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Vidange des lacs réservoirs de la Seine : une opération longue et délicate

Le 15 mai dernier, le gestionnaire des lacs réservoirs de la Seine a débuté la vidange décennale du lac d'Orient. L'impact sur l'écosystème du plan d'eau artificiel sera évalué durant les sept mois de l'opération d'entretien.

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Vidange des lacs réservoirs de la Seine : une opération longue et délicate
© Pierre Pérouse - 2002
   
Suite aux trois grandes crues qui ont touché la Seine et Paris en 1910, 1924 et 1955 avec entre temps la grande sécheresse de 1921, les Pouvoirs Publics ont construit quatre lacs réservoirs en amont de la Seine afin d'en réguler le débit et protéger le bassin parisien. Le lac de Pannecière sur l'Yonne, le lac d'Orient sur la Seine, le lac du Der-chantecoq sur la Marne et les lacs du temple et d'Amance sur l'Aube permettent ainsi de limiter les crues sur la Seine et ses trois affluents et d'assurer un minimum de débit en période d'étiage c'est-à-dire en été et en automne. Construits entre 1949 et 1990, ces quatre ouvrages artificiels sont soumis aux règles d'inspection et de surveillance des barrages ce qui implique notamment une opération de vidange complète décennale. Cette année, c'est le lac d'Orient qui est concerné par cette opération, la précédente ayant été réalisée en 1997.

Construit dans l'Aube sur une dérivation de la Seine en 1966, ce lac a une capacité de 207,8 millions de m³ retenus par cinq digues en matériaux argileux compactés, d'une hauteur variant de 4 à 25 mètres. C'est en particulier ces ouvrages habituellement immergés qui doivent être inspectés visuellement dans ces moindres détails. Par conséquent la vidange totale du lac est nécessaire. Au titre de la Loi sur l'eau et les Milieux aquatiques, cette opération doit être autorisée par la préfecture et doit être compatible avec le réseau Nature 2000. Après enquête publique et réunions avec les élus, la vidange du plan d'eau a débuté le 15 mai dernier.
Le remplissage du lac a donc été interrompu à cette date. La vidange proprement dite débutera le 1er juillet et devrait se terminer le 15 octobre prochain. Le contrôle des ouvrages durera deux semaines avant que le lac ne soit à nouveau rempli.

Bien que le lac d'orient soit un lac artificiellement créé, il accueille un écosystème spécifique. Sa vidange totale risque donc d'avoir un impact non négligeable qui va être évalué au cours de l'opération. Le gestionnaire des lacs à savoir l'Institution Interdépartementale des Barrages-Réservoirs du Bassin de la Seine (IIBRBS) a donc prévu de conserver en eau les retenues piscicoles qui constituent une réserve d'eau d'1,4 million de m3. À titre expérimental, des îlots flottants végétalisés vont être mis en place pour servir d'abris et protéger les zones piscicoles soumises à la prédation d'oiseaux. Le suivi habituel de la qualité physico-chimique de l'eau du lac-réservoir va être renforcé et complété par un suivi des eaux du canal de restitution de l'eau vers la Seine, des ruisseaux adjacents et de la Seine en aval.
La qualité biologique du lac sera quant à elle vérifiée pendant et après la vidange par un état des lieux de la faune invertébrée, des poissons, des végétaux et des oiseaux nicheurs. Par ailleurs, un suivi piscicole du lac sera réalisé par l'Office National de l'Eau et des Milieux Aquatiques (ONEMA) après vidange et sera comparé à celui fait avant.

Pendant cette opération de vidange, le rôle du lac d'Orient n'est pas annulé. En cas de crues, le dépassement des débits maximaux autorisés en rivière pourra conduire à l'arrêt de la vidange voire à un éventuel report l'année suivante. Toutefois pour favoriser la vidange du lac et assurer le bon déroulement de l'opération, le débit réglementaire à ne pas dépasser en Seine en amont du lac est porté de 40 à 60 m3/s de juillet à septembre.

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