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L'innovation européenne au cœur des services de transport "propres"

Bruxelles vient de lancer le programme européen sur la recherche "Horizon 2020", doté de 6 milliards d'euros, pour soutenir les projets de transports durables. Entre 2007 et 2013, l'UE a financé 84 projets coordonnés par les Français.

Transport  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com
L'innovation européenne au cœur des services de transport "propres"

Des systèmes de transport plus durables et plus sûrs sont au cœur des programmes de recherche financés par l'Union européenne. A l'ouverture de la conférence Transport Research Arena (TRA) dédiée à l'innovation, organisée à La Défense (92), la Commission européenne a présenté le 14 avril des projets "impliquant des partenaires français" qui optimisent différents modes de transport : fret ferroviaire, véhicule électrique, transport public automatisé ou encore navire.

Dans l'UE, si les transports contribuent actuellement à 6,3% du PIB, ils représentent aussi 63% de la consommation de pétrole et sont responsables de 25% de toutes les émissions de CO2. Les recherches menées dans le secteur des transports sont "très importantes" afin de répondre "à la hausse de la demande" des voyageurs de 50% et de 80% de frets d'ici 2050, a indiqué Keir Fitch, chef de cabinet adjoint du commissaire européen aux transports.

7e programme européen de recherche : 620 projets soutenus

Ces projets contribuent à la conception et au développement de technologies "à faible intensité carbone", de véhicules "propres", de systèmes de mobilité intelligents et de services intégrés pour les passagers et le fret de marchandises. Ils font partie des 620 projets financés à hauteur de 4,2 milliards d'euros entre 2007 et 2013, dans le cadre du 7e programme-cadre européen de recherche et de développement technologique (PCRD).

Au total, 84 projets français ont été financés représentant 15,6% du budget total européen. Les petites et moyennes entreprises (PME) ont participé à environ un cinquième des projets européens soutenus.

L'objectif de ces projets est de favoriser les nouvelles technologies "sobres" et respectueuses de l'environnement dans les politiques de transport et de logistique, tout en garantissant la compétitivité du secteur, moins de congestion et plus de sécurité. Ils visent à répondre aux normes européennes durcies d'émissions de gaz à effet de serre (Euros…) et sonores des véhicules à moteur, aux objectifs de report modal (ferroviaire, fluvial) d'ici à 2030-2050. Un projet de règlement est également discuté au Parlement et Conseil de l'UE, visant à contrôler les émissions du secteur maritime.

L'expertise française au service de la mobilité électrique

 
L'industrie automobile, premier investisseur dans l'éco-innovation L'industrie automobile est le plus gros investisseur en R&D en Europe représentant 25% des investissements européens, selon les chiffres de la Commission. Les constructeurs automobiles à eux seuls investiraient plus de 32 milliards d'euros par an. "Grâce aux innovations produites par la recherche en transport", les émissions de CO2 de la voiture "moyenne" vendue dans l'UE ont baissé de 16,7% entre 2007 et 2012, ce qui amène la moyenne à 132,2 grammes de CO2 par km. Ce chiffre est "assez proche" de l'objectif de 130 g pour les voitures neuves qui seront vendues en 2015 dans l'UE fixé par la réglementation.
 
Parmi ces projets innovants présentés par la Commission figure "CityMobil2", pionnier dans les transports publics routiers "sans conducteur", mené en partenariat avec l'Institut national de la recherche en informatique et automatique (Inria). Lancé en 2012, ce projet est coordonné par le Centre for Transport and Logistics (CTL) de l'Université La Sapienza à Rome (Italie). Il dure jusqu'à 2016. Ce projet fournit et teste deux flottes de six véhicules électriques automatisés dans les zones urbaines, et "les met à disposition dans sept villes", sélectionnées pour accueillir une démonstration durant de six à huit mois, a expliqué Adriano Alessandrini du CTL. Entre 2014 et 2016, ces véhicules seront testés en condition réelle à La Rochelle et à Sophia Antipolis en France. Ils seront équipés de technologies laser et GPS qui permettent de détecter les obstacles, les contourner ou stopper le véhicule. Ils sont conçus par le constructeur français Robosoft. En 2011, un véhicule a déjà été testé pendant trois mois à La Rochelle.

CityMobil2 vise également à proposer un "cadre législatif européen" adapté permettant d'homologuer et de déployer des systèmes de transports routiers automatisés. Un projet de nouvelle directive permettant de certifier ce type de transports pourrait être prochainement abordé par la présidence grecque du Conseil de l'UE, selon M. Alessandrini. Budget total : 18,3 millions d'euros dont 9,5 millions d'euros financés par l'UE.

