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La gestion de crise nucléaire

L'énergie nucléaire Actu-Environnement.com - Publié le 09/05/2011
L'énergie nucléaire  |    |  Chapitre 9 / 9
Les PPI et PUI : deux plans d'urgence de protection

Deux plans d'urgence - PPI et PUI - sont respectivement établis par les pouvoirs publics et les industriels d'installations à risques. Ces plans concernent aussi bien les installations fixes que sont les centrales nucléaires que des installations mobiles comme les transports de matières dangereuses. Ils visent en particulier à définir les mesures nécessaires pour protéger les travailleurs, la population et l'environnement des conséquences d'un incident ou d'un accident.

Le plan particulier d'intervention (PPI) est élaboré par les préfets (conformément au décret de septembre 2005, et au plan Orsec) qui précise les premières actions de protection de la population à mettre en œuvre en cas d'accident, les missions des différents services concernés, les schémas de diffusion d'alerte et les moyens humains et matériels engagés. C'est l'ASN qui fournit aux préfets les bases techniques du plan (risques présentés par les installations, accidents possibles, effets à l'extérieur du site). Le PPI vise à apporter l'appui des moyens d'intervention extérieurs (pompiers, police, gendarme, SAMU...). à l'exploitant, qui de son côté pourra établir son plan d'urgence interne appelé PUI (conformément au décret de novembre 2007). Le PUI vise d'une part à protéger le personnel travaillant sur le site nucléaire en cas d'incident ou d'accident, et d'autre part à limiter au maximum les conséquences de l'accident à l'extérieur du site nucléaire. Ce plan précise l'organisation et les moyens à mettre en œuvre sur le site. Il comprend aussi les dispositions permettant d'informer rapidement les pouvoirs publics.

Les mesures d'urgence appliquées pour les populations

Dans le cas d’accidents nucléaires, les plans particuliers d'intervention (PPI) élaborés par les préfets prévoient des actions d'urgence de protection des riverains dans un périmètre maximum de 10 kilomètres. L'évacuation de la population, la mise à l'abri (confinement) et l'ingestion de comprimés d'iode stable sont alors demandées en cas d'accident grave dans les premières 24 heures. Depuis 2005, tout riverain doit posséder chez lui des tablettes d’iode (iodure de potassium) permettant de limiter efficacement tout cancer car l'iode 131 se fixe très rapidement sur la glande thyroïde. Les comprimés d’iode doivent être absorbés au moment de la menace de rejet d’iode radioactif.

Des niveaux d’intervention exprimés en termes de doses servent ainsi de repères aux pouvoirs publics pour décider des actions à déclencher : la mise à l’abri, si la dose efficace prévisionnelle dépasse 10 mSv ; l’évacuation, si la dose efficace prévisionnelle dépasse 50 mSv et l’administration d’iode stable, lorsque la dose à la thyroïde risque de dépasser 100 mSv.
Se tenir informé ou rester calfeutré chez soi (fermer les fenêtres, boucher toutes les aérations) restent les premières mesures à appliquer dès que la fuite radioactive survient. Quant aux comprimés d'iode, ils peuvent être distribués au-delà des populations riveraines, en cas de situation d'urgence radiologique. Des stocks situés dans chaque département permettent de couvrir le reste du territoire national, assure l'ASN.

En accord avec le préfet, l’exploitant doit également alerter les populations et déclencher les sirènes (trois sonneries d’une minute dans un rayon de 2 km). L’exploitant et l’Etat assurent aussi l’information des populations (plaquettes, réunion…. Les consignes sont aussi relayées par les médias. Concernant le plan d'urgence interne (PUI), seuls les agents indispensables (déterminés par l'industriel) à la gestion de l'accident ''demeureront, en tant que de besoin, sur le site nucléaire en cas de crise'', précise l'ASN. Pour leur propre sécurité notamment, les agents non indispensables seront renvoyés auprès de leur famille.

Entre 100 et 200 exercices sont réalisés chaque année pour tester ces plans d'urgence au niveau local et national.

Des plans de sûreté post-Fukushima

La crise de Fukushima tend à un renforcement des procédures de sécurité des centrales françaises. Un exercice de crise nucléaire, à composante sismique est notamment prévu d’ici fin 2011, selon l'ASN. Les modes d’intervention en cas de crise vont aussi être révisés. EDF a annoncé le 21 avril 2011 la mise en place d'une force d'intervention rapide capable de faire face en 24 à 48 heures à un accident du type de celui intervenu au Japon. Cette task force sera constituée de matériels complémentaires d'apport en électricité (moteurs diesel) et en eau, avec des moyens de transports et humains dédiés, mobilisables à l'échelle d'un site. EDF a également proposé à l’ASN un nouvel examen d'ici fin septembre 2011 des différents dispositifs de protection afin de ''s’assurer des marges de sûreté des installations'' pour les réacteurs et les piscines de stockage des combustibles et ce, face aux risques potentiels (séismes, inondations, pertes d'alimentations électriques et de refroidissement).

Rachida Boughriet

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