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Actu-Environnement

Les négociations qui auront lieu à la conférence de l'ONU à Montréal s'annoncent difficiles

La Grande-Bretagne pressent des négociations difficiles à Montréal mais souhaite trouver un accord avant la fin de l'année 2010. Mais étant donné l'ampleur de la menace que représente le changement climatique, il faut agir vite!

Gouvernance  |    |  Carine Seghier Actu-Environnement.com
Les Ministres de l'Environnement et de l'Energie du G8 et des grands pays émergents étudiaient hier à Londres les technologies propres capables de faire face à l'augmentation des émissions de gaz carbonique liées à la croissance économique, mais rien n'en est ressorti.

Margaret Beckett, la ministre britannique de l'Environnement, qui présidait la réunion a prévenu qu'il ne fallait pas espérer à ce que les pays se mettent d'accord sur des objectifs chiffrés de réduction des émissions de CO2 et des gaz à effet de serre sur le modèle du protocole de Kyoto.

Les organisations de défense de l'Environnement craignaient d'ailleurs que cette réunion, qui avait lieu dans le cadre du groupe du G8 présidé cette année par la Grande-Bretagne, ne produise que des déclarations insignifiantes, plutôt que des propositions concrètes encourageantes pour la conférence de l'Onu à Montréal qui doit discuter de l'après-kyoto du 28 novembre au 9 décembre.

Pour Tony Juniper, directeur des Amis de la Terre, il est crucial que les ministres réunis à Londres utilisent leur dialogue comme tremplin pour les négociations de Montréal et travaillent en vue d'objectifs chiffrés clairs avec les financements appropriés. De belles paroles et des engagements confus ne suffisent pas, a t'il ajouté.

Dans une tribune à un hebdomadaire anglais, le Premier ministre britannique Tony Blair a estimé que le protocole de Kyoto n'était pas suffisant et qu'un accord ne serait efficace qu'avec les Etats-Unis, la Chine et l'Inde.

La ministre de l'environnement britannique, Margaret Beckett avait récemment affirmé que personne ne devrait s'attendre à voir une entente cette année sur la poursuite de Kyoto après 2012. Mais étant donné l'ampleur de la menace que représente le changement climatique, elle avait cependant précisé que l'espoir était de parapher une entente avant la fin de l'année 2010!!!
Pour les ONG, il est importance d'avoir une entente en place le plus rapidement possible afin de ne pas éroder le Protocole de Kyoto. La date de 2010 ne laissant aussi que peu de temps à la ratification de cette nouvelle entente et le développement des plans assurant sa mise en œuvre.

Les négociations qui auront lieu à la conférence des Nations unies sur les changements climatiques s'annoncent difficiles : trouver le moyen d'inclure les Etats-Unis, ainsi que la Chine, l'Inde et les autres grands pays émergents qui refusent de s'engager à réduire obligatoirement leurs émissions de GES.

De plus, plusieurs pays et notamment le Japon et l'Italie renoncent à appuyer un régime post-Kyoto. L'Afrique du Sud a appelé pourtant récemment à de nouveaux efforts pour combattre le réchauffement climatique et pour rallier à cette cause les Etats-Unis et l'Australie*, deux des pays ayant rejeté le protocole de Kyoto. Nous devons mettre en place une instance internationale plus large en plus des mécanismes de Kyoto et qui poussera les pays développés comme les USA et l'Australie à s'impliquer dans cette lutte, a indiqué à Midrand le ministre de l'Environnement, Marthinus van Schalkwyk, lors d'une conférence sur les changements climatiques. Le ministre de l'Environnement s'est également déclaré en faveur d'une aide accrue aux pays en voie de développement pour lutter contre les effets des changements climatiques.

Du côté de la Commission, lors de la conférence des parties prenantes, le Commissaire Dimas a exposé dernièrement le point de vue de la Commission sur l'évolution de la politique communautaire en matière de changement climatique.
Tout en prônant un véritable régime post-2012, la Commission est convaincue de la nécessité de stimuler fortement l'innovation dans l'UE, de prendre en compte tous les secteurs responsables d'émissions comme les transports aériens, maritimes et routiers, et de recourir aux instruments fondés sur le marché pour maintenir le coût de la réduction des émissions à un faible niveau.

Personne ne s'attend à ce qu'une entente soit élaborée en 12 jours de négociations à la première Réunion des Parties au Protocole de Kyoto depuis son entrée en vigueur en février 2005, mais les études scientifiques et les constats sont pourtant là.

Une simulation en utilisant un modèle couplé océan-atmosphère par les chercheurs du Max Planck Institute for Meteorology à Hambourg (Allemagne), rendue publique le 29 septembre dernier indique que d'ici 2100 le climat changera d'une manière très importante. Dans le cas du scénario le plus pessimiste, la température moyenne du globe pourrait s'élever de 4,1 ºC alors que le niveau de la mer pourrait monter de 30 cm. Ce qui induira un climat plus chaud et plus sec dans le sud du continent avec des baisses de précipitations de 30 % et des précipitations en augmentation dans le nord de l'Europe.
Pour les scénarios moyens et optimistes, l'augmentation de la température serait ''limitée'' à 3,7 ºC et à 2,5 º mais les trois scénarios prévoient tous une réduction de la superficie de la glace de mer en Arctique de 40 % à 50 % d'ici à 2100.

