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Impact environnemental des produits d'entretien et des équipements de nettoyage

Hygiène, propreté, nettoyage et environnement Actu-Environnement.com - Publié le 04/04/2011
Hygiène, propreté, nettoyage et...  |    |  Chapitre 3 / 4
Un nettoyage efficace

Balayer les poussières, frotter, racler, brosser, laver, détartrer, dégraisser, nettoyer le biofilm des sanitaires, les moisissures, les traces des vitres, les salissures sur les métaux, inox, bois, appareils électroniques, carrelage, moquettes... désinfecter... le principal critère de la mise en propreté repose sur un nettoyage efficace des salissures tant dans l'action mécanique, que dans l'effet chimique des produits et le temps passé (y compris pour l'action des produits nettoyants). La plupart du temps, l'agent de propreté se déplace avec son chariot d'entretien équipé d'un système de collecte des déchets et rempli de sceaux d'eau, balais, produits d'entretien, tissus d'essuyage, recharges de papiers toilettes. Dans certains cas, son action mécanique manuelle peut être suppléée par celle d'équipements mécaniques qu'il manipule : aspirateur, monobrosse, laveuses, rotocleaner, balayeuses, nettoyeurs haute pression...

Selon la Société française d'hygiène hospitalière, les produits nettoyants ne contenant pas d'anti-microbiens sont des détergents. Ce qui les distingue des désinfectants, qui sont soumis à la directive 98/8/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 février 1998 concernant la mise sur le marché des produits biocides. Un règlement européen actuellement en première lecture au Conseil européen pourrait l'abroger ; les critères d'exclusion de certaines substances chimiques sont pour l'instant uniquement sanitaires et non environnementaux (Substances Persistantes, Bioaccumulantes et toxiques dites PBT).

Les détergents associés à une image peu respectueuse de l'environnement

Selon la FEP, 440.000 tonnes de détergents ont été utilisées en France en 2005. Combien aujourd'hui ? Ce qui est sûr, c'est que la très grande majorité d'entre eux sont encore issus de la pétrochimie. L'Union des industries chimiques (UIC) indique qu'en 2009, 97% des produits chimiques fabriqués en France étaient d'origine pétrochimique. Mais voilà, l'industrie des détergents (et sa fédération l'Afise) se fait discrète depuis les accusations de développer des produits de nettoyage ni solubles ni biodégradables, retrouvés sous forme de mousses jusque dans l'écume marine, brûlant les écorces de pin méditerranéens, contribuant à la perturbation endocrinienne des poissons et des cétacés, à l'eutrophisation des cours d'eau, etc. Tensio-actifs, (agents dégraissant, moussants), ethers de glycol (solvants), phosphates (interdits dans les lessives depuis le 1er juillet 2007) ou encore agents de chélation (relâchement de métaux lourds) sont autant de produits mis en cause dans la dégradation du milieu naturel. Auxquels s'ajoute aujourd'hui le risque potentiel lié à l'intégration de nanoparticules dans la fabrication des produits.

Aujourd'hui, les études d'évaluation de la résistance des détergents aux traitements des eaux usées domestiques et des effluents industriels se font rares. Dans une étude, l'INERIS fait cependant le lien entre la rareté de ces évaluations et la tendance à substituer les nonylphénols et les éthoxylates (composés chimiques de synthèse appartenant à la famille des alkylphénols) dans les décapants industriels. Ces produits sont soumis à la Directive n° 2003/53/CE du Parlement européen et du Conseil du 18 juin 2003 relative à la limitation de la mise sur le marché et de l'emploi de certaines substances et préparations dangereuses.

L'étiquetage des produits de nettoyage liée à la protection de l'environnement

Depuis le règlement relatif aux détergents n°648/2004 du Parlement européen et du Conseil signé le 31 mars 2004 entré en vigueur en France le 8 octobre 2005 (cf http://www.actu-environnement.com/ae/news/1289.php4), les détergents doivent respecter une biodégradabilité ultime de 60% au bout de 28 jours. L'étiquetage sur les produits est obligatoire en cas de présence de tensioactifs, d'azurants optiques, de parfums, d'enzymes et de désinfectants. Au-delà du dépassement d'une concentrations seuil (0,2% du volume) pour d'autres composants, l'étiquetage est aussi obligatoire.

