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Un marché français émergent

Smart grid : l'intelligence du local au global Actu-Environnement.com - Publié le 12/03/2012
Smart grid : l'intelligence du local au...  |    |  Chapitre 2 / 9
Environnement & Technique N°313 Ce dossier a été publié dans la revue Environnement & Technique n°313
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L'arrivée des smart grids permet l’entrée de nouveaux acteurs proposant de nouveaux services et produits pour les secteurs de l’énergie mais aussi informatique et des télécoms, dans un contexte réglementaire axé sur la sobriété énergétique.

© ERDF


Fournisseurs d'énergie (électricité, gaz) ou d'eau, gestionnaires du réseau, entreprises IT, opérateurs télécoms, ou encore développeurs EnR, promoteurs immobiliers, intégrateurs … Autant d'acteurs positionnés dans le marché des réseaux intelligents. Un marché prometteur couvrant de nombreux segments industriels : infrastructures réseaux, compteurs, automatisation, voire appareils électroménagers…

Un marché attractif

Parmi ces acteurs figurent les équipementiers de l’énergie dont les Français Alstom et Schneider Electric mais aussi l’Allemand Siemens, le Suisse ABB ou encore l’Américain GE. Pour Philippe Gattet, directeur d'études du cabinet Xerfi Research: "La France compte plusieurs acteurs mondiaux du secteur des matériels électriques déjà engagés dans l'aventure smart grid'' à l'instar de "Legrand, Schneider et Alstom qui a racheté début 2010 Areva T&D qui a été l'un des précurseurs dans ce domaine". Ces groupes sont "tous très offensifs car les réseaux intelligents sont au cœur de leur métier". Mais ils ne sont pas seuls sur le territoire, certains groupes étrangers ont des usines en France comme l'Allemand Hager ou le Suisse ABB. D'autres acteurs comme les spécialistes des compteurs communicants dont l'Américain Itron ou le Suisse Landis+Gyr ne sont pas en reste.

Pour l'heure, les acteurs français sont surtout présents via les équipements électriques. A l’inverse, il y a moins d’acteurs forts sur le secteur des TIC (logiciels et services informatiques ), à l’exception toutefois des grands groupes comme Alcatel-Lucent ou d'autres groupes de service informatique comme Atos Origin ou Capgemini. "Ces trois acteurs sont engagés dans des programmes expérimentaux en France mais aussi à l'international", indique Philippe Gattet. Cisco, HP, IBM, Oracle ou Google font également partie des pionniers. L’intégrateur français Accenture s’est aussi positionné sur ce secteur. Autres chefs de file parmi les acteurs des télécommunications et du conseil : Orange, Bouygues, Vodafone, Verizon, et AT&T,... L’émergence de ces solutions est aussi à l’origine de la création de nouvelles niches, comme les services de maîtrise de l’énergie avec l’apparition des "energy box". Une aubaine aussi pour les start-up françaises qui se sont spécialisées dans le secteur des smart grids comme Ijenko, Neelogy Watteco ou Grid Pocket.

"Le marché français est attractif vu les montants en jeu", estime le cabinet Xerfi. 35 millions de compteurs Linky attendus d'ici 2020 ''pour un coût global de l'opération entre 4 et 9 milliards d'euros. RTE doit également dépenser 5 milliards d'euros d'ici fin 2012 dans son réseau électrique dont une partie de l'investissement est dédiée à gérer les pics de production. C'est là que les smart grids auront leur carte à jouer'', indique M. Gattet dans une étude parue en septembre 2010. 1 milliard d'euros supplémentaire doivent également être investis pour répondre au boom des énergies renouvelables. "Le futur développement des véhicules électriques prévu par l'Etat doit également nécessiter de sérieux investissements", rappelle-t-il. Toutefois, prévoit Xerfi : ''Le véritable essor des Smarts Grids en France ne débutera pas avant 2020, un temps que les industriels doivent mettre à profit pour standardiser les technologies en cours d'expérimentation et le temps aussi pour eux de se doter d'un savoir-faire spécifique dans ce domaine. Autant dire que les opérateurs doivent investir maintenant car la concurrence s'annonce rude'', estime Philippe Gattet.

Structurer une véritable filière française

Reste donc encore à structurer une véritable filière française. C’est l’un des objectifs fixé notamment par le pôle de compétitivité Systematic Paris-Region, qui a lancé le 17 février 2012 à Paris, son nouveau groupe thématique dédié à la Gestion Intelligente de l’Energie (GIE). Présidé par Laurent Schmitt, vice-président Smart Grids Solutions d’Alstom, il réunit des pôles de compétitivité énergie et TIC (Advancity, Tenerrdis, Capenergie, Derbi ...), des grands groupes (Air Liquide, Alstom, EDF, GDF SUEZ, RTE...), des start-up (Ijenko, Artelys…) ou encore la grande école Supélec. ''Il y a un gros potentiel autour de ce marché qualifié en dizaine de milliards de dollars. On est dans une logique de décloisonnement des acteurs, des pratiques et des espaces'', a indiqué de son côté Jean-Luc Beylat, président de Systematic Paris-Region et d'Alcatel-Lucent Bell Labs France. Une feuille de route sera définie afin de lever les verrous technologiques (traitement massif de données, simulation, intelligence embarquée, sûreté de fonctionnement,…) au développement des smart grids en France. Il s'agit de mettre "les TIC au service de la gestion intelligente de l'énergie", a indiqué Laurent Schmitt. L’objectif est aussi de "contribuer aux travaux du comité stratégique des filières éco-industries ( COSEI)". La prochaine étape de Systematic sera "les smart cities", a-t-il précisé.

Si pour Axel Strang, chargé de mission filières vertes à la direction générale de l’énergie et du climat (DGEC), "il y a un manque de visibilité internationale alors que les acteurs français sont connus", il estime que le groupe thématique doit "parvenir à créer une synergie et une histoire commune" mais aussi "alimenter la dynamique nationale ", selon Cécile Dubarry, chef du service des TIC à la Direction générale de la compétitivité, de l'industrie et des services (DGCIS). L'Etat entend également favoriser le développement de la filière. Le gouvernement s'est engagé en juillet 2011 à débloquer 28 millions d'euros pour des projets de réseaux électriques intelligents, dans le cadre des Investissements d'avenir. Six projets seront ainsi soutenus, grâce à un investissement global de l'ensemble des partenaires de 115 millions d'euros.

Rachida Boughriet

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