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Actu-Environnement

Au cœur d'un centre d'études biologiques du CNRS

Comprendre l'impact des changements climatiques sur les écosystèmes marins et terrestres, mesurer les effets de l'agriculture intensive et des activités humaines pour conserver la biodiversité : telle est la mission du centre d'études de Chizé.

Biodiversité  |    |  Actu-Environnement.com
Le Centre d'Études Biologiques de Chizé, unité propre du CNRS, située en plein cœur de la forêt domaniale de Chizé (Deux-Sèvres), dans une Réserve nationale de chasse et de faune sauvage de 2600 ha, mène depuis de nombreuses années des recherches sur l'écologie et l'évolution des vertébrés sauvages en milieu naturel. Ces recherches s'inscrivent dans le cadre des conséquences des changements globaux de l'environnement (intensification de l'agriculture, changements climatiques) sur l'évolution des populations d'animaux sauvages.
Le laboratoire applique ses connaissances, en collaboration avec d'autres organismes*, dans des actions de conservation des espèces menacées et de gestion des espèces abondantes.

L'objectif du travail de Christophe BARBRAUD est de comprendre les mécanismes par lesquels les variations de l'environnement (incluant les activités humaines) et du climat affectent les paramètres démographiques (survie, reproduction,…) des oiseaux marins de l'Océan Austral (pétrels, albatros, manchots), et d'utiliser ces résultats pour modéliser les effets des variations environnementales et climatiques sur les populations de ces espèces. Ceci permettra par la suite de proposer des scénarios concernant l'influence des variations du climat (ex : El Niño) sur les prédateurs supérieurs de l'Océan Austral qui pourront être utilisés comme outils d'aide à la gestion et à la conservation des espèces et des écosystèmes. Ses travaux portent sur la modélisation de la dynamique des populations et s'appuient sur les suivis à long terme mis en place depuis plus de 40 ans dans les Terres Australes et Antarctiques Françaises.

Ainsi, essentiellement conduite dans les Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF) mais aussi en milieu tropical, tempéré et arctique, depuis 1960, plus de 120 000 individus appartenant à 27 espèces différentes d'oiseaux et de mammifères marins ont été bagués ou marqués permettant de constituer une source d'information inestimable pour l'étude notamment des conséquences des changements climatiques.

Les oiseaux et mammifères marins constituent des modèles uniques pour l'étude des conséquences biologiques des changements climatiques et les changements d'usage sur les écosystèmes marins, grâce à la valeur inestimable des suivis démographiques à long terme combinés aux études télémétriques, indiquent les chercheurs de Chizé.

Pour comprendre comment les changements climatiques affectent les populations, il est donc indispensable de pouvoir étudier ces animaux en mer.

Ceci est devenu possible depuis une quinzaine d'années grâce aux suivis télémétriques des oiseaux dont le laboratoire de Chizé a été l'un des pionniers. Cette nouvelle approche vise à évaluer, via le suivi télémétrique inter-annuel des voyages en mer des oiseaux, l'impact de la variabilité climatique sur leur distribution en mer et le coût énergétique associé à une diminution des ressources. Ces suivis télémétriques sont menés à partir de balises Argos ou GPS et reconstituent les déplacements en surface, des capteurs miniaturisés de plongée et d'accélération permettant de suivre les déplacements en profondeur. Dans certains cas, il est possible d'associer l'utilisation d'une microsonde ingérée par l'oiseau et d'un enregistreur de la fréquence cardiaque de manière à connaître respectivement le nombre de captures de proies par unité de temps et les dépenses énergétiques. Un des grands avantages de cette approche est qu'il est possible de mesurer aussi et in situ des paramètres physiques « clés » de l'écosystème marin concerné, comme la température et la salinité, ceci simultanément au suivi en continu du comportement de pêche du prédateur. Celui-ci devient à son insu un bio-échantillonneur original et performant de la disponibilité des ressources dont il dépend directement pour sa survie. Cette approche est actuellement développée sur des éléphants de mer austraux par notre équipe, notamment en bordure de glace de mer et sur le plateau péri-antarctique au cours de l'hiver austral, période de l'année où pratiquement aucune information n'est disponible.

À Chizé, tandis que des chercheurs étudient les incidences des changements climatiques sur les populations d'oiseaux ou sur les reptiles d'autres réalisent des recherches sur les conséquences des changements d'usage sur les oiseaux en plaine céréalière intensive ou sur les populations de grands herbivores

Grâce à la possibilité d'imposer aux reptiles différentes températures corporelles sans affecter leur survie, la simulation en laboratoire des effets des cycles climatiques sont explorés au centre de recherche. Des travaux réalisés sur le terrain, notamment les suivis à long terme de populations de vipères et couleuvres permettent aussi de mesurer les capacités d'adaptation des espèces face aux modifications des milieux. Ces recherches permettent de replacer les expériences dans un contexte réaliste où s'exercent les effets de la sélection naturelle et ceux des changements climatiques. Ils constituent aussi la base pour mettre en place des programmes de conservation de la biodiversité.

Par ailleurs, appréhender l'impact des variations annuelles de l'environnement et des changements globaux sur les populations d'oiseaux sauvages, constitue un enjeu majeur en écologie, étant donné les menaces d'extinctions qui pèsent sur certaines espèces sauvages.
De manière à mieux comprendre leurs reproductions, les chercheurs de Chizé étudient ainsi les mécanismes physiologiques mis en jeu, notamment au travers des messagers chimiques que sont les hormones afin de savoir dans quelle mesure une espèce sera contrainte par son système hormonal et pourra ajuster ou non sa date de ponte ou son comportement de recherche alimentaire face à une modification de l'environnement. Le laboratoire s'est ainsi spécialisé dans le dosage radio immunologique des hormones et les techniques comme la PCR, la spectrophotométrie et la calorimétrie respiratoire, qui permettent de mesurer les principaux paramètres biochimiques.

Alors que la communauté d'oiseaux des plaines agricoles est la plus menacée en Europe (50% des espèces), Vincent BRETAGNOLLE, chercheur au Centre d'études biologiques mène depuis 1994 des études en plaine céréalière dans le sud des Deux-Sèvres (sur 350 km et 11.000 parcelles agricoles). L'ensemble de ces données agricoles et biologiques constitue une base de données spécialisées unique en Europe.
Ce programme est mené en étroite collaboration avec l'ensemble des acteurs du monde agricole, les collectivités et les ONG, et a pour objectif la reconquête de la biodiversité dans les espaces agricoles dans le cadre d'une gestion durable des ressources naturelles.

Le laboratoire organise aussi des stages universitaires (350 étudiants/an) présentant l'originalité d'impliquer les étudiants dans des programmes de recherche et de confronter leurs connaissances théoriques aux réalités de la recherche scientifique.

Réactions2 réactions à cet article

 
association aggréée environnement

Bonne initiative ce centre de recherche dans les 2 sèvres à CHIZE.
Cependant nous applaudirons que lorsque qu'ils nous ferons parvenir les résultats de leur travail.
Dans quel délais et par quelle voie ces résultats nous serons t'il
accessibles ?

salutations

roger schnegg | 30 juin 2005 à 14h24
 
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bonjour c'est tres bien votre travail j'admire bocoup c'est génial333

Lalouët | 08 décembre 2012 à 11h35
 
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