Le règlement CLP (Classification, Labelling and Packaging) n°1272/2008 relatif à la classification, à l'étiquetage et à l'emballage des substances chimiques et des mélanges entré en vigueur le 20 janvier 2009 remplace progressivement le règlement actuel. Il introduit la notion de classes de danger pour l'environnement, pour le milieu aquatique (toxicité, effets néfastes à long terme) et pour la couche d'ozone, et de catégories de dangers (aigu, chronique). Est associé à cela un pictogramme noir sur fonds blanc dans un losange rouge.

Des produits de nettoyage issus de la chimie verte

Fabriquer les détergents et autres produits d'entretien, les emballages des produits à partir de matières premières végétales (amidon, glucose, glycérol, paille, résidus de bois, oléagineux…) plutôt qu'à partir de dérivés du pétrole. Tel est l'enjeu de la chimie végétale, un sous-secteur de la chimie verte qui offre l'espoir de ressources non émettrices de gaz à effet de serre, renouvelables et 100% biodégradables mais dont l'utilisation pourrait entrer en conflit avec l'usage alimentaire des terres agricoles.

Selon Paul Colonna, chercheur à l'INRA et auteur de « La Chimie verte » paru aux éditions Lavoisier en 2006, celle-ci se définit comme « la conception, le développement et l'utilisation de produits chimiques et de procédés visant à réduire ou éliminer l'usage ou la formation de substances dangereuses ou toxiques pour la santé et l'environnement ». Selon l'INSEE, le sous-secteur de l'industrie chimique verte des savons, parfums et produits d'entretien a progressé de 18,3% entre 2009 et 2010. Une tendance qui devrait se poursuivre, en témoigne l'offre grandissante de « produits verts » ou encore l'engagement des fabricants. En effet, dans son agenda pour un nettoyage durable de mars 2010, l'AISE se donne pour ligne directrice de « réduire le potentiel d'impact écologique des détergents, de prendre en compte l'analyse du cycle de vie dans l'élaboration des produits, et l'utilisation responsable des ressources terrestres ».

Des produits nettoyants éco-labellisés

Selon l'étude de la Commission européenne The direct and indirect benefits of European ecolabel, « si les produits portant l'éco-label européen atteignaient ne serait ce que 55% des parts de marché, une économie de 12 millions de m3 d'eau serait possible, ainsi qu'une réduction annuelle de 22.000 tonnes de produits nocifs en moins déversés dans la nature ». Liquides vaisselles, détergents pour lave-vaisselle, détergents textiles, nettoyants universels (hors produits détartrants, désinfectants et produits pour fosse septique) et nettoyants pour sanitaires, tous ces produits existent sur le marché français avec la certification Eco-label européen délivrée par Afnor Certification. Ce n'est pas encore le cas de certains dégraissants et décapants industriels.

La certification Eco-label européen repose sur le respect d'un cahier des charges par produit qui prend en compte l’ensemble du cycle de vie (depuis l’extraction des matières premières jusqu’à la fin de vie du produit, en passant par la fabrication, la distribution et l’utilisation) selon une approche multi-critère des impacts environnementaux (matières premières, énergie, préservation de la biodiversité, pollution de l’eau, de l’air, des sols, déchets, bruit, etc.).

En France, il existe d'autres référencements de produits respectueux de l'environnement, là encore basés sur le respect d'un cahier des charges : la marque NF Environnement (également certifiée par l'Afnor), la certification Ecocert (qui distingue les détergents n'utilisant aucun ingrédient de la pétrochimie et précise « non testé sur les animaux »), la mention Nature&Progrès (produits végétaux entrant dans la composition labellisés AB). Certains fabricants de produits développent eux-mêmes leurs cahiers des charges, par exemple les laboratoires Salveco (gamme Atout Vert 100% issu de la chimie végétale) et l'entreprise Novamex (marque l'Arbre Vert eco-labellisée européen depuis 2003).

