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L'UNESCO-IHE lance un appel au donateur pour soutenir la production d'un filtre à eau anti-arsenic

L'UNESCO-IHE a mis au point un filtre à eau anti-arsenic qui pourrait sauver des dizaines de millions de vies exposées par une contamination de l'eau potable. Afin de le produire à grande échelle l'UNESCO-IHE lance un appel aux donateurs.

Gouvernance  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
Dans un bon nombre de pays comme la Grèce, le Bangladesh, les Etats-Unis ou la Serbie-Monténégro, l'eau potable contient de l'arsenic à des concentrations 15 à 20 fois plus élevées que le maximum acceptable établi à 0,01 mg/litre par l'Organisation Mondiale pour la Santé (OMS). Ces concentrations sont dues à la présence d'Arsenic dans les eaux souterraines utilisées comme source d'eau potable. Les activités industrielles telles que les exploitations minières ou les centrales électriques au charbon mais aussi les phénomènes naturels de dissolution des roches sont la cause de la présence d'Arsenic sous forme inorganique dans ces eaux. Au Bangladesh, par exemple, la concentration de cet élément atteint 1,8 mg/litre. Directement puisée et consommée cette eau met en péril la santé et la vie de plus de 30 millions de personnes.

Les récentes recherches médicales montrent qu'une exposition à long terme, même à des niveaux très bas de concentration d'Arsenic, peut provoquer des cancers et des effets nocifs sur la santé de l'homme. L'Arsenic présent dans l'eau de boisson est à l'origine de cancers de la peau, du poumon, de la vessie et du rein ainsi que d'autres changements cutanés tels que des modifications de pigmentation et/ou un épaississement de la peau.

Il n'existe pas de traitement contre l'empoisonnement par l'Arsenic et la principale mesure correctrice consiste à éviter l'exposition en fournissant de l'eau de boisson sûre. C'est dans ce contexte que l'institut UNESCO-IHE* a mis au point un filtre à eau qui fixe cet élément. Le Directeur de l'équipe internationale qui a travaillé sur le projet durant ces 5 dernières années a expliqué que la technologie développée utilise le sable enrobé d'oxyde de fer comme matériau d'absorption de l'Arsenic. Mais produit en usine ce matériau coûte cher. En outre, quand sa capacité d'absorption est épuisée, il faut le remplacer et trouver des moyens de s'en débarrasser.
Pour palier à ce problème qui aurait pu nuire au développement du produit, l'équipe de l'Institut a choisi d'utiliser le sable enrobé d'oxyde de fer que l'on trouve dans les stations de traitement des eaux. Utilisé comme filtre pour l'élimination du fer lors de la fabrication de l'eau potable ce sable naturel doit être jeté après un certain nombre d'années. Nous avons trouvé, explique Branislav PETRUSEVSKI, directeur du projet à l'Institut UNESCO-IHE, que ce sable qui s'est enrobé d'oxyde de fer au fil du temps, était un excellent absorbant de l'arsenic dans l'eau. Comme il est gratuit, le coût de la technologie basée sur lui reste modique.

Il existe un modèle de filtre familial destiné aux usages domestiques des populations et un modèle industriel destiné aux compagnies et aux distributeurs d'eau.
Le filtre familial fonctionne sans électricité et peut être fabriqué localement. Il permet d'éliminer l'Arsenic de 100 litres d'eau par jour, subvenant ainsi aux besoins domestiques quotidiens de 20 personnes. Depuis février 2004, quatorze filtres de ce type sont testés dans des zones rurales du Bangladesh où la concentration en Arsenic dans l'eau des puits atteint 0,5mg/litre. Après plus d'un an et demi d'utilisation quotidienne, douze d'entre eux continuent d'éliminer l'Arsenic, sans qu'il y ait eu besoin de changer ou régénérer le sable. Dans une deuxième phase, le projet prévoit de tester 1000 autres filtres au Bangladesh.

