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La qualité de l'air intérieur dans les lieux de la petite enfance et des loisirs

Qualité de l'air intérieur : une prise de conscience tardive pour un enjeu majeur Actu-Environnement.com - Publié le 28/11/2011
Qualité de l'air intérieur : une prise...  |    |  Chapitre 3 / 7
Les enfants sont particulièrement sensibles à la pollution de l'air intérieur et ses effets sanitaires. C'est pourquoi l'Oqai mène des études sur les lieux d'accueil de la petite enfance (école et crèches) et sur les lieux de loisirs.

© Cheryl Casey

22,3 % des enfants d’âge pré-scolaire et 27 % des enfants en âge d'aller à l'école maternelle fréquentent des lieux de garde collectifs, selon les chiffres de l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur (Oqai). Les élèves du primaire sont les jeunes fréquentant le plus les piscines (12 minutes par jour compte tenu de la fréquentation scolaire et extrascolaire) et 70 % collégiens et lycéens fréquentent les salles de sport. Face à ce constat, l'OQAI a décidé d'approfondir son expertise sur la qualité de l'air des lieux accueillant les jeunes, et tout particulièrement s'agissant des salles de sport.

Dans ce contexte, deux projets de décrets visent à encadrer la qualité de l'air de certains établissements recevant du public (ERP) et en particulier les crèches, écoles et centres de loisirs. Le premier texte définit, pour le 1er janvier 2015, des valeur-guides pour le formaldéhyde et le benzène. Le second texte modifie le Code de l'environnement de façon à mettre en œuvre l'obligation de surveillance de la qualité de l'air intérieur de certains ERP, conformément à l'article 180 de la loi Grenelle 2.

Les crèches se distinguent

Concernant la surveillance de la qualité de l'air des ERP, une première campagne de surveillance de la qualité de l'air, menée en Île-de-France, montre que les établissements respectent les seuils de concentrations en matière de benzène et de formaldéhyde. Cependant, un tiers des bâtiments surveillés présente un confinement traduisant des problèmes d'aération. Dans le cadre de l'enquête, un dispositif a été développé afin d'indiquer le niveau de confinement via des voyants verts, oranges et rouge afin d'inciter le responsable à aérer la salle. Cette méthode d'alerte se base sur la mesure du taux de CO2, traduisant le confinement, dont l'augmentation est corrélée à la dégradation de la qualité de l'air, notamment en matière de charge bactérienne.

Plus généralement, l'Oqai observe que les locaux accueillant la petite enfance son plus récents que les locaux scolaires, ce qui entraine certaines différences.

Les locaux dédiés à l'accueil de la petite enfance se distinguent par les pollutions de l'air associées aux contaminants biologiques liés aux soins apportés aux enfants. Par ailleurs, l'exposition des jeunes enfants aux contaminants semi-volatils peut être accentuée par une exposition liée aux contacts mains - bouche qui va au delà de l'exposition par voie respiratoire.

Les établissements scolaires présentent pour leur part des résultats similaires à ceux enregistrés dans les logements. Les principales différences proviennent de la plus grande densité du mobilier, du taux d'utilisation plus important et de l'usage de certains produits (produits d'entretien, encres, peintures, colles…). Bilan : les concentrations en composés organiques volatils (COV), en formaldéhydes et en polluants liés à la présence humaine est plus élevée. "L'aération par ouverture des fenêtres est le seul moyen d'aération mais il est peu utilisé", explique l'OAQI. En effet, 70 % des établissements datent d'avant 1980 et ne bénéficient pas de systèmes spécifiques d'aération.

Le cas particulier des piscines et des patinoires

Si les caractéristiques de la qualité de l'air ne se distinguent pas fortement de celle des logements, ce n'est pas le cas des lieux de loisirs qui présentent des caractéristiques spécifiques. Deux exemples illustrent certaines de ses spécificités : les piscines et les patinoires.

Les piscines posent avant tout un problème du fait des dérivés halogénés présents à la fois dans l’eau et dans l’air. Ces dérivés résultent de la réaction entre le chlore utilisé dans le traitement de l'eau et les substances organiques apportées par les nageurs.

Deux dérivés posent des problèmes de santé avérés, problème d'autant plus importants que la zone de concentration maximale se trouve au dessus de l'eau "dans la zone de respiration des nageurs", précise l'Oqai. La trichloramine a des effets irritants reconnu et "des études épidémiologiques chez les enfants ont mis en évidence une corrélation entre asthme, bronchite chronique et fréquentation des piscines chlorées", rapporte l'Oqai. L'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) a donc proposé une valeur de confort fixée à 0,5 mg/m3 alors que l'Agence nationale de la sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) a pour sa part recommandé de ne pas dépasser le seuil de 0,3 mg/m3. Le second polluant préoccupant est le chloroforme, reconnu cancérogène par l'Organisation de la santé (OMS) depuis 1999.

Une étude menée sur 205 piscines a notamment mis en avant certains facteurs permettant d'améliorer la qualité de l'air des établissements. Il s'agit notamment : du strict respect par les baigneurs des règles d'hygiène, le respect des obligations de vidange complète (au minimum deux fois par an) ou encore équiper les rares (environ 8 % du total) établissements ne disposant pas de systèmes de recyclage d’air.

De la même manière, les patinoires se distinguent par un type de pollution spécifique causé par les gaz d’échappement des surfaceuses à moteur thermique et du chauffage. On retrouve donc dans la liste des polluants problématiques certains des polluants contrôlé en matière de qualité de l'air extérieur : les oxydes d'azote (NOx), les particules fines (PM10 et PM 2,5), les COV et le monoxyde de carbone (CO). A noter que cette pollution peut présenter de réels dangers puisqu'en 1993 deux cas d'intoxication oxycarbonée collective ont été constatés. Suite à ces intoxications, le Conseil supérieur d'hygiène publique de France (CSHPF) a émis des recommandations qui "ne sont pas systématiquement suivies" révèle l'Oqai.

Le CSHPF recommande, entre autres de ne pas utiliser de surfaceuse à moteur alimenté par un combustible liquide, que les rejets des gaz d'échappement se fassent à plus de 2,5 mètres du sol, que le réglage du moteur soit vérifié toute les 50 heures d'utilisation ou encore que les patinoires soient équipées de sonde de détection du CO.

Pour atténuer ses problèmes, il est aussi recommandé de mettre en place un système de ventilation adéquate qui tienne compte des périodes d'utilisation des surfaceuses, de la basse température et de la sécheresse de l'air des établissements et de l'inversion de la température au niveau du sol.

Globalement, l’Oqai a souligné l’importance de mieux sensibiliser les gestionnaires à la problématique de la qualité de l'air intérieur et d’intensifier les contrôles des niveaux de CO.

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Reproduction interdite sauf accord de l'Éditeur.

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