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''L'environnement est un facteur de richesse et d'emploi dont le développement est d'ores et déjà bien réel et ne peut que se confirmer à l'avenir.''

Conscient des difficultés que rencontrent les Jeunes diplômés de l'Environnement pour trouver un premier emploi, Serge Lepeltier - Ministre de l'Écologie - a initié un nouveau dispositif d'aide à l'embauche qu'il a voulu souple afin d'être totalement efficace. Il nous livre ses analyses sur la situation et précise quelques conditions d'application des ''Emplois de l'Écologie''

Interview  |  Gouvernance  |    |  Actu-Environnement.com
   
''L'environnement est un facteur de richesse et d'emploi dont le développement est d'ores et déjà bien réel et ne peut que se confirmer à l'avenir.''

   
AE : Suite à la parution d'un article sur notre site Internet, de nombreux jeunes ayant achevé leurs études en Environnement il y a quelques années (2 à 5 ans) se sont interrogés quant à leur éligibilité pour cette aide. Sont –ils concernés ?
SL : Oui, bien entendu ! Le dispositif d'aide aux emplois de l'écologie que j'ai annoncé le 18 janvier vise à promouvoir l'emploi en entreprise de jeunes diplômés qualifiés pour les métiers de l'environnement.
Je souhaite naturellement, autant que possible favoriser ces recrutements dans le cadre d'un premier emploi mais il faut être pragmatique. Les PME pourront souhaiter embaucher des jeunes déjà expérimentés selon le projet qu'elles poursuivent et nous avons tout intérêt à les soutenir également dans cette démarche.

AE : Vous avez précisé les conditions que doivent respecter les entreprises, mais du côté des Jeunes, les pré-requis n'ont pas été abordés dans le détail. Quelles sont finalement les conditions ? Sont-ils éligibles même s'ils ont pris un « petit boulot » entre temps ?
SL : Les conditions qui ont été posées sont un niveau de formation minimal à BAC+ 2 car le besoin des PME qui abordent un projet de portée environnementale est avant tout un besoin de compétences. Ces formations doivent naturellement préparer aux métiers de l'environnement dans leur sens le plus large.
Nous conditionnons cette aide à une embauche en CDI, et à temps plein, car je crois fondamentalement que les fonctions concernées dans l'entreprise sont importantes et durables.
En ce qui concerne le parcours du jeune diplômé qui sera recruté, comme je l'ai dit précédemment, il n'y a pas de règle absolue concernant son expérience antérieure , « petits boulots » y compris. Là encore, c'est la compétence du candidat et la qualité du projet de l'entreprise qui prévaudront lors de l'instruction des dossiers par les Directions de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement (DRIRE).

AE : Cette mesure très bénéfique pour ces jeunes qui ne trouvent pas de travail ne constitue t-elle pas un aveu selon lequel les PME-PMI ne s'engagent pas ou peu pour l'environnement, au point que l'on doit les inciter financièrement à embaucher ?
SL : J'ai dit, lors de ma conférence de presse, que 70% des responsables d'entreprises considéraient l'environnement comme un facteur important pour leur gestion.
Pour une PME, cependant, le cap de l'embauche d'un cadre spécialisé dans ces métiers de l'environnement est toujours difficile à franchir. Nombre d'entre elles ont déjà procédé à de telles embauches sur la base de projets structurants, ou pour aborder de nouveaux marchés. Les fonctions en cause sont d'ailleurs souvent polyvalentes, associant par exemple l'environnement et la qualité.
C'est ce cap que l'aide aux emplois de l'écologie veut les aider à franchir.
Je suis persuadé que ce soutien, la première année, est crucial pour permettre la pérennisation de ces fonctions et de ces emplois dans les entreprises.

AE : Ne pensez-vous pas que les formations en Environnement soient finalement mal adaptées à la réalité du monde économique et que les entreprises rechignent à embaucher du personnel qui ne sera pas opérationnel ?
SL : Il y a de très nombreuses formations dédiées à l'environnement, à tous les niveaux d'études supérieures : management environnemental, énergie, déchets, nuisances, économie de flux, eau, droit de l'environnement, agro écologie, biologie, etc… La plupart de ces formations intègrent des stages en entreprises. Je ne les crois pas mal adaptées, mais je suis persuadé, comme pour toutes les formations d'ailleurs, que l'acquisition d'une expérience professionnelle est indispensable pour en valoriser la qualité et le potentiel opérationnel.
C'est aussi cela l'objectif du dispositif des emplois de l'écologie que j'ai souhaité promouvoir.

AE : Lors d'un plateau TV sur les métiers et les emplois de l'Environnement à Pollutec 2004, Monsieur Christian Brodhag a déclaré qu'il y avait un excès de formation environnement par rapport à la demande même si la pression réglementaire augmentait. Qu'en pensez-vous ?
SL : Il faut distinguer emplois et compétences environnement. Il faut augmenter le contenu
en matière environnementale de l'ensemble des formations pour faciliter l'intégration plutôt que de
former plus de spécialistes dont le profil ne correspond pas toujours aux besoins des entreprises. La France compte d'ores et déjà plus de 300.000 emplois dans les métiers de l'environnement !
Ils ne sont pas le fait que de la pression réglementaire.
L'Environnement n'est plus seulement une contrainte. Il devient, pour beaucoup d'entreprises, un véritable facteur de production par le jeu du marché et de la concurrence, mais aussi par le coût ou la valeur acquises par certains « produits » liés à l'environnement : l'eau, l'énergie, le CO2, les déchets, etc…
Je suis donc convaincu que l'environnement est un facteur de richesse et d'emploi dont le développement est d'ores et déjà bien réel et ne peut que se confirmer à l'avenir.

Propos recueillis par Actu-Environnement

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