Des compositions de produits respectueuses de l'environnement

Dans un guide technique sur l'utilisation de produits de nettoyage écologiques destiné aux collectivités, l'association Eau&Rivières de Bretagne préconise certains composants : des tensio-actifs d'origine végétale (à l'huile de Coprah, de colza, de noix de coco) ; des agents séquestrants (qui favorisent l'action des tensio-actifs dans une eau calcaire) tels que la soude, les zéolithes, silicates ou citrates ; des agents de blanchiment à base d'oxygène ; des solvants à base d'éthanol (les terpènes d'agrumes étant irritants) ; des acides organiques faibles (vinaigre blanc) ; des dissolvants de graisses et de colles à base de carbonate de calcium ; le vinaigre blanc comme désinfectant ; les conservateurs (pour éviter la dégradation des produits) autorisés pour l'alimentation humaine (de E 200 à E 299).

Des tissus d'essuyage en micro-fibres

Nul ne sait vraiment ce que sont les « microfibres », qui n'ont pas de définition normée, si ce n'est que ce sont des fibres synthétiques (polyester, polyamide) très fines, dont le titre est inférieur à un décitex selon l’Institut Français du Textile et de l’Habillement (IFTH). Cette unité de caractérisation des tissus signifie que dix kilomètres de microfibres pèsent moins d'un gramme.

Le fait est que les microfibres figurent comme un tissu non seulement très léger, mais particulièrement efficace pour le raclage (effet multilames) et l'absorption des souillures par capillarité, et plus résistant aux produits chimiques que des fibres naturelles (coton). De ce fait, qu'elles soient utilisées sous forme de lavettes pour les vitres, d'éponges, de serpillère ou de chiffons, elles permettent de réduire les quantités de déchets produits. Selon la FEP, passer à un chiffon microfibres permet jusqu'à 300 réutilisations contre une dizaine s'il est en fibres naturelles, et de réaliser 30% d'économies d'eau.

Des équipements de nettoyage sans produits chimique

Sur le marché actuel apparaissent des équipements de nettoyage ne nécessitant pas de produits chimiques. La société Tennant propose une autolaveuse autoportée à batterie basée sur une technologie de lavage à l'eau chargée électriquement (breveté ec-H2O™), testée par l'Institut Pasteur. La société française Cleanea a elle aussi développé une machine pour le nettoyage des locaux basée sur une réaction chimique d’électrolyse provoquée par un faible courant électrique. Dans ses établissements médicaux Saint Roch de Cambrai, le docteur Joël Cliche a quant à lui testé le bionettoyage vapeur avant d'investir dans l'équipement sur ses trois établissements pour le nettoyage des chambres après le départ des patients, et même du bloc opératoire. « Sur des tables, dans les coins, on est surpris de voir que ce qui semblait propre s'avère sale », explique-t-il.
Selon des études, un balayage de la buse d’émission de vapeur sur la surface traitée à une distance et à une vitesse correcte serait efficace dans la lutte contre des bactéries telles que le Staphylococcus aureus (Staphylocoque doré) résistant à la méticilline (SARM). « Le seul bémol, c'est le clostridium difficile qui ne disparaît qu'à l'huile de coude et à l'eau de Javel », précise-t-il. Entre la suppression des produits désinfectants, la consommation d'eau et d'électricité, il s'attend à un rapide retour sur investissement. Pour les Agents de Service Hospitaliers (ASH), habitué(e)s à manoeuvrer un chariot de ménage chargé de gants, de produits bactéricides aux dilutions variables selon les cas, ces engins chronophages et bruyants représentent une révolution culturelle.

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Reproduction interdite sauf accord de l'Éditeur.

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