Aux Etats-Unis, la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) vient d'annoncer dans son dernier Annual Greenhouse Gaz Index (AGGI) que le forçage radiatif additionnel de la planète dû aux gaz à effet de serre a augmenté en 2004 de 1,20 % et de 1,12 % en 2003. Alors que les émissions de GES augmentent à un rythme de 1 % par an, l'agence américaine souligne que l'augmentation du forçage radiatif additionnel signifie un accroissement de 20 % depuis 1990.

Enfin, deux scientifiques canadiens célèbres, l'astrophysicien Hubert Reeves et le généticien David Suzuki, ont sonné la sonnette d'alarme mercredi quant au réchauffement de la planète, au cours d'une conférence**. Les deux conférenciers ont souligné à plusieurs reprises que la surexploitation de la planète cause un réchauffement qui pourrait entraîner une disparition de l'homme.
Nous pourrions faire partie d'une nouvelle extinction d'espèce, a déclaré Hubert Reeves. Pour M. Reeves, il est clair que le réchauffement de la planète est dû à au moins 90% à l'activité humaine et il faut en tenir compte.
Pour ce qui est de David Suzuki, il a accusé le gouvernement canadien de ne pas faire sa part en matière de réduction de gaz à effet de serre. Selon une étude récemment rendue publique par sa fondation, le Canada se situe au 28e rang sur les 30 pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en matière de pollution et de protection de l'environnement.

Les villes cherchent pourtant à innover et réduire leurs émissions de GES. Berlin avec une politique pour intégrer des panneaux solaires à 75% des nouvelles constructions. Mexico City avec le remplacement de 80 000 taxis par des véhicules à basses émissions de GES d'ici 2006. Chicago avec une politique de soutien à la construction de toits verts. Toronto avec un exemple d'utilisation des eaux profondes du lac Ontario pour la climatisation d'une trentaine de bâtiments. Londres qui a interdit son centre-ville à la circulation automobile en 2003 et qui a mis en place cet été une nouvelle Agence des changements climatiques. Depuis l'instauration de la taxe automobile à Londres les émissions de dioxyde de carbone y ont diminué de 19%. De plus, l'été dernier, une cinquantaine de métropoles se sont aussi engagées à devenir plus vertes, en signant des accords environnementaux urbains. À la mi-juin, 150 villes des Etats-Unis ont adopté une résolution par laquelle elles s'engagent à respecter les objectifs du Protocole de Kyoto.
Des représentants de plus de 20 grandes villes du monde se sont réunis à Londres le 17 octobre dernier afin de discuter des actions qu'elles pourraient entreprendre, avec ou sans l'appui de leurs gouvernements nationaux.


*Les Etats-Unis et l'Australie n'ont pas signé le protocole de Kyoto de 1997 qui est entré en vigueur depuis le mois de février 2005 et qui oblige les signataires à réduire les émissions de gaz à effets de serre.

** www.actu-environnement.com/ae/agenda/manif/1857.php4

Réactions4 réactions à cet article

 
sommes tous responsables

je pourrais reprendre le texte en reaction au programme du MEED pour les économies sur l'eau ------

Il suffit de regarder autour de soi , d'écouter les politiques qui se font et défont au café du commerce , pour ne plus trop se faire d'illusion sur notre avenir climatique;
Sans trop revenir sur la responsabilité des politiques qui ne font finalement que ce qu'on leur dit de faire ( le principe démocratique), les peuples , dans leur grandes ignorances et égoismes fondamentaux concourent eux memes, sans trop avoir à les pousser à leur propres malheurs ( a notre propre malheur)

Nous sortons , dans le Gers, suite à la directive cadre sur l'eau , d'un cycle de débats- conférences sur l'eau , que nous voulions poursuivre sur le climat ; peine perdue , nous avons touché peu de personnes; par contre dans le meme temps , les stades et les soirees cirques faisaient le plein §

Delmas Jean jacques | 03 novembre 2005 à 10h16
 
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Re:sommes tous responsables

C'est le problème. Ni les politiques en imposant des lois, ni les citoyens en modifiant leurs comportements ou appliquant le peu de lois existantes, ne permettent un changement positif...
Devant ce constat de déraison, nous avons décidé de ne pas avoir d'enfant... Cela semble être le seul acte responsable que nous pouvons faire qui ait un impact... Nous épagnons de futures vies !

Jérôme | 03 novembre 2005 à 12h50
 
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Re:sommes tous responsables

On ne peut pas forcer des gouvernements.
Mais ça n'empêchera pas les bonnes volontés d'agir pour préserver le climat.

Ce qui est désolant, c'est ce pessimisme affiché à la suite de cette réunion du G8. Dire que quelquechose est impossible, c'est vraiment nul. Tout est possible. On sent derrière ça les lobbys puissants pour qui toute réglementation est néfaste.

LTSP | 05 novembre 2005 à 12h59
 
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Sans sujet

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Anonyme | 19 mai 2006 à 10h44
 
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