Le modèle industriel du filtre est quant à lui actuellement testé en Grèce et en Hongrie. Le Directeur du projet a notamment précisé que ce système est simple et d'un coût très bas, comparable à celui du traitement conventionnel des eaux.

L'équipe a parallèlement développé une procédure de régénération du sable usé peu onéreuse en précisant que cette procédure est particulièrement importante pour les applications industrielles mais n'a pas donné plus de détails.

Présentant les activités de l'Institut UNESCO-IHE et du Programme hydrologique international de l'UNESCO, leurs directeurs respectifs, Richard A. MEGANCK et Andras SZOLLOSI-NAGY ont lancé un appel aux donateurs pour soutenir la production du filtre à grande échelle.


*L'Institut UNESCO-IHE (Delft, Pays-Bas) offre des programmes de formation et de recherche post-universitaires dans les domaines de l'eau et de l'environnement, destinés à des professionnels provenant des pays en voie de développement.

Réactions5 réactions à cet article

 
encore une fuite des responsabilites

Bonjour tout le monde!
Bien que l'initiative de l'UNESCO soit tout à fait louable, je me demande en quelle proportion les entreprises participent à la pollution de l'eau. Je trouve que, encore une fois, une solution est trouvee eviter de mettre les entreprises en face de leurs responsabilites. Si elles faisaient plus d'effort pour limiter leur rejet en arsenic, le probleme ne se poserait meme pas. C'est la meme politique que Sarkozy : une solution est proposer pour oublier le probleme de fond. Mais bien sur ces entreprises rapportent trop d'argent pour oser s'attaquer a leurs profits. Alors comme d'habitude, l'Homme paye la negligence humaine. D'ailleurs, estce que l'UNESCO se serait interessee a ce probleme s'il touchait des animaux? Faut-il oublier que toutes les eaux atteriissent dans l'ocean et que tout ce qu'elle contient (en l'occurence l'arsenic) peut se retrouver dans la chair des animaux que vous consommez? Sachant que l'eau de mer s'evapore pour donner l'eau de pluie, quelle est sa teneur en arsenic? Sur ce, je vous souhaite une bonne journee et mefiez-vous de l'eau du robinet!!

Anonyme | 20 octobre 2005 à 11h28
 
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Re:encore une fuite des responsabilites

l'auteur anonyme a mal lu l'article, puisqu'il existe de nombreux sites dans le monde (y compris dans nos communes de montagne en France, mais çà ne se dit pas!) où la ressource en eau contient naturellement de l'arsenic.
Donc l'UNESCO n'est pas entrain de se substituer aux méchants pollueurs non payeurs, mais entrain de s'occuper d'améliorer les conditions sanitaires de populations démunies.
Michel

Anonyme | 20 octobre 2005 à 13h02
 
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Une autre solution: l'eau de pluie

C'est bien de faire des filtres pour traiter l'eau polluée tirée des nappes phréatiques, mais la meilleure source d'eau potabilisable reste l'eau de pluie, qui est moins polluée.

Il serait intéressant de faire plus de recherches indépendantes et objectives dans ce domaine. Cela permet d'ailleurs une meilleure autonomie des population en évitant la marchandisation de l'eau qui ne profite pas aux plus pauvres.

Céline | 20 octobre 2005 à 21h13
 
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Re:Une autre solution: l'eau de pluie

Bonjour Celine,

Peut-on s'echanger quelques messages...le domaine de l'eau m'interesse enormement...et j'aimerais bien avoir ton avis.

Merci

Elyas | 27 mars 2006 à 21h05
 
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Desalinisation Eau de Mer

Des bobines de Rumkoff sur de Flotteurs sur les PlatesFormes Petrolieres abandonnees grace a la HOULE de l' energie gravitique Lunaire produiraient de l' Electricite. les pipe lines existant ameneraient le H2 sur les cotes pour utilisation.

Des Tours a Evaporations dans les pays chauds Cotiers ameneraient de l'EAU vers l' interieur du pays pour REVERDIR le SAHARA par exemple .

Salut PL

fildru | 07 avril 2006 à 11h37
 
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