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Actu-Environnement

Le Rapport du Groupe de travail I du GIEC (février 2007)

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) Actu-Environnement.com - Publié le 26/01/2007
Le Groupe d’experts intergouvernemental...  |    |  Chapitre 6 / 10
Le Groupe de travail I est chargé d'évaluer les aspects scientifiques du système climatique et de l'évolution du climat.

Principales données du rapport :


Rôle de l’homme dans le changement climatique

« L’essentiel de l’accroissement observé sur la température moyenne mondiale depuis le milieu du 20ème siècle est très vraisemblablement du à l’augmentation observée » des gaz à effet de serre rejetés par les activités humaines, estiment les experts du GIEC.

Le lien entre hausse du thermomètre et envolée des gaz à effet de serre au cours des 50 dernières années avait déjà été fait dans le rapport de 2001. Mais il avait été alors seulement considéré comme « vraisemblable » (plus de 2 chances sur trois) au lieu de « très vraisemblable » (probabilité supérieure à 90%).


Etat des lieux

« Le réchauffement du système climatique est sans équivoque ». « 11 des 12 dernières années figurent au palmarès des 12 années les plus chaudes » depuis 1850, date du début des enregistrements.

La température moyenne du globe a augmenté de 0,74 degré en 100 ans (1906-2005) alors qu’elle n’avait cru que de 0,6 degré entre 1901 et 2000, selon le rapport de 2001.

D’une manière générale le réchauffement a été deux fois plus rapide dans les 50 dernières années que dans les 100 dernières années, observent aujourd’hui les experts du GIEC.

Les concentrations de CO2, de méthane et de protoxyde d’azote, les trois principaux gaz réchauffant l’atmosphère, « ont crû de façon notable du fait des activités humaines depuis 1750 ».

Celle du seul CO2 est à son plus haut niveau depuis 650.000 ans. Elle atteignait 379 parties par millions en 2005 contre 280 ppm environ à l’ère préindustrielle.

Les activités humaines, rappellent les experts, ont des effets contradictoires sur le climat. L’utilisation des combustibles fossiles et la déforestation réchauffent la planète. L’usage des aérosols au contraire la refroidit.

Mais il y a désormais « huit chances sur dix » que ce soit le réchauffement qui l’ait emporté depuis le début de l’ère industrielle en 1750.

« Les glaciers de montagne et la couverture neigeuse ont diminué dans les deux hémisphères ».

La mer a monté de 17 cm au 20ème siècle, une donnée affinée depuis le dernier rapport du GIEC qui donnait une fourchette de 10 à 20 cm.

« Des sécheresses plus sévères et plus longues ont été observées sur de larges étendues depuis 1970, particulièrement dans les régions tropicales et subtropicales »


Les vagues de chaleur sont devenues plus fréquentes.

Sur les cyclones tropicaux, un sujet sensible pour la délégation américaine à la réunion de Paris, les experts estiment qu’ « il n’y a pas de tendance claire sur le nombre annuel » de ces phénomènes et que leur lien avec le changement climatique n’est pas encore définitivement établi.

« Les observations mettent en évidence une augmentation de l’activité des cyclones tropicaux intenses dans l’Atlantique nord depuis 1970 environ, corrélée avec des augmentations de températures de surface de la mer sous les tropiques », écrivent-ils prudemment.

Mais un tableau du document est plus explicite. Il indique qu’il y a « plus d’une chance sur deux » que les rejets de gaz à effet de serre et autres activités humaines augmentent le nombre de cyclones tropicaux de forte intensité à l’avenir et qu’il y a « deux chances sur trois » que cela ait été déjà le cas depuis 1970.


Les cataclysmes menacent en l’absence de politiques climatiques

« La poursuite des émissions de gaz à effet de serre au niveau actuel ou au-dessus provoquerait un réchauffement supplémentaire et induirait de nombreux changements dans le système climatique global au long du 21ème siècle, qui seraient très vraisemblablement (90% de chances, ndlr) plus importants que ce qui a été observé au cours du 20ème siècle », avertissent les scientiques dans le nouveau rapport.

Selon les scénarios de croissance économique et démographique, de percées technologiques et d’émissions tendancielles des gaz à effet de serre, les « valeurs les plus probables » du réchauffement à venir vont de 1,8 degré Celsius à 4 degrés Celsius.

Les températures simulées pour la décennie 2090-2099 sont comparées à celles des 20 dernières années du XXème siècle (1980-1999).

Pour le scénario le plus optimiste (B1), la fourchette de réchauffement va de 1,1 degré à 2,9 degrés. Pour le scénario le plus catastrophique (A1F1), elle s’étale de 2,4 degrés à 6,4 degrés.

Les chiffres extrêmes (1,1 degré à 6,4 degrés) « ne sont pas directement comparables » à la fourchette fournie en 2001 pour la période 1990-2100 (1,4 à 5,8 degrés), indiquent les experts.

