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Transition énergétique : la position des grands acteurs du secteur

Une stabilité réglementaire et une politique menée à une échelle européenne : les grands acteurs de l'énergie ont développé leurs positions sur la transition énergétique lors d'une table ronde à l'assemblée, mardi 11 décembre.

Energie  |    |  Dorothée LapercheActu-Environnement.com


Un cadre réglementaire stable, des règles de marché adaptées, des tarifs qui reflètent les coûts ainsi que la constitution d'une politique européenne de l'énergie : voici quelques unes des requêtes des grands acteurs du secteur concernant la transition énergétique. Lors d'une table ronde à l'Assemblée nationale de la Commission du développement durable et de l'aménagement du territoire sur la transition écologique, mardi 11 décembre, Philippe Boisseau, directeur général de la branche "supply-marketing" de Total, Jean-François Cirelli, vice-président de GDF-Suez, Luc Poyer, président du directoire d'E.ON France et Robert Durdilly, président de l'Union française de l'électricité ont pu en effet développer leurs positions.

"Nous allons dans la décennie qui vient rencontrer une raréfaction de l'énergie. Pour répondre aux besoins, il faudra exploiter toutes les pistes y compris les économies d'énergie, a rappelé Philippe Boisseau, et nous devrons faire face à une réalité devant laquelle nous ne sommes pas seuls". Pour Total, 80% de la demande future proviendra de pays qui ne font pas partis de l'OCDE.

Le groupe a choisi d'investir dans le solaire. "Nous souffrons comme tous les acteurs de ce secteur mais nous pensons que cette énergie a de l'avenir, a t-il souligné, la production de pétrole va se stabiliser : c'est ce qui va nécessiter de produire des énergies renouvelables". Le plateau se situerait, selon lui, à 95 millions de barils par jour. Selon l'Agence Internationale de l'Energie, la capacité de production mondiale de pétrole en avril 2010 a atteint 90,09 millions de barils par jour.

Pour une politique européenne commune

Pour GDF Suez, la transition énergétique nécessite une mobilisation sur le prix du CO2 et des investissements privés. "Il faut favoriser les énergies les moins chers pour la collectivité et trouver un mécanisme qui garantisse la viabilité du système : notamment palier à l'intermittence des énergies renouvelables", a pointé Jean-François Cirelli. Pour lui, il faudrait davantage encourager la recherche. "Il faut éviter la re-nationalisation des politiques énergétiques : nous devons réfléchir au niveau Européen", a t-il assuré.

Un partenariat entre pays s'avère nécessaire également pour Luc Poyer, notamment sur la question de la R&D. "En France l'hydrogène n'est pas encouragé : le modèle économique manque", a t-il constaté.

L'Union française de l'électricité, quant à elle, a réfléchi à la transition énergétique en partant des scénarios du nouveau mix énergétique de RTE (dans le cadre de son bilan prévisionnel). Le postulat est l'augmentation d'un facteur 4 des énergies renouvelables dans le mix. Selon Robert Durdilly, le coût global correspondrait alors à 480 milliards d'euros sans prendre en compte l'efficacité énergétique. Pour lui, les clefs de la réussite passent par un renforcement des filières françaises, le développement des réseaux de transport et de distribution (mais également tirer parti des spécificités naturels des différents territoires) et utiliser comme levier l'essor des énergies renouvelables pour réduire la consommation de fuel.

"Le pétrole et le fuel représentent 50% de la consommation d'énergie en France, argumente t-il , les importations liées au pétrole représentent 70 milliards de déficit commercial".

Il juge enfin capital d'encourager l'essor de l'hydroélectricité. "Nous disposons d'un potentiel de 11 térawatts (TW) en France, a noté Robert Durdilly, les démarches de révisions de classement des cours d'eau risquent de bloquer les ¾ de cette capacité".

