Actu-Environnement - L'actualité professionnelle du secteur de l'environnement
RSS
 
 

La marine marchande remet les voiles ?

TRANSPORT - Actu-Environnement.com - 10/03/2010
 
Après deux siècles d'abandon de la voile dans le transport maritime, une entreprise a tenté une incursion dans ce secteur en 2008. Elle envisage de se lancer dans la construction de son premier voilier l'an prochain.
 
Agrandir la police Réduire la police Imprimer l'article Recommander l'article : envoyer par email Réagir à l'article S'abonner à la Newsletter S'abonner au flux RSS
© © Benoit Pozza - Joël Bretecher - Ship Studio - Laurent Mermier

Affrétant quatre voiliers marchands depuis 2008, la Compagnie de transport maritime à la voile (CTMV) devrait construire en 2011 son premier voilier marchand, capable de transporter 200 ''europalettes'', soit l'équivalent de 6,5 poids lourds de 38 tonnes. Le but est de réaliser 75% des trajets à la voile, a expliqué vendredi 5 mars le président de CTMV, Frédéric Albert, au cours d'une journée consacrée aux ''bateaux du futur''. L'usage du moteur sera limité aux manœuvres portuaires et aux cas de pétole - quand le vent tombe.

Cette propulsion plus propre devrait faire chuter l'impact environnemental du navire. ''La phase d'utilisation est celle qui a le plus d'impact'', rappelle Guillaume Jouanne, ingénieur conseil chez Evea, cabinet spécialisé dans l'éco-conception. Le bilan carbone du voilier en phase d'exploitation est inférieur à 80% par rapport à un camion, 67% par rapport à un ferry, 38% par rapport à un petit porte-conteneur, selon des chiffres 2009 de l'Ademe.

Une première initiative avait déjà eu lieu en janvier 2008, lorsqu'un cargo de 130 mètres en partance de Bremerhaven (Allemagne) avait rallié le Venezuela propulsé en partie par une voile (kite) géante de 160 mètres carrés de surface fixée à sa proue, permettant de réduire la consommation de carburant du navire de 10 à 35%. Un essai similaire devrait être renouvelé cette semaine, toujours avec un navire ralliant l'Allemagne à l'Amérique du sud.

Rien de comparable avec le projet de CTMV, la voile de 1.300 mètres carrés du voilier jouant ici l'accessoire principal de propulsion. Le voilier mesure 10,10 mètres de large et un peu moins de 50 mètres pour s'exempter du pilotage du port. Son tonnage est légèrement inférieure à 500 UMS (pour Universal measurement system, c'est-à-dire un peu plus de 1.100 mètres cubes) afin de ne pas être soumis à la réglementation contraignante qui pèse sur les plus gros navires polluants - pétroliers et autres supertankers. Le voilier se destinait dans un premier temps au transport de vin, de Bordeaux en Europe du Nord. CTMV a désormais élargi son activité à d'autres produits. Il faut compter entre 160 et 180 euros par palette transportée, tarif compétitif et stable selon Frédéric Albert.

L'initiative a tant plu à l'Ademe que celle-ci a co-financé une pré-étude destinée à mettre sur pied un nouveau label ''Transport durable''. Une fois sa phase de certification achevée d'ici deux ans, ce label pourra figurer sur l'ensemble des marchandises acheminées ''proprement'' aux consommateurs.

Jean-Pierre Le Goff, PDG de la société d'ingénierie navale Sirenha, met un bémol à cet enthousiasme, et croit plus à l'usage de l'électricité pour les petits navires. ''La voile, comme l'énergie solaire sur d'autres navires, demeureront des compléments. Que faites-vous quand vous n'avez plus de vent ?'' Il estime que ce genre de navires a surtout un intérêt médiatique. Même chose pour les cargos à kite.

Voile vs porte-conteneur : une comparaison houleuse

Par ailleurs, la quantité de marchandise d'un navire transportant plusieurs milliers de conteneurs est telle que le bilan carbone par tonne kilomètre pourrait être meilleur que celui d'un petit voilier marchand. Mais c'est sans compter l'impact environnemental des infrastructures portuaires destinées à accueillir les grands porte-conteneurs.

''Notre but n'est pas de les concurrencer, relativise Frédéric Albert. Nous nous destinons au cabotage international dans l'ouest de l'Europe, pour pouvoir desservir des ports de moyenne et petite tailles''. La crise économique a montré les limites des navires à très grosse capacité, confronté en 2009 à une forte baisse des flux commerciaux mondiaux.

Victor Roux-Goeken

© Tous droits réservés Actu-Environnement
Reproduction interdite sauf accord de l'Éditeur ou établissement d'un lien préformaté [9779] / utilisation du flux d'actualité.
 
Réactions à cet article
 
ok !
 
 
profane et en retraite
 
Ajoutez votre réaction
 Votre réaction 
Pseudo : 
Mémoriser mes paramètres
 
Email * : 
Je souhaite recevoir les réponses directement dans ma boite mail
 
Titre : 
Message : 
 
Smiley's :                  
* : Votre adresse e-mail ne sera pas affichée sur le site ni intégrée à des fichiers revendus. Nous la demandons afin de limiter les abus.
 
En participant au forum, vous vous engagez à respecter la charte de bonne conduite.
Tout propos insultant, réducteur, irrespectueux, ou contraire à la loi est interdit.
Les messages visant à assurer l'autopromotion ou la publicité d'une marque, d'un produit ou d'un service seront systématiquement supprimés, au même titre que les liens Internet.
 
Pour éviter les soumissions automatiques des robots, merci d'effectuer ce petit calcul : 2 4 =
Aller plus loin...
Transport et logistique fluviaux

Produits / services sur le thème
ETAPS, analyseur de particules à l’émission automobile en temps réel, par ECOMESURE
RS-PMP, équipement de mesure de particules à l’émission pour le secteur automobile, par Ecomesure