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Terres rares : Les Amis de la Terre dénoncent "l'hypocrisie des pays développés"

Ressources naturelles  |    |  Actu-Environnement.com

Alors que les États-Unis, l'Europe et le Japon ont contesté le 13 mars devant l'OMC la mise en place des quotas chinois à l'exportation de terres rares, les Amis de la Terre ont dénoncé mercredi 14 mars "l'hypocrisie" et "l'irresponsabilité" des pays développés, qui d'un côté, "incitent à la consommation et de l'autre, refusent d'assumer les impacts environnementaux et sociaux qui en découlent", selon l'ONG.

Les 17 métaux de la famille des terres rares, de plus en plus utilisés dans de nouvelles technologies, permettent d'accroître la miniaturisation, de fabriquer des écrans extra-plats ou réduire les frottements des aimants dans les moteurs. Les terres rares sont présentes à un infime pourcentage dans la roche mère, ce qui implique, rappellent les Amis de la Terre, "des moyens importants et des techniques lourdes d'extraction".

Mais si aujourd'hui, les mines chinoises fournissent plus de 95 % de la production mondiale, c'est parce que "c'est l'un des seuls pays où l'exploitation est économiquement rentable car les normes environnementales et sociales sont très faibles", souligne Sylvain Angerand des Amis de la Terre dans un communiqué. ''Les pays développés n'extraient pas de terres rares chez eux, car les dégâts environnementaux seraient considérables et les conditions de travail très difficiles : inacceptable pour l'opinion publique. Mais alors pourquoi l'accepter en Chine ?'', s'interroge-t-il.

"Encadrer l'industrie des nouvelle technologies"

Plutôt que de faire pression sur la Chine pour qu'elle augmente ses quotas d'exportation de terres rares, "les pays développés devraient remettre en cause leurs modes de consommation et encadrer l'industrie des nouvelles technologies", estime l'association. Et d'ajouter : "Des entreprises comme Apple saturent les consommateurs avec des publicités incitant à acheter des produits high-tech qui sont obsolètes en quelques mois. Le coût de ces produits reflète davantage les investissements en marketing que le vrai coût environnemental et social de l'extraction des minerais indispensables à leur fabrication".

Pour "réduire la demande mondiale" et "mettre un frein à l'extraction de ressources naturelles et minières", Camille Lecomte, chargée de campagne de l'ONG, demande aux entreprises de "sortir des logiques d'obsolescence programmée (…) et de "rendre réparables les produits mis sur le marché".

Réactions1 réaction à cet article

 

Qu'il est facile pour des nantis de prendre des positions si courageuses et nobles. Mais ne l'est il pas davantage de produire les matériaux permettant d'élaborer les telephones portables permettant entre autre d'appeler le 18 ou le 15, les engrais pour produire les céreales contibuant à nourrir les 7 milliards d'humains, les aciers et le beton pour les loger. Peut être souhaiteriez vous vivre sans tout ceci ?

ted | 12 avril 2012 à 15h54
 
 

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