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Un nouveau souffle pour la géothermie française ?

Aujourd'hui, au 5ème rang européen des producteurs de chaleur géothermique, la France dispose d'un bon potentiel pour augmenter sa production, selon les professionnels du secteur.

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Un nouveau souffle pour la géothermie française ?

Si la progression de la géothermie a permis de doubler la puissance installée en six ans, le seul maintien de cette tendance positive ne permettra pas d'atteindre les 6.500 MWth prévus pour la production de chaleur à l'horizon 2020, selon une étude de l'Association française des professionnels de la géothermie (AFPG), présentée à l'occasion des Journées de la Géothermie.

Pour atteindre l'objectif français de 1,3 million de tonnes équivalent pétroles (tep) substituées en 2020, l'association considère qu'il faudrait multiplier par trois les réseaux de chaleur géothermique et un recours important à la géothermie de très basse température assistée par pompes à chaleur (PAC). La puissance installée pour la production d'électricité devra quant à elle passer de 17 à 80 MWe. Pour cela, des opérations profondes avec des systèmes géothermiques améliorés de type EGS (Enhanced Geothermal System) devront être initiées en métropole et une politique active de prospective et de réalisation menée dans les départements et régions d'outre-mer.

Aujourd'hui, la France se situe au 5ème rang européen des producteurs de chaleur géothermique. Sa production annuelle est estimée en 2010 à 4.150 GWh par an par l'AFPG. "Seules quelques zones géographiques privilégiées valorisent aujourd'hui leur potentiel alors que les ressources géothermiques, en particulier pour la très basse énergie, sont présentes et disponibles sur l'ensemble du territoire national", pointe le document.

Concernant le marché de la géothermie assistée par pompes à chaleur, ce dernier affiche une croissance de 7% par an. Il est tiré par la progression des opérations pour l'habitat collectif (+10,5%) qui contrebalance la baisse du nombre d'opération pour les maisons individuelles (-15%).

La production de chaleur annuelle s'avère de l'ordre de 2.800 GWh. Les perspectives de développement seraient fortes, selon l'AFPG compte tenu de la présence de nombreuses nappes souterraines et la température élevée du sous-sol de plusieurs zones du territoire. Aujourd'hui, les régions les plus développées sont la Bretagne, l'Ile-de-France et l'Alsace. La puissance totale installée pour la production d'électricité en France en 2011 est de 17,2 MW.

3,4% de la production française de chaleur d'origine renouvelable

"Avec 440.000 tonnes équivalent pétroles substituées par an (440 ktep) pour l'année 2011, la géothermie assure 3,4% de la production française de chaleur d'origine renouvelable", assure l'étude de AFPG. La haute énergie en France s'avère limitée à deux installations : l'une à Bouillante, en Guadeloupe et l'autre à Soultz-sous-forêts en Alsace.

La centrale de Bouillante couvrirait 10% des besoins annuels de l'île, selon AFPG. Elle comporte une installation originelle de 5 MWe à laquelle se sont ajoutés 11 MWe supplémentaires grâce en 2001 à trois nouveaux puits et une centrale en 2003. Un nouveau projet (Bouillante 3) est à l'étude. Sa capacité de production prévue serait de l'ordre de 10 à 15 MWe. Le site expérimental de Soultz-sous-forêts permettra à terme de mieux appréhender les phénomènes souterrains et d'optimiser les futures installations de géothermie profonde en milieu fracturé. Il dispose de trois puits de 5.000 m de profondeur. Ces derniers produisent, grâce à un débit de 126 m³/h à 175°C, 13 MWth de chaleur qui sont transformés en 1,5 MWe net d'électricité. Une nouvelle dynamique pourrait cependant être engagée, selon l'AFPG. "Plusieurs permis exclusifs de recherche ont été accordés depuis trois ans et de nombreuses demandes ont été déposées ces derniers mois (...). L'Appel à manisfestation d'Intérêt (AMI) lancé par l'ADEME fin 2011 a donné lieu à des propositions de projets de démonstration qui pourraient marquer un virage important dans cette technologie particulière", note l'association.

Réactions3 réactions à cet article

 

La géothermie est sans aucun doute une partie des solutions complèmentaire à l'énergie future mais elle est encore beaucoup trop élevée au niveau de l'investisement.De plus nous sommes dans une région (est de la somme) où nous subissons de plus en plus l'irrigation à outrance bien souvent meme irraisonnée. le risque d'abaissement des nappes existe et se fait déjà sentir^y a t-il vraiment un danger comment faire baisser le cout d'une telle opération?

lutecechien | 19 novembre 2012 à 10h24
 
 

Effectivement, la Géothermie Profonde a de l'avenir! par ex dans les profondeurs du Bassin Minier Rhénan. Des projets existent depuis 40ans dans les archives . Tant que les décisions politiques demeureront des veux pieux, par absence de volonté d'investissements, ce potentiel énorme restera "en réserve" pour les générations futures ,qui, quoi-qu'il arrivera sera exploité , d'une façon moins polluantes que les schistes ,mais avec une fracture hydraulique bien contrôlée! On ne peut plus être contre tout .

arthur | 19 novembre 2012 à 13h17
 
 

La production d’électricité par géothermie à grande profondeur, est à mon avis, la seule solution réellement viable dans le cadre des ENR.
Cette voie est tout de même plus sérieuse et plus crédible que d’implanter des forets de mats éoliens dans nos paysages.
Je rappelle que le facteur de charge d’une centrale géothermique profonde à haute température est d’environ 82% soit supérieur à celui d’une centrale nucléaire (75%), et aux antipodes de l’éolien (entre 19 et 22%)

Tireman | 22 novembre 2012 à 11h46
 
 

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