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L'Ile-de-France dresse l'état des lieux précis de ses polluants atmosphériques

Réalisés par AIRPARIF à la demande du Conseil Régional d'Ile-de-France, l'inventaire et le cadastre des émissions franciliennes de polluants atmosphérique a pour objectif d'identifier toutes les sources existantes et leur contribution respective.

Risques  |    |  Carine Seghier Actu-Environnement.com
Les sources d'émission de polluants atmosphériques liées aux activités humaines auxquelles est exposée la population sont diverses : transports terrestres et aériens, activités industrielles et artisanales, agriculture, usage de produits ménagers, chauffage domestique…etc.

Environ 30 000 décès anticipés par an sont imputables à la pollution atmosphérique urbaine. Alors que les bronchites chroniques régressent, les maladies allergiques ont explosé : deux fois plus en 20 ans, tout comme les crises d'asthmes chez les enfants de plus de 10 ans : désormais un enfant sur sept est touché. Le PNSE (Plan National Santé-Environnement) s'est donné des objectifs chiffrés avec trois objectifs majeurs : prévenir les pathologies d'origine environnementale, mieux informer le public et protéger les populations fragiles.

Réalisés par AIRPARIF à la demande du Conseil Régional d'Ile-de-France et rendu public récemment, l'inventaire et le cadastre des émissions franciliennes a pour objectif d'identifier toutes les sources de pollutions existantes et leur contribution.

L'inventaire concerne les polluants réglementés par leur effet direct sur la santé ou l'environnement ou qui font l'objet d'une surveillance des réseaux de surveillance (NOX, CO, SO2, hydrocarbures et PM10) mais également les principaux GES (CO2, CH4 et N2O).

L'étude permet de dégager la contribution spécifique de l'Ile-de-France à l'effet de serre additionnel, que ce soit par secteurs géographiques ou par catégories d'émetteurs, explique Airparif.

Alors que la superficie de la région francilienne représente 2,2 % du territoire et abrite 20 % de la population française, les résultats de l'étude indiquent que les émissions régionales d'oxydes d'azote (161 kilotonnes) et de dioxyde de soufre (68 kilotonnes) représentent environ 10 % des émissions nationales, alors que celles de monoxyde de carbone (399 kilotonnes), d'hydrocarbures (178 kilotonnes) et de particules fines PM10 (22 kilotonnes) en représentent environ 5 %.
Par rapport à d'autres grandes régions françaises (Alsace, Haute Normandie, Limousin, PACA) dont l'inventaire des émissions est établi par le CITEPA, AirParif note que la densité d'émissions de NOx par habitant (exprimées en kilotonnes par milliers d'habitants) est plutôt faible en Ile-de-France, alors qu'à contrario la densité d'émissions de NOx par kilomètre carré (exprimées en tonnes par km2) y est tout particulièrement élevée.

L'étude mentionne aussi que 4 départements (Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne) contribuent à près de la moitié des émissions régionales d'hydrocarbures et de particules fines et à environ 40 % des émissions d'oxydes d'azote et de dioxyde de soufre. En fonction du polluant, Paris représente de 10 à 20 % des émissions de l'Ile-de-France.

Airparif signale que les densités d'émissions décroissent, selon les polluants, d'un facteur 2 à 3 entre Paris et les départements de la Petite Couronne puis sont divisées par 6 ou 8 entre les départements de la Petite Couronne et ceux de la Grande Couronne.

Une fois le cadastre élaboré, explicite Airparif, l'inventaire des émissions permet une analyse de la répartition des émissions par secteur d'activités pour chacun des polluants. Les résultats montrent qu'en Ile-de-France, le principal secteur d'émissions d'oxydes d'azote et des PM10 est le transport routier (respectivement 52 % et 36%), devant le secteur industriel (20 % et 33%).

Soulignant que les secteurs du transport routier et de l'industrie ont une contribution équivalente aux émissions d'hydrocarbures (un peu plus de 30 %), l'inventaire dAirparif montre que l'utilisation de solvants, peintures, colles, etc par les entreprises et les usages domestiques contribue pour plus de 40 % aux émissions de cette famille de polluants.
Airparif précise par ailleurs, qu'une contribution naturelle non négligeable (13%), sans danger direct, mais qui participe toutefois à la formation de l'ozone est attribué aux forêts et aux prairies. Ces émissions dites « biogéniques » correspondent à environ 17 fois les émissions d'hydrocarbures du boulevard Périphérique, mais elles sont réparties sur toute la région.

Concernant les émissions de dioxyde de soufre, représentatives des processus de combustion des fuels et charbons, Airparif spécifie qu'elles sont largement dominées par les secteurs de l'industrie (55 %) et des secteurs résidentiels, tertiaires et artisanals (35 %) soulignant que le transport routier (essentiellement les véhicules diesel) est désormais responsable de moins de 4 % des émissions franciliennes de SO2, grâce à la baisse des teneurs en soufre des carburants.

Pour ce qui concerne les émissions de monoxyde de carbone (CO), celles-ci sont, encore plus que les émissions de NOx, très largement dominées par le secteur du transport routier (77 %).
Au sein des émissions liées au trafic routier, les deux-roues motorisés sont responsables à l'échelle régionale de 21 % des émissions d'hydrocarbures et de 22 % du monoxyde de carbone mais ne participent quasiment pas aux émissions de dioxyde d'azote et de particules.
Il est à souligner que depuis 2000, des normes européennes ont été imposées aux constructeurs de deux-roues motorisés avec une importante diminution des émissions de CO et COV des modèles de dernière génération.