Réactions5 réactions à cet article

 

Je crains que la social démocratie traditionnelle à la française ne succombe de nouveau à ce qui l'a perdu il y a quinze ans : un dialogue exclusif avec les grands acteurs et une incapacité à dire les gens et le pays ont besoin de ça au plan énergétique, budgétaire, donc technique, organisationnel et financier, et le cadre d'action sera cela, que cela plaise ou non aux grands acteurs ; et nous mettrons en place des SIEG et services publics locaux pour répondre à ces besoins en partant des particuliers, pour apporter les réponses que ni le marché ni le conseil existant, ni les structures de financement, n'ont apporté pour une optimisation des actions en fonctions des réalités concrètes.
Le drame : cela confine au social corporatisme et ouvre la porte vers la bête qui monte.
Concrètement : il y a 20 ans j'ai fait du développement industriel ; dans un territoire fragile ; j'ai tiré la sonnette d'alarme lors des licenciements de grands groupes : attention aux entreprises et salariés non syndiqués de la sous traitance. Dans le vide : ce sont les variables d'ajustement aux intérêts des négociateurs des grands systèmes ; alors j'avais signalé que l'économie agropêche allait dans le mur. Il y a 18 ans j'ai fait des notes à préfets sur pollution marine et délicatesses de la France vis à vis du droit de l'UE : réponse : agissements totalitaires (2oo1-2012) dignes d'un roman très noir et du canard enchaîné. Bourrage et matraquage sont les deux mamelles des fonds structurels. A suivre.

theolevertige | 13 décembre 2012 à 11h03
 
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Quelle transition ? Il n'est que de lire les propos du marketing de Total pour voir que ce genre d'acteur ne veut surtout pas de changement : il n'envisage les économies d'énergie que par défaut, à l'extrême limite ! On marche sur la tête. Quand à leur engouement pour le solaire, leurs motivations sont claires : plus de solaire (avec en filigrane, moins de nucléaire) c'est plus d'hydrocarbures, pour compenser l'intermittence. Et éviter la re-nationalisation ? On voit bien que leur seule motivation, in fine, c'est leur tiroir-caisse !!!
Quant à l’hydraulique, l'ouverture à la concurrence fait peser les plus fortes inquiétudes sur ce secteur, au moins autant que les révisions de classement... L'hydrogène ? Il faut le produire (et sans CO2 !) et là les intermittentes auraient toute leur place (catalyse, électrolyse), mais il faut aussi le stocker, le distribuer, l'utiliser : a t-on vraiment les besoins et les moyens pour monter une telle "usine à gaz" ?

dmg | 13 décembre 2012 à 18h42
 
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Bien que très (et trop) pris par ailleurs en ce moment pour rédiger un avis détaillé, je dis mon accord avec l'inquiétude exprimée deans la réaction ci dessus . Prêt à en discuter ultérieurement .
JE

JE | 14 décembre 2012 à 09h12
 
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Je suis assez d'accord avec les avis ci-dessus en soulignant cette phrase de Mr Robert Durdilly: "Nous disposons d'un potentiel de 11 térawatts (TW) en France les démarches de révisions de classement des cours d'eau risquent de bloquer les ¾ de cette capacité". Je trouve ce point de vue un peu réducteur, je n'ignore pas le statut de Mr Durdilly, mais, d'autres systèmes existes tel les Station de Transfert d’Energie par Pompage et les usines marémotrice pour ne citer que ces exemples.

WWTP | 14 décembre 2012 à 16h57
 
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Enorme :
"Nous allons dans la décennie qui vient rencontrer une raréfaction de l'énergie"
Quelle découverte !!! En 2012 !

"Pour répondre aux besoins, il faudra exploiter toutes les pistes y compris les économies d'énergie"
Y compris ? En particulier !!! Comme dire dans la même phrase "nous allons manquer d'énergie" et "les économiser n'est pas la priorité !"

" et nous devrons faire face à une réalité devant laquelle nous ne sommes pas seuls".
Alors là chapeau M. Boisseau ! Avec ce genre de déclaration Total reste à mes yeux le fleuron du développement durable !!!

Et enfin : "nous souffrons blablabla sur le PV". Il est en effet possible que leur service PV ne soit pas au mieux mais "nous souffrons", de sa part, c'est surréaliste !

Tombour | 25 mars 2013 à 11h11
 
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