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Boues d'épuration : de nombreuses questions sans réponse

Les micropolluants de l'eau Actu-Environnement.com - Publié le 02/04/2012
Les micropolluants de l'eau  |    |  Chapitre 7 / 7
Environnement & Technique N°314 Ce dossier a été publié dans la revue Environnement & Technique n°314
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L'élimination de certains micropolluants en STEU conduit à leur accumulation dans les boues d'épuration. Une situation qui soulève des questions quant au devenir de ces micropolluants, notamment lorsque les boues sont épandues.

© Dominique VERNIER


Si certains micropolluants peuvent être en partie éliminés de l'eau grâce aux traitements classiques des stations de traitement des eaux usées (STEU) et via des techniques complémentaires, ils ne disparaissent pas pour autant et la fraction non biodégradable se concentre dans les boues d'épuration. Ainsi, apparaît la question du devenir de ces boues et du possible transfert des micropolluants qu'elles contiennent au milieu naturel, notamment lorsqu'elles sont utilisées pour l'épandage agricole.

En Europe, la production des boues d'épuration atteint 10 millions de tonnes de matière sèche (tMS), dont 1,2 million pour la France. Quant à la fraction épandue sur les terres agricoles, elle s'élevait à 39% en 2006 pour l'ensemble des Etats membres de l'Union européenne et à un peu plus de 70% pour la France en 2008 et 2009.

Une première évaluation

L'étude Amperes1, conduite de février 2007 à octobre 2008 par Suez environnement et l'Institut de recherche pour l'ingénierie de l'agriculture et de l'environnement (le Cemagref), apporte une première évaluation du transfert des micropolluants de l'eau traitée par les méthodes classiques vers les boues d'épuration. Il apparaît que pour les substances éliminées des eaux à plus de 70%, les deux tiers des micropolluants sont transférés aux boues, le solde étant détruit naturellement par biodégradation.

Ainsi, la plupart des substances mesurées dans les eaux brutes ont été retrouvées dans au moins un des échantillons de boue analysés. Parmi les micropolluants les plus fréquents, apparaissent les métaux et les substances organiques hydrophobes. Il s'agit notamment des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), des détergents, des plastifiants et de certains produits chimiques. Quant aux résidus médicamenteux, pesticides et hormones, ils sont quantifiés à des niveaux souvent inférieurs à 1 milligramme par kilogramme de matière sèche (mg/kgMS).

S'agissant des substances contrôlées dans le cadre de la directive 86/278 relative à la protection de l'environnement, et notamment des sols, lors de l'utilisation des boues d'épuration en agriculture, il apparaît que les niveaux mesurés sont en deçà des seuils réglementaires. Néanmoins, ce texte relativement ancien ne se penche pas sur les polluants émergents et en la matière peu de données existent.

Des recherches en cours

Si l'étude Amperes, apporte une première base, elle soulève aussi de nouvelles questions. L'une d'entre elles est le transfert des micropolluants des boues vers les sols, les végétaux et les nappes phréatiques ou les rivières. "Nous avons peu de données robustes sur le devenir des micropolluants", rapporte Rodolphe Gaucher, responsable de l'Unité technologies propres de l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris).
L'Ineris vient d'achever une première étude pour l'Office national de l'eau et des milieux aquatiques (Onema), qui dresse un premier état de l'art concernant la valorisation des boues et les micropolluants. Pour améliorer les connaissances, le projet Armistiq2 prolonge de 2010 à 2012 les travaux entrepris avec l'étude Amperes, avec un axe de travail spécifique aux boues d'épuration. En l'occurrence, le projet étudiera la réduction des micropolluants hydrophobes par traitement des boues avant valorisation.

Quid des impacts sanitaires et environnementaux

Par ailleurs, l'Ineris, le Syndicat des professionnels du recyclage en agriculture (Syprea) et l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) ont lancé une étude sur les polluants émergents dans les boues et sur leurs éventuels impacts sanitaires. Il s'agit notamment de caractériser les micropolluants et d'évaluer leur capacité à s'évaporer ou à migrer dans le milieu naturel.

Enfin, l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) conduit une étude spécifique aux boues, à leur traitement et à leur usage agricole. L'objectif est de répondre à trois questions : Quelles sont les teneurs en micropolluants des boues ? Comment celle-ci évolue en fonction des traitements appliqués aux boues ? Comment les polluants migrent vers les sols, les plantes et les eaux ?
Parmi les premiers résultats de l'étude de l'Inra, les tests réalisés en plein champ tendraient à montrer un fort impact de la qualité de la boue sur le sol et une accumulation des composés les plus persistants.

Philippe Collet

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Reproduction interdite sauf accord de l'Éditeur.

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