Les poids lourds (bus compris) sont responsables de 38 % des oxydes d'azote et de 21 % des particules fines émises par le trafic. La contribution aux émissions d'oxydes d'azote du trafic des poids lourds et des véhicules de livraison (54 %) est nettement supérieure à celle de l'ensemble des véhicules particuliers essence et diesel confondus (45 %).
Notons qu'un véhicule personnel Diesel catalysé récent émet de l'ordre de 4 fois plus d'oxydes d'azote par kilomètre parcouru qu'un véhicule personnel essence catalysé.

S'agissant d'autres moyens de transport, l'inventaire montre que le trafic ferroviaire (locomotives diesel) représente, quel que soit le polluant considéré, moins de 1 % des émissions régionales (par exemple 0,5 % des émissions franciliennes de NOx et 0,2 % des émissions franciliennes de particules fines PM10). La navigation fluviale reste aussi un très modeste contributeur avec 0,4 % des émissions franciliennes de NOx (calculées à partir du tonnage de marchandises transportées par kilomètre parcouru sur le réseau fluvial).

Les activités aéroportuaires regroupent trois types de sources d'émission : des grandes sources ponctuelles industrielles internes à l'aéroport (centrales thermiques), des sources diffuses (tracteurs/pousseurs des avions, transporteurs de bagages, groupes électrogènes thermiques, activités de ravitaillement et de maintenance des avions) et enfin des sources liées aux mouvements des avions.
L'inventaire des émissions a permis d'évaluer que l'ensemble du trafic aérien de l'Ile-de-France (Roissy, Orly, Le Bourget, etc) contribue à hauteur de 4 % aux émissions régionales d'oxydes d'azote. Ces émissions présentent la particularité d'être très concentrées géographiquement avec un impact sur la qualité de l'air perceptible dans un rayon de 5 km autour des plates-formes aéroportuaires, souligne l'association de surveillance de la qulité de l'air dans son étude.

A lui seul, le seul trafic aérien de Roissy émet des tonnages d'oxydes d'azote et d'hydrocarbures comparables à ceux générés par le trafic routier du boulevard Périphérique, mais prise dans son ensemble, la plate-forme aéroportuaire de Roissy (fonctionnement de la plate-forme et trafic aérien) émet 30 % de plus de NOx que le boulevard Périphérique.

Dans un autre domaine, les Usines d'Incinération des Ordures Ménagères (UIOM) émettent 4 % des NOx produits en Ile-de-France, soit l'équivalent des NOx émis par le trafic aérien dans son ensemble (Roissy, Orly, Le Bourget, etc).

Cette étude montre aussi la très forte concentration des GES au-dessus de Paris. 70 000 tonnes de GES par km2 sont ainsi produits chaque année à Paris, contre 5 000 tonnes seulement dans certaines zones de la grande couronne.
Pour 43 %, ils proviennent de la combustion non industrielle, c'est-à-dire les fumées des circuits de chauffage et de production d'eau chaude. En Ile-de-France, 60 % des chaudières fonctionnent au gaz, 28 % au fuel.
Le transport routier arrive en deuxième position des producteurs de GES (27%). Plus de la moitié provient de véhicules particuliers et les deux-roues ne seraient responsables que de 1 % des émissions de CO2 dues au transport.
Certains sites industriels ont aussi une part importante dans l'émission de GES. Les centres d'enfouissement des déchets en produiraient 7 %. Pour exemple, la raffinerie de Grandpuits, en Seine- et- Marne, se voit attribuer à elle seule près de 2 % des émissions régionales.

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Textes Réglementaires

Décret du 06/05/1998 - ATEX9800054D Décret du 25/05/2001 - ATEX0100010D Loi du 30/12/1996 - ENVX9500163L Circulaire du 30/07/2004 - DEVP0430210C Circulaire du 17/08/1998 - EQUM9800082C Circulaire du 17/02/1998 - Circulaire 17/02/1998

Glossaire

Gaz à Effet de Serre (GES) AIRPARIF Associations Agréées de Surveillance de la Qualité de l'Air (AASQA) Centre Interprofessionnel Technique d’Études de la Pollution Atmosphérique (CITEPA) Oxyde d’azote (NOx) Dioxyde de carbone (CO2) Méthane (CH4) Protoxyde d'azote (N2O) Monoxyde de carbone (CO) Dioxyde de soufre (S02) Aérosol Particule en suspension (PM)

Réactions2 réactions à cet article

 
Colloque au Conseil Régional Ile-de-France

J'en profite pour rappeler qu'Airparif interviendra lors du colloque "Pollution atmosphérique et impacts sur la santé" organisé par Fondaterra au Conseil Régional Ile-de-France le 29 novembre.

Gratuit, mais à inscription obligatoire.

Pour plus de détails, vous pouvez consulter l'agenda d'actu-environnement.com : https://www.actu-environnement.com/ae/agenda/manif/2038.php4

Fondaterra | 03 novembre 2005 à 11h41
 
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quelles mesures?

Comment-a-t-on fait pour mesurer l'impact du trafic aérien ?
Quel a été le coût de cette étude ?

diane | 03 novembre 2005 à 11h50
 
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