Le projet européen "Elibama" vise quant à lui à accélérer la production industrielle européenne de batteries lithium-ion pour véhicules électriques face à la concurrence chinoise et américaine. Lancé en 2011 pour trois ans, ce projet est coordonné par le constructeur automobile français Renault. Les groupes Rhodia, Veolia et le CEA- Liten sont également partenaires. Ce projet vise à réduire les coûts de fabrication de ces batteries, réduire leur impact sur l'environnement et augmenter leur capacité d'autonomie. Le projet se concentre notamment sur le revêtement des électrodes (électrodéposition), le développement de matériaux électrolytes à partir de procédés de production écologique (filtration des particules émises), et l'amélioration du rendement en aval des technologies. Le budget du projet s'élève à 15,2 millions d'euros dont 9 millions financés par l'UE.

Innovations autour du report modal

Autre projet présenté : "Marathon", qui a fait rouler pour la première fois en Europe des trains de marchandises de 1.500 mètres de long en partenariat avec la SNCF, l'équipementier français Alstom et RFF. Samedi 12 avril 2014, le train de fret "le plus long d'Europe" a réalisé son deuxième essai, destiné à "en valider la faisabilité technique avant de passer à l'exploitation commerciale", a précisé Armand Toubol, coordinateur technique du projet. D'une durée de trois ans, Marathon a débuté en 2011. Il est cordonné par Newopera Aisbl, association belge de promotion du fret ferroviaire.

Ces tests ont été menés entre la gare de triage de Sibelin (près de Lyon) et Nîmes, à l'initiative de Fret SNCF et de RFF. Deux trains de 750 mètres ont été jumelés en gare de triage de Sibelin (Rhône) pour ne former qu'un train de 1.500 mètres et de 4.000 tonnes, tracté par deux locomotives. Techniquement, l'innovation réside dans un système de radiocommande qui permet de relier la locomotive de tête conduite par un agent et la locomotive sans conducteur située au milieu du train. Un tel train pourra ainsi transporter jusqu'à 70 wagons au lieu de 35 pour un train classique de 750 mètres.

Ce projet doit permettre une réduction des sillons et des coûts d'exploitation des trains de fret de 30% ainsi qu'une optimisation des infrastructures existantes. Le gain en consommation énergétique est de "5% par tonne transportée". Les tests "ont d'ores et déjà montré la possibilité de faire circuler ce type de trains à 100 km/h en toute sécurité".

La mise en exploitation de ces doubles trains "est clairement envisageable sous deux ans, courant 2016, sur les grands corridors de fret européens", estime le secrétaire d'Etat aux transports Frédéric Cuvillier, en saluant "cette prouesse technique" dans un communiqué. Le budget du projet est de 4,5 millions d'euros dont 2,7 millions financés par l'UE.

Enfin, le projet "Ulysses" (Ultra-slow ships) a pour objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre des navires grâce à la diminution de leur vitesse. Ce projet, lancé en 2011 jusqu'en 2014, est coordonné par le Bureau Veritas. Il se concentre sur les vraquiers et les pétroliers qui produisent environ 60% des émissions de CO2 liées au transport en haute mer. Ulysses prévoit de mettre en œuvre des vitesses cibles en trois phases afin d'atteindre d'ici 2050 une réduction des émissions de 80% par rapport aux niveaux de 1990.

Les technologies étudiées concernent l'optimisation des moteurs, le développement de grandes hélices, l'énergie éolienne comme assistance, ainsi que l'intégration intelligente de l'approvisionnement en énergie et l'utilisation de l'énergie à bord. Les scientifiques ont élaboré des modèles de propulsion par cerfs-volants et par extrados qui leur permet de prédire la puissance et le comportement du navire en utilisant des systèmes électriques auxiliaires de propulsion éolienne. Des modèles sont également utilisés pour optimiser les performances des moteurs. Le projet est doté de 4,5 millions d'euros dont 2,5 millions financés par l'UE.

Nouveau programme européen "Horizon 2020"

La conférence TRA 2014 a également été l'occasion pour la Commission européenne de présenter les objectifs du programme européen de recherche et d'innovation "Horizon 2020", successeur du 7ème programme cadre (PCRD). Entré en vigueur le 1er janvier 2014, le nouveau programme consacre 6 milliards d'euros au développement des "transports intelligents, verts et intégrés" pour la période 2014-2020.

