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Trame verte et bleue : comment la déployer au niveau régional ?

Outil régional de mise en œuvre de la trame verte et bleue, peu de schémas régionaux de cohérence écologique ont vu le jour. Parmi les prochains à être approuvés, celui de Rhône-Alpes donne un éclairage sur les difficultés et atouts de la démarche.

Nature / Ecologie  |    |  Dorothée LapercheActu-Environnement.com
Environnement & Technique N°334 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°334
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Alors que les orientations nationales pour la préservation et la remise en état des continuités écologiques viennent d'être adoptées, les outils de mise en œuvre au niveau régional de la trame verte et bleue (TVB) restent, quant à eux, encore peu nombreux et font figure d'expérimentation.

Parmi les quelques schémas régionaux de cohérence écologique (SRCE) qui devraient aboutir cette année, celui de la région Rhône­-Alpes a bénéficié d'actions de préfiguration de la trame menées en amont.

"L'Etat et la région ont souhaité que le schéma soit porteur de cohérence entre les différentes initiatives territoriales et ne pas évacuer ce qui a été fait", a détaillé Stéphane Verthuy, chef de projet aménagement durable / biodiversité à la Dreal Rhône-Alpes, jeudi 6 février, lors du forum organisé par le conseil d'architecture d'urbanisme et de l'environnement du Rhône (CAUE). Débuté en 2012, le SRCE devrait obtenir son approbation en juin de cette année.

Un des objectifs affichés : resserrer le plan d'actions autour d'initiatives pour lesquelles ce dernier apporte une plus-value par rapport à des démarches plus locales.

Une des premières difficultés rencontrées lors de la préparation du SRCE fut les modalités d'élaboration du comité régional de la TVB. "Avec les exigences des textes, le comité régional comporte en Rhône-Alpes 122 membres, précise Stéphane Verthuy, un tel nombre complique les choses". Un comité technique, comprenant 20 membres élus par le comité régional, a donc été établi.

Prendre en compte l'échelle de l'atlas cartographique

Autre élément à prendre en compte, selon le chef de projet aménagement durable-biodiversité à la Dreal Rhône-Alpes : la précision de l'atlas cartographique. La réglementation demande en effet une cartographie de la TVB régionale au 100.000e.

"L'échelle est précise mais parfois en zoomant on arrive à des choses aberrantes", pointe Stéphane Verthuy. En effet, lorsque les cent mètres du terrain deviennent des millimètres sur la carte, la prudence est de mise.

Concernant la trame verte, les acteurs ont identifié 195 corridors "fuseaux" (qui traduisent un principe de connexion global) et 60 corridors "axes" (qui comportent des enjeux de connexions plus localisés et contraints). Pour ce qui concerne la caractérisation, 32 corridors sont considérés comme à préserver et 237 à remettre en bon état.

25% du territoire régional a été intégré aux réservoirs de biodiversité

 
La boite à outils économe Rétablir une continuité écologique à moindre frais ? C'est ce que tente de faire l'association le Pic Vert dans l'Isère. Elle permet ainsi à de la petite faune de traverser une route en adaptant des canalisations avec "des rampes d'accès". Autre initiative : suspendre entre deux arbres un pont pour les écureuils confectionné avec des anciennes cordes de spéléologie ou d'escalade tressées.
 

"La trame bleue de l'Isère ne reprend pas l'ensemble des linéaires des cours d'eau, l'idée est par l'identification de la trame d'avoir des zooms sur des zones où il y a des risques de rupture de continuité ou des enjeux", développe Stéphane Verthuy. Beaucoup d'outils de la trame bleue sont issus du Sdage, selon lui.

Un des enjeux de la démarche reste la qualité de la connaissance sur l'ensemble du territoire. L'ensemble des acteurs s'accorde sur l'importance du travail de terrain. Un aménagement cohérent passe en effet par un diagnostic poussé du territoire. "Il ne faut pas hésiter à recourir aux bases de données des associations qui sont sur le terrain", souligne Jean-François Noblet, écologue, ex-conseiller technique environnement du Conseil général de l'Isère (38).