A l’époque, rappellent-ils, aucune « valeur la plus probable » n’avait pu encore être établie.

« Les nouvelles évaluations reposent sur un plus grand nombre de modèles », « d’une complexité et d’un réalisme croissants », expliquent-ils. Elles intègrent notamment « de nouvelles informations sur les rétroactions liées au cycle du carbone » (par exemple sur le stockage du CO2 par les forêts et les océans, ndlr).

La modélisation a également progressé depuis 2001 à l’échelle régionale.

« Le réchauffement le plus important est attendu sur les terres émergées et aux latitudes élevées, et le moins important est escompté dans le sud de l’océan indien et dans certaines parties de l’Atlantique nord ».

Le rapport table sur une élévation du niveau de la mer de 18 à 59 cm d’ici 2100. Une meilleure connaissance du passé et une modélisation plus poussée ont permis d’affiner la fourchette de 2001 (9 à 88 cm). Mais elles ne permettent pas encore d’établir des « valeurs les plus probables ».


Davantage d’événements météorologiques extrêmes

Les experts ont beaucoup plus de certitudes qu’en 2001 sur ce qui se passerait si rien n’était entrepris pour combattre énergiquement l’effet de serre.

« Il est très probable (plus de neuf chances sur dix) que les chaleurs extrêmes, les vagues de chaleur et les événements de fortes précipitations continueront à devenir plus fréquents » au XXIème siècle.

La couverture neigeuse va se contracter. Dans l’Arctique comme dans l’Antarctique les glaces de mer vont diminuer, quelque que soit le scénario étudié.

Côté précipitations, les projections ont fait des progrès depuis 2001. « Des augmentations des quantités de pluies « sont très vraisemblables aux latitudes élevées, alors que des diminutions sont vraisemblables dans la plupart des régions émergées subtropicales ».

En ce qui concerne les courants marins, le rapport confirme que l’arrêt du Gulf Stream n’est pas pour demain. « Il est très vraisemblable, indique-t-il, que la circulation thermohaline de l’Atlantique nord ralentira au cours du 21ème siècle ». Mais « il est très improbable qu’elle subisse une transition importante au cours du 21ème siècle », les évolutions à plus long terme ne pouvant encore être établies avec la moindre certitude.


Les six scénarios du GIEC

Les experts du Giec se basent sur six scénarios plus ou moins polluants pour décrire le climat du futur, ce qui leur permet d'aboutir à leurs "meilleures estimations": un réchauffement global de 1,8 à 4 degrés en 2100.
Voici le détail de ces scenarios, suivi de la fourchette d'augmentation de température prévue pour chacun d'entre eux à l'horizon 2100 par rapport à la période 1980-1999.
Certains scénarios sont plus "vertueux" et recourent à des énergies moins polluantes que le pétrole, gaz et charbon, mais aucun ne prend en compte une action spécifique de la communauté internationale pour combattre le réchauffement.
La fourchette de 1,8 à 4 degrés s'inscrit enfin dans une fourchette plus large de 1,1 à 6,4 degrés, qui tient compte des incertitudes sur la réaction de la machine climatique au réchauffement déjà anticipé.

Scénario B1: + 1,8 degrés (1,1-2,9): le moins polluant, il décrit un monde "convergent" (sous l'effet de la mondialisation), où la population culmine au milieu du siècle et décline ensuite, où l'accent est mis sur des solutions mondiales orientées vers une viabilité économique et environnementale, y compris une meilleure équité, mais sans initiatives supplémentaires pour gérer le climat.

Scénario A1T: + 2,4 (1,4-3,8): la croissance est très rapide, mais l'économie s'appuie sur des sources d'énergie autres que fossiles et intègre rapidement les technologies plus efficaces.

Scénario B2: + 2,4 (1,4-3,8) il décrit un monde où l'accent est placé sur des solutions locales, dans un sens de viabilité économique, sociale et environnementale.

Scénario A1B: + 2,8 (1,7-4,4): la croissance très rapide s'appuie sur des sources d'énergie équilibrées entre fossiles et autres (nucléaire, renouvelables). De nouvelles technologies plus efficaces sont introduites rapidement. C'est le scénario qui "colle" le plus aux prévisions actuelles de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) pour 2050.

Scénario A2: + 3,4 (2-5,4): il décrit un monde très hétérogène (autosuffisance, préservation des identités locales). La population continue de croître, car les taux de fécondité se rapprochent plus lentement, le développement économique a une orientation principalement régionale.

Scénario A1F1: + 4 (2,4-6,4): le plus polluant, il décrit un monde à croissance très rapide qui recourt fortement aux énergies fossiles (charbon, gaz, pétrole).


* Résumé à l'intention des Décideurs du quatrième rapport du Groupe : résumé établi pour les décideurs.

* Texte officiel du rapport : http://www.ipcc.ch/SPM2feb07.pdf

© Tous droits réservés Actu-Environnement
Reproduction interdite sauf accord de l'Éditeur.

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