Horizon 2020 soutiendra les projets "tout au long du processus, de l'idée à la phase de commercialisation, et un soutien accru aux innovations proches du marché", a indiqué la Commission. Trois premiers appels à propositions ont été lancés mi-décembre 2013 : mobilité pour la croissance (budget de 374,5 millions d'euros), véhicules verts (129 millions d'euros), "small business" et "innovation rapide" dans les transports (35,9 millions d'euros). Ces appels à propositions sont ouverts à des consortiums allant de 10 à 30 partenaires constitués de grandes entreprises, de PME, de centres de recherche ou d'universités. Il s'agit de projets d'une durée de 3 ans et de budget total pouvant varier de 2 à 10 millions d'euros voire plus.

L'enjeu est de parvenir à standardiser ces technologies innovantes pour les déployer dans l'UE, a souligné Keir Fitch.

Réactions5 réactions à cet article

 

TB article ! Mais le solaire a été oublié et a plein d'avantages ! Outre Toyota, Nissan, Ford etc qui l'intègrent en complément (C-MAX Solar Energi Concept), le bien connu Twike 4XP et GE Edison avec sa Edison 2 Very Light Car travaillent sur une électrique solaire ultra efficiente et légère 4 places. Les véhicules solaires comme ceux qui courent au World Solar Challenge etc sont les plus efficients au monde et de loin: facteur 12 comparé à un véhicule actuel (faible poids, aérodynamisme, rendement 98% des moteurs dans les roues, minimum de batterie, gestion efficiente de l'énergie etc) et ont l'immense avantage de nous permettre de se passer des importations d'énergies fossiles, de réduire fortement les importations et pollutions liées au lithium, d'éviter d'avoir à payer beaucoup de bornes de recharge et +, de réduire la pollution directe à néant. Dans la catégorie Cruiser ils ont 2 à 4 places, des centaines de km d'autonomie y compris de nuit, des vitesses moyennes de 100 à 150 km/h. Plusieurs pourraient être homologués parmi les eVe Sunswift, Bochum Suncruiser, Solarworld GT, Swinburne SolarX, Stella Solar Eindhoven, Navitas Solar Purdue, Calgary Solar, Tafe Sa etc Les programmes européens de solaire dans l'automobile progressent également. C'est une conception avancée de l'automobile qui mérite d'être mise plus en avant. Les hollandais (Eindhoven, Twente) sont en pointe. Si l'on veut se passer de la fibre de carbone il y a la fibre de basalte islandaise (brevet ICI).

Véhicules solaires et solaire dans l'auto et plus | 16 avril 2014 à 03h08
 
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On pourrait dire aussi qu'en même temps la commission cède à la pression des lobbys notamment sur la réduction des émissions de CO2 des véhicules, un pas en avant 2 pas en arrière?

lio | 16 avril 2014 à 11h01
 
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J'aime bien le projet de navires économes a ULTRA BASSE VITESSE. Il fallait y penser! Au lieu de relier la Chine à l'Europe en 85 jours on prendra tout son temps. Peut-être que les frais de personnel augmenteront en sens inverse de la réduction de vitesse..
Bon, plus sérieusement, ils imaginent des modifications techniques mais le nom du programme l'annonce clairement ce ne seront pas elles qui permettront vraiment les économies. Il existe encore beaucoup de navires avec de gros moteurs 2 temps (= polluants!!)

ami9327 | 16 avril 2014 à 15h32
 
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Ou sinon, on pourrait plutôt essayer de s'attaquer au causes plutôt qu'aux conséquences non?
Quand je lis "afin de répondre "à la hausse de la demande" des voyageurs de 50% et de 80% de frets d'ici 2050", je me dis qu'il y a un gros problème...
On devrait avant tout favoriser les circuits courts et relocaliser les production, plutôt que de tout importer en se demandant comment rendre ces importations moins polluantes!
Sinon, sur le plan technique, arrêter le diesel (et même l'essence) au profit de l’électricité, c'est bien, mais d'où vient celle-ci? Des centrales à charbon? Pire, des centrales nucléaires? Il faut bien se mettre en tête que si l'on augmente autant nos besoins, on ne pourra JAMAIS atteindre du 100% renouvelable, car la planète ne dispose tout simplement pas de suffisamment de ressources!

walri | 16 avril 2014 à 16h55
 
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Il y a beaucoup plus d'énergies renouvelables dans la nature que l'homme n'en a besoin (des milliers de fois plus).
Le problème est de les capter et de les stocker pour un usage pratique.
Mail il y a plein de techniques différentes (dont beaucoup existent déjà) suivant le type d'énergie renouvelable: eau douce, mer, vent, soleil, géothermie, biogaz, bois et déchets vegetaux, foudre des orages ? (à l'étude dans le Cantal).
Un grande ressource d'énergie est celle qu'on ne consomme pas par une meilleure utilisation.

miche729 | 20 avril 2014 à 03h06
 
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