Autre difficulté : la notion de "prise en compte" du SRCE dans les documents de planification (PLU, Scot). Certains redoutent ce manque de précision réglementaire. Les textes demandent en effet de "ne pas être en contrariété ou en contradiction avec les dispositions" : le niveau d'application est moins contraignant que celui de la compatibilité, pointe Stéphane Verthuy.

Enfin, la question du financement reste ouverte. "L'Etat et la région par les actions qu'elles portent pourront participer au financement, avance Stéphane Verthuy, des leviers européens sont également en cours de négociation"

Réactions8 réactions à cet article

 

Il est dommage qu'on n'évoque pas la lutte contre la prolifération irrationnelle des machines à produire de l'électricité disséminées dans nos campagnes. Le respect des populations rurales ne semble pas faire partie du langage écologique.

ITC78 | 10 février 2014 à 11h44
 
 

Aider les écureuils à traverser les rivières ? Quand arrêterons nous le jardinage ...

oncl | 10 février 2014 à 14h25
 
 

Forum organisé par le CAUE du Rhône.
Occasion de rappeler que la Loire est le seul département de Rhône-Alpes -et un des rares en France- à ne pas avoir mis en place ce dispositif.
Or les Caue ont été crées en 1974 !

sirius | 11 février 2014 à 11h40
 
 

Bonjour,

@oncl,

On arrêtera le jardinage lorsque vous aurez compris qu'il s'agit d’aménagement pour faire traverser des routes (à moindre coût) et non des rivières.

Aldeia Bela | 11 février 2014 à 11h44
 
 

Bonsoir,
Une cartographie de la TVB régionale au 100.000eme et on s'étonne que cela ne puisse être "pris en compte" dans les documents de planification (PLU en particulier, Scot) ?
Ce dispositif est à mettre en relation avec les grands projets urbains et d'équipements régionaux, nationaux...
Encore que pour ces derniers on est en droit de se demander ce que ça va vraiment changer ?

pseudotsuga | 12 février 2014 à 21h49
 
 

Mon propre jardin occupe la totalité de la largeur d'un "couloir". Je devrais donc être aux premières loges pour y voir un défilé d'espèces en tous genres.
En douze ans j'y ai vu deux fois des traces de chevreuil ... traversant toutes les deux le "couloir" dans sa largeur. Pour en voir à coup sûr, je dois monter 300 m sur le plateau au dessus. Idem, pour les sangliers ou les lièvres.
Les seuls animaux qui empruntent à peu près ce "couloir" sont des corneilles matin et soir.
Mon jardin est aussi régulièrement traversé par des vaches vagabondes, ce n'est pas que je sache, l'objet d'un "couloir" écologique.
Jamais le moindre écologue n'a profité de ma situation particulière pour établir ou accréditer ce "couloir" de papier, il a été dessiné, déterminé sur carte.
Si cela ne touchait qu'un particulier isolé, ce pourrait être admissible, mais ici, ce couloir de papier interdit l'extension de la zone artisanale qui empiéterait sur ce couloir sacré. Un simple coup de crayon à la lecture d'une carte interdit donc le développement économique d'un village.

VD69 | 13 février 2014 à 02h33
 
 

@VD69: Une zone artisanale qui viendrait encore diminuer les terres agricoles ou votre propre jardin?... Il est temps de faire de l'aménagement raisonné qui prenne en compte l'ensemble des problématiques...

chateigne | 13 février 2014 à 17h11
 
 

@Chateigne,

Pour l'instant les terrains sur les quels pourraient s'installer des activités sont des friches de ronces et autres arbrisseaux. Mon jardin classé depuis longue date en zone non constructible est par ailleurs classé inondable. Mes volailles n'ont donc pas de honte à ne pas trop raisonner sur leur emprise de l'aménagement.
Par contre les jeunes artisans devront s'installer ailleurs ,laissant notre village à son triste sort de cité dortoir. Ceci pour satisfaire non-pas les espèces et la biodiversité mais le cabinet qui a bêtement tracer un trait sur une carte pour faire joli.

VD69 | 13 février 2014 à 18h27
 
 

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