plus de production électrique d'origine nucléaire et le mardi pour moins de consommation électrique."

L'ONG regrette que la Programmation pluriannuelle des investissements en matière d'électricité rendue publique en 2009 "prévoit de stabiliser les consommations… tout en augmentant nos capacités de production !" Elle juge donc que la Table ronde débouchera sur "un énième plan sans lendemain" et elle "appelle le gouvernement à faire œuvre de cohérence."

Pour Yannick Jadot, "le sujet des économies d'énergie a déjà été discuté : c'était en 2007 lors du Grenelle de l'environnement !" L'eurodéputé Europe Ecologie Les Verts, juge que la ministre "n'a pu oublier les objectifs ambitieux qui ont été fixés aussi bien pour la rénovation thermique des logements que pour le développement des alternatives au transport routier."

"Depuis, le gouvernement a multiplié les projets autoroutiers, la part des modes de transport durables a baissé en France, et les rénovations des logements ne sont que des demi-rénovations", regrette Yannick Jadot qui considère que "cet exercice de communication n'a qu'un seul et unique objectif : faire oublier Fukushima et la sortie du nucléaire en Allemagne."

Réactions5 réactions à cet article

 

En effet produire plus et consommer moins relève de la magie. En outre nous sommes tous prêts à isoler un maximum et consommer moins. Mais ou est la carotte? Lorsqu'on voit dans nos feuilles de paie les impots payés entre le salaire brut et le salaire net et qu'on nous demande de financer en plus des mises en place de procédés/produits/installations pour consommer moins, cela relève de la plaisanterie.
L'homme fonctionne à la carotte, alors les beaux discours gouvernementaux, on les connaît, cela permet uniquement de justifier "à peine" les salaires (et avantages en nature) mirobolants de nos ministres...

arthur duchemin | 01 juin 2011 à 10h01
 
 

je l'aimais bien NKM mais il est clair que depuis qu'elle est revenue au ministére de l'écologie les choses ont changées le grenelle est loin et sa communication est devenue ambigue ,elle sort souvent les rames pour tenter de nous faire croire que le gouvernement s'intéresse encore au DD.Chantal Jouanno avait plus de courage.

lio | 01 juin 2011 à 10h14
 
 

Le problème de l'efficacité énergétique, ce sont les effets rebond: les consommateurs achètent davantage de produits qui consomment de l'énergie, s'ils dépensent moins pour un service donné.
Les progrès techniques ne sont efficaces pour réduire la demande que s'ils sont accompagnés d'une hausse des prix, de l'électricité ou mieux, de l'électricité carbonée.
Deux objections habituelles peuvent trouver des réponses:
- la précarité énergétique: la CSPE (voir factures d'électricité) est faite pour aider les familles en vraie précarité énergétique; pour les autres, c'est vrai qu'une augmentation des prix de l'énergie oblige à économiser sur autre chose... mais d'abord sur l'énergie! Quand j'étais jeune, l'énergie était chère, on éteignait les lumières et on ne chauffait pas la nuit ni pendant la journée de travail!
- la hausse des prélèvements obligatoires: Arthur Duchemin ci-dessus le propose: le produit de la taxe carbone ou d'une taxe sur l'énergie peut être affecté à la baisse de prélèvements obligatoires sur le travail; alternative: il peut être affecté à des aides à l'investissement d'efficacité énergétique, notamment celle des bâtiments.
Sans politique de prix, on n'a pas d'exemple d'une économie qui parvienne à faire décroître sa consommation énergétique tout en voyant son PIB progresser globalement...
Avec une politique de prix approprié, on verra en effet l'efficacité énergétique progresser!

effen | 01 juin 2011 à 15h38
 
 

Je suis tout à fait partant pour investir dans l'isolation même sans la "carotte " mais alors il ne faut pas qu'un avion décolle toutes les minutes à Orly ou ailleurs, il ne faut pas que les bureaux restent allumés toute la nuit, qu'il y ait 23 ou 24°C dans les bureaux du tertiaire, il faut respecter la loi des 19°C partout.

Oui je suis partant mais pas tout seul, NKM. A force de passer pour des cons, on finit par rechigner, ça fait trop longtemps que ça dure vos promesses en commençant aussi par votre train de vie de ministre et de député..... STOP !

En même temps il faut nous promettre une réduction graduée des centrales nucléaires en France. Certains disent que le nucléaire a fait moins d'accident que le charbon, seulement le charbon n'en fera plus et on peut dire combien il en a fait, tandis que si le nucléaire chez nous n'en a pas encore fait vraiment, le jour où il y aura un accident en France par le nucléaire, ce sera tout de suite 30 millions de personnes qui seront touchées de près ou de moins près, vu les dimensions de notre territoire et la densité des centrales.

Soyons sérieux NKM, vous nous racontez des bobards à la manière politique , ce n'est pas sérieux.

JPA46 | 04 juin 2011 à 22h00
 
 

La réponse à côté de la question en s'en prenant au ministre, c'est du temps perdu. Bien sûr qu'un ministre de la république bénéficie de certains moyens pour prendre des décisions. C'est indispensable et c'est comme cela dans tous les pays. Heureusement qu'il a aussi les moyens de vivre étant donné le travail qu'il fournit, il n'a pas trop le temps de faire la manche !
La réalité c'est que le prix de l'électricité n'a pas fini d'augmenter et qu'elle nous demande notre avis sur les moyens de diminuer la note la NKM.
J'ai pas trop d'idée sauf une à plusieurs millions. Après sa réélection il faudrait que Sarko règle le pb du CE d'EDF. Budget 500 millions prélevés sur 1% de notre facture d'électricité depuis la libération. Voilà qui doit inciter le CE à laisser les lumières allumées. Plus ils dépensent plus ils gagnent d'argent. La cour des comptes parle de malversations...Il faudrait peut-être demander à Luc Ferry de soulever le problème...
Je vous aime tous, surtout la ministre...

Babours | 13 juin 2011 à 16h01
 
 

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